À bien des égards, la 60e édition de la Biennale de Venise est appelée à s’inscrire comme un tournant dans l’histoire de l’événement. Déjà, parce que c’est la toute première fois que sa direction artistique est confiée à un commissaire venu de l’hémisphère sud, le Brésilien Adriano Pedrosa.
Ensuite, parce que ce dernier a fait le choix de ne montrer dans son exposition internationale intitulée « Stranieri Ovunque – Foreigners Everywhere » (« Étrangers partout ») que des artistes inédits à Venise, en se concentrant sur trois figures types : « L’artiste queer, souvent persécuté ou hors la loi ; l’outsider, qui habite les marges du monde de l’art, tout comme l’autodidacte ; l’artiste indigène, enfin, souvent traité comme un étranger dans sa propre contrée. »
Directeur artistique du musée d’Art de São Paulo depuis 2014, Adriano Pedrosa aime à aborder des problématiques sensibles et humanistes telles que le féminisme, la mémoire de l’esclavage ou encore l’importance des cultures natives. Des thématiques plus qu’actuelles, dont la 60e édition de la Biennale de Venise se fait également la porte-parole ultra-médiatique. 331 artistes venus du monde entier se répartissent ainsi sur les deux grands sites de la Biennale, les Giardini et l’Arsenale.
Parmi les œuvres les plus impressionnantes, ou, plus simplement, celles qui nous ont le plus émus et que nous vous montrons dans cette vidéo, citons pour l’Arsenale l’installation monumentale de tissus signée de l’artiste originaire d’Arabie saoudite Dana Awartani (née en 1987), au titre révélateur : Come, let me heal your wounds. Let me mend your broken bones (Viens, laisse-moi guérir tes blessures. Laisse-moi réparer tes os brisés). Également remarquables, la fontaine de bidons du Colombien Daniel Otero Torres (né en 1985), Aguacero ; les vidéos de danse du Chinois Isaac Chong Wai (né en 1990), In Falling Reversely ; ou encore les troublants portraits peints du Brésilien Dalton Paula (né en 1982), Full-Body Portraits. Enfin, on s’arrêtera sur l’émouvant travail de la Franco-Marocaine Bouchra Khalili (née en 1975) autour de la géographie de la migration, The Mapping Journey Project.
Aux Giardini, le parcours commence fort puisqu’il faudra dès l’extérieur observer la façade recouverte de peinture par le collectif brésilien Mahku. À l’intérieur, on s’enchante pour la partie dédiée à l’abstraction, et notamment pour les bambous peints de motifs géométriques par Ione Saldanha (1919–2001), Bambus, avant de se laisser séduire par les paysages aux allures d’infini du peintre libanais Aref el Rayess, (1928–2005), Toli’ al Bader Alaina.
Repus ? N’oubliez pas que la Biennale de Venise, ce sont aussi des dizaines de pavillons nationaux – à découvrir en détails dans une prochaine vidéo !
Texte : Maïlys Celeux-Lanval
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