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JO oblige, l’année sera placée sous le signe de la performance, même pour les expositions ! En piste cette saison, un florilège de vedettes de l’art ancien (Van Eyck, Fouquet, Whistler…), moderne (Brancusi, Masson, Hélion…) et contemporain (Robert Ryman, Marisa Merz), mais aussi des expositions qui vous transporteront à Tenochtitlan ou dans l’Égypte ancienne.
On jouira aussi du bonheur de l’histoire des grands magasins, on célébrera les 150 ans de l’impressionnisme… De quoi vous faire tourner la tête !
Protomé de lion. Temple « aux lions » de Mari, vers le XXIIe siècle av. JC
Coll. Musée du Louvre, Paris • © Musée du Louvre, Paris
Au cœur des routes commerciales du Moyen-Orient, Mari (aujourd’hui Tell Hariri, à la frontière syro-irakienne) fut l’une des places stratégiques du monde antique. Rien n’était trop beau pour cette cité-État, qui connut son apogée durant le IIIe millénaire avant notre ère. Fouillé par des équipes françaises depuis 1933, le site a livré de nombreux trésors, témoins du raffinement de la société mésopotamienne, ainsi que des milliers de tablettes diplomatiques dans les salles d’archives du palais royal. Cette exposition, montée en partenariat avec le musée de Mariemont et le Louvre, redonne vie à cette cité antique et met en lumière l’épopée archéologique de sa redécouverte. PM.
Mari en Syrie – Renaissance d’une cité au 3e millénaire
Du 7 février 2024 au 26 mai 2024
Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg (BNUS) • 6 Place de la République • 67000 Strasbourg
www.bnu.fr
Jan van Eyck, La Vierge du chancelier Rolin, vers 1435
La plus flamande
La scène semble tout droit sortie d’un livre d’heures. Dans une luxueuse loggia, le chancelier Rolin, en vêtements d’apparat, prie la Vierge et l’enfant Jésus. Le commanditaire de ce chef-d’œuvre peint par Van Eyck (1390–1441), figure incontournable de la renaissance nordique, n’est autre que le chancelier lui-même, qui souhaitait alors décorer sa chapelle personnelle. Dans ce décor à la fois très réaliste et imaginaire (le paysage en arrière-plan s’inspire de différentes villes) cohabitent une multitude de symboles qui renvoient tantôt à la Trinité (comme les trois arcades), tantôt aux textes saints (à l’image des inscriptions bibliques qui ornent le manteau de Marie). La Vierge est ici représentée en reine toute puissante, dont la tête nue s’apprête à être couronnée par un ange.
Huile sur panneau • 66 × 62 cm • Coll. Musée du Louvre, Paris. Département des peintures • © Bridgeman images
L’œuvre est une merveille, son auteur, un génie… et pourtant, elle résiste encore à certaines analyses. Récemment restaurée (elle n’avait pas été touchée depuis 1800), la Vierge au chancelier Rolin de Jan van Eyck (vers 1390–1441) fait l’objet d’une très ambitieuse exposition dossier du Louvre, qui tâche de désépaissir le mystère de cette peinture entre tradition et expérimentation, en la confrontant notamment à d’autres travaux de Van Eyck mais aussi de Rogier Van der Weyden, Robert Campin et quelques grands enlumineurs de l’époque. À ne pas manquer. SF.
Revoir Van Eyck – La Vierge au chancelier Rolin
Du 20 mars 2024 au 17 juin 2024
Musée du Louvre • Rue de Rivoli • 75001 Paris
www.louvre.fr
John Melhuish Strudwick, Le Fil d’or (A Golden Thread), 1875
Coll. Tate, Londres • © Tate, Londres
Sous terre se tapissent parfois les mythes les plus anciens, dont celui dit « de résurgence » qui aurait peut-être animé les communautés préhistoriques, les incitant à venir orner les parois des grottes. Chez les Anciens, les divinités chtoniennes, liées à la terre et aux enfers, ont d’ailleurs toujours tenu une place particulière. Pour quelles raisons les profondeurs gardent-elles cette importance dans l’imaginaire et les croyances des hommes ? Pourquoi leur exploration, dans les ténèbres, suscite-elle encore l’enthousiasme ? Le Louvre- Lens, érigé sur un ancien carreau de mine, plonge sous terre pour explorer la grande diversité et la polysémie des mondes souterrains, entre fascination et crainte. Assurément tellurique. SF.
Mondes souterrains
Du 27 mars 2024 au 22 juillet 2024
Musée du Louvre-Lens • 99 Rue Paul Bert • 62300 Lens
www.louvrelens.fr
Pietà de Tarascon, XVe siècle
Coll. musée de Cluny-Musée national du Moyen Âge, dist. RMN-Grand Palais / Photo Michel Urtado / presse • © musée de Cluny-Musée national du Moyen Âge, dist. RMN-Grand Palais
Les traits – assez peu gracieux – de son visage ont été figés par le grand Jean Fouquet (vers 1420– vers 1480). Peintre et enlumineur de grand talent, ce dernier a livré, autour de 1455, le tout premier portrait peint autonome de l’histoire de l’art français. C’est peu dire que le règne de Charles VII, qui dura quarante ans, de 1422 à 1461, fut aussi agité que capital pour l’histoire de France. Fils de Charles VI « le Fol », obligé de reconquérir lui-même son trône puis son royaume face aux Anglais – grâce notamment au soutien décisif de Jeanne d’Arc –, c’est lui qui gagnera la bataille mettant fin à la guerre de Cent Ans, en 1453. Malgré les troubles, cette première moitié du XVe siècle fut aussi une période de renouveau artistique, dans les foyers de Bourges ou de Loches notamment, où séjourna souvent celui qui fut aussi l’amant de la sublime Agnès Sorel, mais aussi dans la Bourgogne frondeuse, si perméable à l’art flamand. Cette exposition attendue rassemblera un ensemble d’enluminures, peintures, pièces d’orfèvrerie ou tapisseries témoignant de l’importance de l’art de cette période, avec un focus sur Jean Fouquet, le plus grand peintre français du XVe siècle. SF.
Les arts en France sous Charles VII (1422-1461)
Du 12 mars 2024 au 16 juin 2024
Musée de Cluny – musée national du Moyen Âge • 28 Rue du Sommerard • 75005 Paris
www.musee-moyenage.fr
James Abbott McNeil Whistler, Arrangement en gris et noir n° 1 ou la Mère de l’artiste, 1871
Coll. Musée d’Orsay, Paris • © Musée d’Orsay, Paris, dist. RMN-Grand Palais / Jean Schormans / presse.
Étonnamment, James Abbott McNeill Whistler (1834–1903) reste assez peu connu du public français, au-delà du seul et austère portrait de sa mère exposé en majesté au musée d’Orsay. L’Américain installé en Europe, contemporain des impressionnistes, fut pourtant un peintre exceptionnel, grand portraitiste et spécialiste des paysages nocturnes évanescents, viscéralement indépendant. Une œuvre à redécouvrir, y compris chez les nombreux artistes qui ont subi l’influence de ce grand maître du gris. SF.
James Abbott McNeill Whistler – L’effet papillon
Du 24 mai 2024 au 22 septembre 2024
Musée des Beaux-Arts de Rouen • Esplanade Marcel Duchamp • 76000 Rouen
mbarouen.fr
Théodore Rousseau, Sortie de forêt à Fontainebleau, soleil couchant, 1848–1849
huile sur toile • 142 × 198 cm • Coll. musée du Louvre, Paris
Symbole de l’opposition à l’art académique, figure emblématique de l’école de Barbizon, Théodore Rousseau (1812–1867) est passé du romantisme au naturalisme, et à bien des égards a anticipé l’impressionnisme. Ses paysages, empreints de sentiments profonds et parfois d’émotions violentes, sont le reflet de ses convictions : les éléments de la nature, les arbres surtout, sont pour lui des êtres sensibles. Fervent défenseur de la nature, dénonçant la déforestation comme un massacre, il a souvent prêté sa voix à la forêt et œuvra toute sa vie pour soutenir la conservation de celle de Fontainebleau. Un écologiste avant la lettre ! SdB.
Théodore Rousseau – La voix de la forêt
Du 5 mars 2024 au 7 juillet 2024
Petit Palais • Avenue Winston Churchill • 75008 Paris
www.petitpalais.paris.fr
Claude Monet, La gare Saint-Lazare, 1877
Huile sur toile • 75,5 × 104 cm • Coll. musée d’Orsay, Paris • © akg-images / Laurent Lecat
Paris, 15 avril 1874. Pendant un mois, Monet, Renoir, Degas, Morisot, Pissarro, Sisley, Cezanne et 24 autres artistes tiennent leur propre exposition, en dehors des voies officielles. La foule se presse, l’accueil est mitigé mais le choc est immense. Ces « refusés » du Salon officiel y présentent plus de 150 peintures insensées, scènes de la vie moderne, paysages aux tons clairs et à la touche enlevée, saisis sur le vif. Une révolution ! Si Orsay réunit quelques-unes de ces œuvres, en regard de quelques peintures officielles, le musée dresse aussi le contexte politique, social et culturel qui a permis la survenue d’un tel mouvement. Clou de l’événement : la possibilité de revivre le vernissage de 1874 dans une expérience immersive inédite ! SdB.
Paris 1874 – Inventer l’impressionnisme
Musée d'Orsay
Du 26 mars 2024 au 14 juillet 2024
Adresse : Esplanade Valéry Giscard d'Estaing • 75007 Paris
Billetterie Beaux Arts présentée par Come to Paris.
De l’impressionnisme très contemporain
Attention, édition exceptionnelle ! Le 5e festival Normandie impressionniste investit la totalité du territoire normand à l’occasion des 150 ans du mouvement, de Honfleur à Cherbourg en passant par Caen, Jumièges ou Rouen. Un ambitieux programme pluridisciplinaire avant tout mais émaillé d’expositions historiques ou très contemporaines. Sont annoncés David Hockney, Bob Wilson, Joël Andrianomearisoa, Laurent Grasso, Flora Moscovici ou Daniel Buren. Mais aussi Whistler, «L’impressionnisme et la mer» ou «Art et commerce». Nul doute que la Normandie se fera dès le printemps prochain la terre d’accueil des amateurs de culture, chassés de Paris par les olympiades… SF.
Normandie impressionniste 2024
Du 22 mars 2024 au 22 septembre 2024
Constantin Brancusi, La Muse endormie, 1910
Coll. Succession Brancusi • © Succession Brancusi – All rights reserved, ADAGP, Paris, 2023
Aussi étonnant que cela puisse paraître, Constantin Brancusi (1876–1957) n’avait pas bénéficié d’une rétrospective en France depuis près de trente ans, alors même qu’il a légué à l’État, par testament, son atelier reconstitué sur la Piazza du Centre Pompidou et que ce dernier renferme en ses collections ses plus beaux chefs-d’œuvre. Il aura fallu les grands travaux à venir du Centre pour que l’inventeur de la sculpture moderne réintègre le cœur du musée. Avec son jeu particulier de mise en relation des volumes dans l’espace, son rapport à la taille directe, Brancusi s’est toujours distingué tant par sa modernité que par une sorte d’archaïsme difficile à caractériser. Grâce à des prêts exceptionnels, l’exposition revient sur la diversité de son œuvre et sur les différents thèmes qui la constituent, tout en dévoilant le processus de création d’un sculpteur unique et précurseur. SdB.
Brancusi
Centre Georges Pompidou
Du 27 mars 2024 au 1 juillet 2024
Adresse : Place Georges Pompidou • 75004 Paris
Billetterie Beaux Arts présentée par Come to Paris.
Francis Picabia, Pavonia, 1929
Huile sur toile • Coll. Particulière
Comme son père et son frère, Léonce Rosenberg fut un marchand et collectionneur qui compta dans le paysage parisien de la fin des années 1910 et jusqu’aux années 1940. Sa galerie L’Effort moderne exposa les plus grands noms, et il ne ménagea pas ses efforts pour défendre ses poulains, en particulier les cubistes. Il n’acceptait toutefois que les artistes en exclusivité, dont il ne présentait que les œuvres les plus récentes. Qui, dès lors qu’elles n’étaient pas vendues, se retrouvaient dans son appartement, au 75 de la rue de Longchamp (Paris 16e). Ruiné par la crise financière de 1929, Léonce Rosenberg fut contraint de tout vendre, ses meubles et peintures furent à jamais dispersés. Le musée Picasso restitue cet ensemble de manière exceptionnelle. SdB.
Jean Hélion, Nu renversé, 1946
Coll. Musée d’Art moderne, Paris • © Musée d’Art moderne, Paris / Paris Musées, dist.RMN-Grand Palais / image Ville de Paris. / presse
Il fut toujours à contre-courant. Membre fondateur en 1930, autour de Theo Van Dœsburg, du groupe Art concret, alors abstrait en diable, Jean Hélion (1904–1987) finit par tout remettre en cause, réintroduisant progressivement dans sa peinture des éléments du quotidien et une réalité plus ordinaire dont il célébra la beauté (la rue, avec ses passants, ses vitrines et ses marchés…). Un temps admiré puis incompris, Hélion – qui épousa en premières noces la fille de la célèbre collectionneuse américaine Peggy Guggenheim – s’est plongé corps et âme dans la figuration pour en explorer tous les ressorts. Il était temps de le regarder de nouveau. SdB.
Jean Hélion – La prose du monde
MAM - Musée d'Art moderne de Paris
Du 22 mars 2024 au 18 août 2024
Adresse : 11 Avenue du Président Wilson • 75116 Paris
Billetterie Beaux Arts présentée par Come to Paris.
Ellsworth Kelly, Yellow Curve, 1990
Coll. Ellsworth Kelly Foundation • © Ellsworth Kelly Foundation / Photo Ron Amstutz / Courtesy Glenstone Museum, Potomac, Maryland
Nouvel événement en perspective à la fondation Louis Vuitton. Au 1er étage, est annoncée une présentation explorant l’histoire de l’un des plus célèbres tableaux de Matisse, l’Atelier rouge (1911), créé pour le collectionneur Sergueï Chtchoukine, autour duquel seront notamment réunies toutes les peintures figurées dans la toile… Cette ode à la couleur se prolongera par une lumineuse célébration, en forme de rétrospective, du centenaire de l’abstrait américain Ellsworth Kelly (1923–2015), auteur d’une œuvre d’une fascinante vitalité et d’un hédonisme revendiqué. SF.
Henri Matisse L’Atelier rouge
Du 7 mai 2024 au 9 septembre 2024
Fondation Louis Vuitton • 8 avenue du Mahatma Gandhi • 75116 Paris
www.fondationlouisvuitton.fr
Ellsworth Kelly. Formes et couleurs, 1949-2015
Du 7 mai 2024 au 9 septembre 2024
Fondation Louis Vuitton • 8 avenue du Mahatma Gandhi • 75116 Paris
www.fondationlouisvuitton.fr
Mohamed Bourouissa, Sans titre, 2023
Après le prélude proposé à l’automne dernier au LaM de Villeneuve-d’Ascq, Mohamed Bourouissa prolonge son projet au Palais de Tokyo, avec une exposition qu’il imagine à la façon « d’un album de musique ». Sculpter l’espace par le son, voilà une tentation qui accapare de plus en plus l’artiste franco-algérien. Nouvelle étape d’une œuvre qui ne cesse de renouveler ses formes et ses projets. Un leitmotiv cependant : l’attention qu’il porte à toutes les questions de société. Les prisons, comme en atteste la pièce qu’il vient d’écrire, Quartier de femmes, pour le Théâtre de Gennevilliers ; les banlieues, objets de ses premières photographies ; le chômage. Le collectif Hawaf, qu’il a fondé avec les artistes Mohamed Abusal et Salman Nawati et l’architecte Sondos Al-Nakhala, tous de Gaza, devrait être au centre de ce nouvel événement, encore secret. EL.
Mohamed Bourouissa
Du 16 février 2024 au 30 juin 2024
Palais de Tokyo • 13, avenue du Président Wilson • 75116 Paris
www.palaisdetokyo.com
Pierrick Sorin, Les Bruiteurs bruités, 2021
Coll. Courtesy Mennour, Paris • © Photo Pierrick Sorin. Courtesy Rirkrit Tiravanija et Galerie Chantal Crousel, Paris
Nantais de cœur et d’esprit, Pierrick Sorin a enfin droit à sa rétrospective dans sa ville natale. On l’a peut-être un peu oublié, mais combien d’expositions il a enchanté, à l’aube du XXIe siècle ! Pionnier dans l’usage de la vidéo/journal intime, il a inventé aussi une série de saynètes désopilantes, sorte de théâtre optique qu’il a raffiné peu à peu à coups d’hologrammes. Présence récurrente : sa silhouette sautillante et volontairement dérisoire, à qui il arrive toutes sortes de mésaventures. Un mélange de Chaplin et de Méliès qui le rend unique en son genre et qui a rapidement séduit le théâtre et l’opéra. Pierrick Sorin revient avec quatre décennies de créations et une nouvelle œuvre conçue sur mesure pour le musée. EL.
Pierrick Sorin – Faire bonne(s) figure(s)
Du 19 avril 2024 au 1 septembre 2024
Musée d'Arts de Nantes • 10 Rue Georges Clemenceau • 44000 Nantes
museedartsdenantes.nantesmetropole.fr
Space Invader, rue de la Comète (Paris 7e)
© J-F Rollinger/ Onlyparis.Net. Photo Kerry McFate
Prêts à décoller ? Attachez vos ceintures car ce voyage promet d’être galactique ! Pendant plus d’un mois, Invader se pose à Paris, avec une exposition massive au sein d’un immeuble mythique en friche, à deux pas de la place de la République. Neuf étages ont été conquis par des centaines d’œuvres, des photos, des vidéos, des installations et des créations inédites : du jamais-vu dans l’histoire de l’art ! Sous le commissariat de Fabrice Bousteau, rédacteur en chef de Beaux Arts Magazine, cette déambulation cosmique à bord d’un vaisseau artistique célèbre près de trente ans de création de l’artiste anonyme le plus identifiable au monde, envahisseur de rues avec ses Space Invaders, aliens en mosaïque façon premiers jeux vidéo. Ça dégomme ! MB.
Invader Space Station»
11, rue Béranger • Paris 3e
Uniquement sur réservation, plus d’informations à venir sur BeauxArts.com
Robert Ryman, Untitled, 2010
Coll. Courtesy David Zwirner, New York-Paris. • © Courtesy David Zwirner, New York-Paris.
Le blanc est peut-être la seule couleur que n’ait pas explorée Monet. Cette invite faite à Robert Ryman vient donc enrichir la palette du temple des Nymphéas. Du blanc, celui-ci n’a jamais cessé de saisir l’infinie richesse. Des toiles monochromes ? Que nenni. Leur pâleur recèle un monde de subtiles nuances. Avec le maître impressionniste, le peintre américain partageait une même obsession à explorer les possibles de la peinture comme médium. Surface, lumière, cadre, l’exposition analyse les différents champs de sa recherche et la façon, comme le souligne le titre, dont il faisait acte du regard. Le blanc, on le retrouvera aussi dans le contrepoint proposé à l’Allemand Wolfgang Laib. De lait, de riz, ses installations invitent tout autant à de profondes méditations. EL.
Contrepoint contemporain – Wolfgang Laib
Du 6 mars 2024 au 8 juillet 2024
Musée de l'Orangerie • Jardin des Tuileries - Place de la Concorde • 75001 Paris
www.musee-orangerie.fr
Gottfried Helnwein, Autoportrait (Blackout), 1982
© Gottfried Helnwein.
Il va bientôt fêter ses 50 ans mais n’a pas renoncé pour autant à ses fondamentaux, toujours aussi choquant, subversif et anticonformiste, dans le son comme dans le discours. Le metal va faire trembler les murs de la Philharmonie, rappelant sa naissance en 1970 dans les quartiers populaires de Birmingham, quand le groupe Black Sabbath, avec son premier album du même nom, faisait basculer le rock dans un versant plus sombre, provocateur, saturé de cris, de chants gutturaux et de distorsions sonores. Le genre s’imposera bientôt sur scène avec une esthétique macabre et délaissera son premier nom, « hard-rock », pour du lourd, le « heavy metal », tout droit venu de la fameuse chanson Born to Be Wild de Steppenwolf, où il est question du « lourd tonnerre métallique » des moteurs de moto… DB.
Metal – Diabolus in Musica
Du 4 avril 2024 au 29 septembre 2024
Cité de la musique - Philharmonie de Paris • 221, avenue Jean Jaurès • 75019 Paris
philharmoniedeparis.fr
Robe du soir portée par Tatiana Nikiforova
Coll. haute couture printemps-été 1996 • © Bertrand Machet/Gamma Rapho. © Yves Saint Laurent / Photo Guy Marineau
Qu’il vente, qu’il pleuve ou qu’il neige, ce fut la grande tendance des podiums et du red carpet ces derniers mois : la nude dress et autres vêtements transparents imaginés par les maisons de couture n’ont eu de cesse de révéler le corps et ses tabous sous prétexte de l’habiller… Cette audace tout en contradiction n’a pourtant rien de nouveau. Yves Saint Laurent la fit sienne dès les années 1960, jouant avec la mousseline, la dentelle, l’organza et le tulle, de façon parfois provocante mais toujours élégante. Démonstration au musée, où des pièces iconiques, des patrons et des dessins préparatoires dévoilent les créations transparentes d’un styliste sensible et malicieux. Un défilé historique entre ambivalence de la matière et poétique du corps en mouvement, auquel participent les œuvres d’artistes tels Man Ray, Loïe Fuller, Francis Picabia…
Yves Saint Laurent – Transparences, le pouvoir des matières
Du 9 février 2024 au 25 août 2024
Musée Yves Saint Laurent Paris • 5, avenue Marceau • 75016 Paris
museeyslparis.com
Dessinateur anonyme, Au Printemps, 1919
Coll. Musée Carnavalet, Paris • © Musée Carnavalet, Paris / Paris Musées.
« D’abord, on devait s’écraser pour entrer, il fallait que, de la rue, on crût à une émeute ; et il obtenait cet écrasement, en mettant sous la porte les soldes, des casiers et des corbeilles débordant d’articles à vil prix ; si bien que le menu peuple s’amassait, barrait le seuil, faisait penser que les magasins craquaient de monde, lorsque souvent ils n’étaient qu’à demi pleins. » Un siècle et demi après la redoutable description qu’en fit Émile Zola dans son roman Au Bonheur des Dames, les grands magasins et leur histoire font l’objet d’une exposition en deux temps, au musée des Arts décoratifs (MAD) et à la Cité de l’architecture et du patrimoine. Un récit en prise directe avec les bouleversements sociaux, politiques et économiques de la révolution industrielle. Le premier volet (au MAD) porte sur l’essor de ces temples de la consommation, depuis leur apparition à Paris en 1852 jusqu’à la consécration lors de l’Exposition internationale de 1925 ; le second met l’accent sur les transformations urbaines et la création d’architectures démesurées dans le monde entier. DB.
La naissance des grands magasins Mode, design, jouet, publicité, 1852-1925
Musée des Arts décoratifs
Du 10 avril 2024 au 13 octobre 2024
Adresse : 107, rue de Rivoli • 75001 Paris
Billetterie Beaux Arts présentée par Come to Paris.
Les Grands Magasins
Du 16 octobre 2024 au 16 mars 2025
Achetez votre billet en ligne directement sur :
Cité de l'architecture & du patrimoine • 1 Place du Trocadéro et du 11 Novembre • 75116 Paris
www.citedelarchitecture.fr
Alessandra Sanguinetti, The Ophelias, 2002
© Jessica Backhaus. © Alessandra Sanguinetti / Magnum Photos.
La première fois qu’Alessandra Sanguinetti a photographié Guille et Belinda, c’était en 1999. Les deux cousines avaient 9 et 10 ans. Elle les a aussi photographiées une décennie plus tard. Petites, Guille et Belinda s’amusaient à dériver à la surface des eaux boueuses qui jouxtaient la ferme de leurs parents, au Brésil. La vie était un jeu. À 20 ans, bouches écarlates, elles enterraient leur enfance, délaissaient les costumes de princesse, les bougies sur le gâteau, la caresse des brebis. L’une d’elles, si jeune encore, était déjà enceinte. L’autre la regardait, incrédule. Leur complicité, leur imaginaire a fait l’objet d’une série d’images qui a réenchanté le monde de la photographie et qui illumine la fondation Henri Cartier-Bresson. NW.
Alessandra Sanguinetti. Les aventures de Guille et Belinda
Du 30 janvier 2024 au 19 mai 2024
Fondation Henri Cartier-Bresson • 79 Rue des Archives • 75003 Paris
www.henricartierbresson.org
Tina Modotti, Manos trabajando títeres
tirage gélatino-argentique d’époque • 19 × 24,1 cm. • Coll. Digital image, The Museum of Modern Art, New York/Scala, Florence. • © Digital image, The Museum of Modern Art, New York/Scala, Florence.
Elle fut longtemps l’un des trésors cachés de la photo, reléguée dans l’ombre de son amant, le grand Edward Weston. Mais quand lui faisait le choix de l’esthétisme, la révolutionnaire Tina Modotti (1896–1942) documentait les luttes sociales et politiques du début du XXe siècle. Après Barcelone puis Amsterdam, l’exposition « Tina Modotti – L’œil de la révolution « , produite par la Fundación MAPFRE, arrive à Paris. C’est la plus importante des trois en nombre d’images et de documents exposés, avec de véritables trouvailles comme une sublime série de portraits de 1925 de l’écrivaine et anthropologue Anita Brenner, longtemps attribuée à Edward Weston et qui est aujourd’hui portée au crédit de Tina Modotti. NW.
Tina Modotti – L’œil de la révolution
Du 13 février 2024 au 12 mai 2024
Jeu de Paume • 1, place de la Concorde • 75008 Paris
www.jeudepaume.org
René Magritte, Le Faux miroir, 1929
Huile sur toile • 54 × 81 cm • Coll. MoMA, New York • © Adagp, Paris 2020
À l’origine d’une théorie énonçant que c’est l’œuvre qui regarde la psychanalyse et non l’inverse, Jacques Lacan (1901–1981) est au cœur d’une exposition inédite autour de ses liens essentiels avec l’art et les artistes. Après l’exposition Michel Leiris, en 2015, Pompidou-Metz poursuit ainsi sa programmation exigeante et audacieuse. Pas moins de 300 œuvres sont rassemblées pour évoquer le psychiatre français le plus influent du siècle passé, sous le commissariat de Marie-Laure Bernadac et Bernard Marcadé, historiens de l’art, associés à Gérard Wajcman et Paz Corona, psychanalystes. EL.
Lacan, l’exposition – Quand l’art rencontre la psychanalyse
Du 31 décembre 2023 au 27 mai 2024
Centre Pompidou-Metz • 1 Parvis des Droits de l'Homme • 57020 Metz
www.centrepompidou-metz.fr
Retrouvez l'intégralité de notre sélection des plus belles expositions de 2024 dans le numéro de janvier de Beaux Arts Magazine.
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