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Égypte antique, Relief représentant la famille royale : Akhénaton, Néfertiti et trois de leurs filles, 14e siècle av. J.-C
Gravure sur calcaire • 32,5 x 39 cm • Coll. Ägyptisches museum, Berlin • © BPK, Berlin, Dist. RMN-Grand Palais / Margarete Büsing
Maître de Catherine de Clèves, Livre de la Sainte famille au travail, enluminure tirée des Heures de Catherine de Clèves, 1440
Une Sainte Famille moderne
Voici une image de la Sainte Famille au travail comme on en voit peu. Marie est en train de filer, Joseph le Charpentier travaille un morceau de bois. Et l’Enfant ? Debout dans un chariot de bois muni à roulettes, sorte d’ancêtre de nos trotteurs pour bébé, Jésus se promène à travers la pièce et apprend à marcher. Cette enluminure extraite du Livre d’Heures (recueil de prières) de Catherine de Clèves composé vers 1440, à Utrecht aux Pays-Bas, frappe par la modernité du sujet.
The Pierpont Morgan Library, New York • ©Photo Pierpont Morgan Library / Art Resource / Scala, Florence
Lavinia Fontana, Portrait de Bianca Degli Utili Maselli et ses six enfants, 1605
Gravures de mode
Ce portrait, peint par Lavinia Fontana (1552–1614) à Rome au tout début du XVIIe siècle, nous plonge dans l’intimité de Bianca degli Utili, épouse d’un noble cavalier dénommé Pierino Maselli. Elle pose ici avec six de ses enfants (cinq garçons et une fille) en offrant un aperçu remarquable de la mode de l’époque. D’origine florentine, Bianca degli Utili est morte en septembre 1605 à l’âge de 37 ans, juste après avoir donné naissance à son dix-neuvième enfant. Verginia, la petite fille du tableau (son nom est inscrit au-dessus d’elle) joue avec le petit chien que tient sa mère, symbole de sa loyauté d’épouse.
Huile sur toile • 99 x 133,5 cm • © Fine Art Images / Bridgeman Images
Frans Hals, Proposition de reconstitution du portrait de famille originel de Frans Hals par Liesbeth De Belie et Catherine Van Herck, incluant l’enfant peint par Salomon de Bray, vers 1623-1625
Famille recomposée
On entendrait presque les rires de cette joyeuse troupe. Comme de nombreux artistes de l’âge d’or hollandais, Frans Hals (1582–1666) a exalté la famille nombreuse et donc heureuse. Meilleurs des exemples du genre, la famille Van Campen, une immense toile peinte entre 1623 et 1625, a récemment été recomposée au terme d’une campagne de restauration. De son commanditaire, on sait qu’il est marchand drapier : fier de sa réussite sociale, monsieur Van Campen pose à gauche du tableau avec son épouse, Maria, et leur douzaine de rejetons. Prospère famille !
Huile sur toile • 151 × 163,6 cm • Toledo Museum of Art • ©Photo Richard Goodbody Inc. / Toledo Museum of Art
Jacques-Louis David, Portrait de Camille Desmoulins, sa femme Lucile et leur fils Horace-Camille, vers 1792
Trio révolutionnaire
Touchante par son intimité, cette œuvre de Jacques-Louis David (1748–1825), peintre révolutionnaire par excellence, montre le journaliste Camille Desmoulins, figure importante de 1789, avec sa femme Lucile et leur fils Horace. Dans le modèle révolutionnaire, le patriote est un bon père de famille. Une tendresse et une affection que semble lui rendre son nourrisson en lui caressant la tête. L’auteur du Vieux Cordelier, charge contre la Terreur, a interrompu son travail pour goûter ce moment. Le bébé est le trait d’union du couple, qui finira à l’échafaud en avril 1794.
Huile sur toile • 100 x 123 cm • Château de Versailles, Versailles • ©Bridgeman Images
Jean-Baptiste Greuze, Le gâteau des Rois, vers 1774
La tradition de la galette
Rendez-vous incontournable des familles chrétiennes marquant la fin de la période sacrée de Noël, la fête de l’Épiphanie et la tradition du « gâteau des rois » est célébrée le 6 janvier. En maître de la scène de genre, Jean-Baptiste Greuze (1725–1805) nous en livre une version vivante, telle qu’il en a le secret. Dans un simple intérieur paysan jouant avec le clair-obscur, le peintre a placé au centre une part de galette à pâte feuilletée, typique du Nord de la France. Les autres parts ont été rassemblées par le père de famille dans un linge blanc et le garçonnet qui se tient debout devant lui est en train de « tirer les rois ». On ne se sait pas encore qui va hériter de la fève en porcelaine !
Huile sur toile • 71,0 x 92,5 cm • Musée Fabre, Montpelier • ©Photo Josse / Bridgeman Images
John Everett Millais et Solomon Rebecca, Le Christ dans la maison de ses parents, 1863
Le fils prodigue
Un atelier de charpentier, des copeaux de bois au sol. Au centre, l’Enfant Jésus porte les stigmates de la Passion aux mains que son père examine. Sa mère, Marie, lui tend la joue. Sa grand-mère Anne est à l’arrière-plan. Dévoilée pour la première fois en 1850, cette Sainte Famille de John Everett Millais (1829–1896) a fait scandale. Car le peintre préraphaélite a pris des libertés en imaginant l’enfance du Christ dont les textes rapportent peu de choses. Surtout, fidèle à ses convictions réalistes, Millais montre une banale scène de vie et des personnages sans fard. Cette trivialité choque l’Angleterre victorienne dont le célèbre écrivain Charles Dickens qui parle d’un Jésus « hideux, au cou tordu, sanglotant et roux ».
Huile sur toile • 38,1 x 61 cm • ©Bridgeman Images
Frédéric Bazille, Réunion de famille, 1867
Bonheur provincial
Un instantané de la bourgeoisie sous le Second Empire. C’est dans sa propriété familiale de Méric, près de Montpellier, que le peintre Frédéric Bazille (1841–1870) a choisi de se réunir en famille sous un ciel radieux. Les onze personnages ont trouvé un peu de fraîcheur à l’ombre d’un marronnier sur une terrasse. À l’extrême gauche, Frédéric Bazille s’est représenté, tout au fond, derrière son oncle par alliance, Eugène des Hours Farel, et non loin de ses parents, assis sur un banc. Conjuguant portrait réaliste et peinture de plein air, l’ami de Monet et grand admirateur de Courbet signe là son chef-d’œuvre.
Huile sur toile • 152 x 230 cm • Musée d'Orsay, Paris • ©Bridgeman images
Pierre-Auguste Renoir, Madame Georges Charpentier et ses enfants, 1878
Trinité impressionniste
Épouse de Georges Charpentier, l’éditeur de Maupassant, Zola et Daudet, madame Marguerite-Louise Charpentier, née Lemonnier, pose ici avec ses enfants Georgette, assise à côté du chien, et Paul. Ce dernier, âgé de 3 ans, suivant à la lettre la mode d’alors, porte des cheveux longs et des vêtements semblables à ceux de sa sœur. Moment privilégié dans un intérieur bourgeois, au décor japonisant selon le bon goût de l’époque, où madame se détend dans une toilette élégante signée Charles Frederick Worth, inventeur de la haute couture au XIXe siècle. Présenté au Salon de 1879, ce tableau de Pierre-Auguste Renoir (1841–1919) rencontra un franc succès.
Huile sur toile • 153,7 x 190,2 cm • Metropolitan Museum of art, New-York • ©Bridgeman Images
Norman Rockwell, Christmas Homecoming, 1948
Retour au bercail
Quelles chaleureuses retrouvailles ! Cette image de l’Américain Norman Rockwell (1894–1978) – sa 257e couverture sur 322 réalisées pour le journal The Post – a fait la Une du numéro du 25 décembre 1948. Toute la famille de l’artiste est au rendez-vous. De dos et vêtu d’un imperméable, c’est Jarvis, dit Jerry, le fils de Rockwell qui rentre de l’université pour les fêtes de fin d’année. Sa mère, Mary, le serre avec bonheur dans ses bras. Tout de suite à gauche, mêlé à la foule, on peut également identifier Thomas, alias Tommy, deuxième fils des Rockwell et, avec des lunettes, Peter, leur dernier-né. Autour lui, l’artiste, la pipe au bec, a également réuni ses amis. Dans un petit coin à droite, le sapin de Noël les attend…
Huile sur toile • 9,7 × 42,0 cm • Norman Rockwell Museum, Massachusetts • ©Akg-Images
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Câlins égyptiens
Papa, maman et leurs filles en pleine complicité. Cette stèle emblématique de l’art amarnien, né sous le règne du pharaon Akhénaton (1346 – 1329 av. J.-C.) au Nouvel Empire, bouscule les canons artistiques traditionnels. Rompant avec le conformisme rigide qui s’imposait jusqu’alors, les artisans du style amarnien montrent ici la famille royale dans son quotidien : sous les rayons solaires terminés en forme de mains, Akhenaton, Néfertiti et leurs trois filles, Mérytaton, Mâketaton et Ânkhésenpaaton échangent des gestes d’affection comme le commun des mortels.