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Un trophée en terre-battue pour Nadal : le cadeau d’un céramiste virtuose

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À gauche, le céramiste et designer français Jacques Monneraud. À droite, la réplique en céramique de la coupe des Mousquetaires réalisée pour Rafael Nadal
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À gauche, le céramiste et designer français Jacques Monneraud. À droite, la réplique en céramique de la coupe des Mousquetaires réalisée pour Rafael Nadal, 2024

Une grande vasque décorée d’une frise en feuille de vigne, accessoirisée de deux anses en col de cygne… Voici une réplique parfaite de la coupe des Mousquetaires, trophée historique remis aux vainqueurs de Roland-Garros depuis 1981. Seulement, la voilà façonnée en terre cuite prélevée directement sur le court central !

Cette idée farfelue provient d’un jeune artiste de 36 ans, Jacques Monneraud, céramiste depuis seulement deux ans. « En faisant des recherches, j’ai lu que la terre battue des courts de tennis est apparue vers 1880 en concassant des pots défectueux fabriqués à Vallauris. J’ai voulu inverser l’histoire », nous confie-t-il.

Un trophée façonné à la main

Jacques Monneraud, Réplique céramique de la coupe des Mousquetaires
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Jacques Monneraud, Réplique céramique de la coupe des Mousquetaires, 2024

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Terre battue du court Philippe-Chatrier de Roland Garros • © The Good Company

Amateur de tennis et fan absolu du joueur espagnol Rafael Nadal, le créateur souhaite rendre hommage au « Matador » avec ce trophée unique en son genre, fruit d’un labeur de 400 heures. « Je n’avais aucune connexion chez Roland-Garros. Pour les convaincre, j’ai réalisé un site web sur lequel j’ai posté des images d’un prototype fait avec de la terre battue lambda, puis je l’ai adressé au staff du tournoi. Rapidement, ils m’ont envoyé plusieurs kilos de terre. » S’ensuivent des mois de tests avant d’obtenir ce résultat bluffant au rouge brique profond et mat.

Une prouesse technique réalisée en douze jours

« Je rêve de pouvoir l’offrir à Nadal ».

Le secret ? Une cuisson à très haute température (1 150 degrés) et, bien sûr, une détermination inébranlable. « Le pied ajouré, la courbe du grand saladier et la base quasiment plate sont des formes qui s’affaissent très vite. J’ai dû cuire la pièce à l’envers. » Autre difficulté : « pour éviter que les éléments durcissent et puissent être collés entre eux, il fallait tout stocker dans des contenants humides le temps de la confection ».

Durant ces douze jours de travail, le céramiste a filmé l’évolution de son œuvre, roulant entre ses doigts chaque minuscule grain de raisin. Au téléphone, on le sent épuisé par cette prouesse technique réalisée dans son atelier d’Anglet. Et maintenant ? « Je rêve de pouvoir l’offrir à Nadal ». Ce « roi de la terre » qui accumule déjà 14 coupes des Mousquetaires acceptera-t-il ce trophée façonné de la main d’un artiste dévoué et (assurément) virtuose ?

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