Hospices de Beaune

Le graffeur culte Mode2, directeur artistique du projet de street art le plus excitant de l’année aux Hospices de Beaune

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Si je vous dis Bourgogne, à quoi pensez-vous ? Pas immédiatement au street art, avouez-le. Encore moins vous attendez-vous à découvrir des signatures de l’art urbain aux Hospices de Beaune, institution hospitalière fondée en 1443, et dans une ancienne carrière au milieu des vignobles ? C’est pourtant bien le projet que déploie dès la fin avril le graffeur Mode2.
La Karrière, vue avec front de taille
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La Karrière, vue avec front de taille

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© Sandrine Allard Saint Abin

Les dix ans de l’inscription des climats du vignoble de Bourgogne au patrimoine mondial de l’UNESCO seront un grand cru. Oubliez les murs gris de Paris, c’est pour la minérale Bourgogne que Mode2, l’un des meilleurs graffeurs européens de sa génération – et des plus sollicités aussi – a eu un coup de cœur.

Né à l’île Maurice en 1967, et venu à Londres à neuf ans, Mode2 a vu naître le hip-hop à Covent Garden dès l’été 1984, alors qu’il commence à tâter du marqueur. Autodidacte exceptionnel, Mode2 se fait vite un nom au sein de The Chrome Angelz, son crew avec Bando, et exporte le graffiti chez nous, à Paris. Mode2, c’est aussi celui qui réalise la couverture de Spraycan Art, bible sortie en 1987 ; encore lui qui signe le lettrage de la pochette de la compilation culte Rapattitude (1990).

Des street artistes millésimés pour les climats de Bourgogne

Jace, Parce qu’une peinture vaut, parfois, mieux qu’un long discours…
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Jace, Parce qu’une peinture vaut, parfois, mieux qu’un long discours…, 2018

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Saint-Pierre de la Réunion

Pour prolonger l’esprit artistique multiséculaire bourguignon, le meilleur connaisseur de la culture hip-hop en France est allé chercher, avec la casquette de directeur artistique du projet « Imaginaires Kréatifs », trois talents de l’art urbain. Mode2 entend dresser un pont entre le polyptyque du Jugement dernier (1443–1452) conservé aux Hospices et l’imaginaire du XXIe siècle. Jace, Eron, Delta sont les Rogier van der Weyden d’aujourd’hui !

À partir du 25 avril prochain, et jusqu’au 30 novembre, leurs œuvres vont se révéler progressivement en se déployant sur diverses façades des Hospices de Beaune. Les « Gouzou », personnages tout-terrain de Jace – sorte de « Keith Haring d’aujourd’hui », comme l’affirme Mode2 – investiront l’aile Saint-Joseph de l’institution. Le 9 juillet, place au classicisme de l’Italien Eron sur la galerie basse de la cour d’honneur. Invité en octobre, Delta devrait aussi étonner, sans détonner, avec un style qui verse dans la sculpture.

Une ancienne carrière devenue galerie d’art urbain à ciel ouvert

À cette « vision hospitalière » s’ajoute une « vision minérale ». Direction la Karrière, ancien site d’extraction de pierres reconverti en galerie à ciel ouvert, dans le village de Villars-Fontaine. Avec ses parois hautes de 15 mètres et longues de 200 mètres, ce spot est devenu depuis quelques années le formidable terrain de jeu des street artistes.

André, Toits de Paris
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André, Toits de Paris

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Photo Johan Lindberg

À commencer par Mode2, sous le charme depuis qu’il l’a découvert en 2019 : « La pierre de Comblanchien n’est pas n’importe laquelle, observe l’artiste. C’est celle qui a servi à faire le socle de la statue de la Liberté, celle qui fait le parvis de Notre-Dame, on a des fragments de ce patrimoine un peu partout dans le monde », souligne celui qui est toujours en mouvement. C’est dans ce décor minéral que le public pourra admirer les œuvres de Jace ; mais aussi – dernière surprise – celles d’André, le père des « Monsieur A ». Affaire à guetter cet été…

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Imaginaires Kréatifs

Du 25 avril au 30 novembre 2025 aux Hospices de Beaune

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