True Art Story

En vidéo : Tina Modotti, passionaria de la photographie à l’incroyable destin, actuellement au Jeu de Paume

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Présentée jusqu’au 12 mai au Jeu de Paume à Paris, la plus importante rétrospective jamais consacrée à la photographe et activiste communiste Tina Modotti (1896–1942) donne à découvrir l’une des trajectoires les plus fascinantes du XXe siècle. Née en Italie dans une famille ouvrière, Tina Modotti grandit en Autriche avant de revenir à Udine, sa ville natale, où elle se met dès sa douzième année à travailler à l’usine. À seize ans, elle voyage seule et rejoint son père aux États-Unis, où elle gagne sa vie d’abord comme couturière puis, rapidement remarquée pour sa grande beauté, comme mannequin.

« Elle est absolument libre, nous explique la commissaire de l’exposition Isabel Tejeda. Elle a décidé de travailler, elle a décidé d’avoir une vie sexuellement libre… Mais on ne peut pas dire qu’elle a été féministe (…) ; mais c’est vrai que c’est une femme empowered. » En 1917, Tina Modotti épouse le peintre et poète Roubaix de l’Abrie Richey, et se met à fréquenter le milieu artistique de San Francisco. Elle pénètre alors, selon la commissaire, « le club des intellectuelles californiennes ». Un an plus tard, ils déménagent ensemble à Los Angeles où, devenue comédienne de théâtre et de cinéma, elle obtient le premier rôle au casting de deux films hollywoodiens.

Coup-de-foudre avec le Mexique

Sa rencontre avec le photographe Edward Weston marque un tournant dans sa vie. Très attirée par lui, elle devient son modèle, puis, quelques années plus tard, son amante… et sa collaboratrice. En 1922, son premier mari meurt à Mexico ; dès lors, elle multiplie les séjours au Mexique. « Elle en est tombée amoureuse, dès son premier voyage », souligne Isabel Tejeda. Là, elle s’affirme comme photographe, dans ce « pays incroyablement vivant, plein de changements politiques, sociaux et culturels », qu’elle capture avec passion.

Proche de Frida Kahlo et Pablo Neruda

Tina Modotti, Frida Kahlo et Chavela Vargas en 1950
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Tina Modotti, Frida Kahlo et Chavela Vargas en 1950, 1950

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© DR

Mais « elle déteste se dire artiste » : elle est, avant tout, une activiste, dont les images sont volontiers publiées dans les revues communistes. Car si elle a d’abord marché dans les pas du formalisme de Weston, créant de superbes natures mortes noires et blanches, elle trouve rapidement son propre langage, infiniment plus politique. Tina Modotti se dirige vers un style plus instantané, photographiant les hommes, les femmes et les bébés, les travailleuses, les manifestations, les artistes communistes comme la peintre Frida Kahlo ou le poète Pablo Neruda qui se réunissent dans sa maison…

Militante antifasciste dans l’Europe des années 30

Contrainte à l’exil car accusée d’avoir participé à un attentat contre le président du Mexique, elle part en Allemagne ; « elle voyage avec son Graflex », nous dit la commissaire, mais ne parvient plus à se satisfaire de son travail photographique. Elle part en Russie, voyage en Europe, défend les militants antifascistes en Pologne, en Roumanie, en Hongrie, en Autriche, en Espagne… Et cesse progressivement de se consacrer à la photographie. Du moins, il ne reste aucun cliché de cette ultime période de sa vie. « Je pense qu’elle a compris qu’il est plus facile de changer la société avec l’activisme politique qu’avec l’art », analyse Isabel Tejeda. Tina Modotti meurt le 6 janvier 1942 à Mexico, où elle était revenue vivre ses derniers mois sous une fausse identité.

Texte : Maïlys Celeux-Lanval

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Tina Modotti – L’œil de la révolution

Du 13 février 2024 au 12 mai 2024

jeudepaume.org

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