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Dossier

Cinq nouvelles tendances de la peinture

le 25 avril 2017 à 14h04

Les peintres contemporains ont beau créer dans la solitude de l’atelier, leurs toiles frémissent d’aspirations et d’inspirations communes, que Beaux Arts s’est plu à imaginer sous la forme de familles recomposées.

Jessica Warboys, Sea Painting, Dunwich and Skateraw Beach
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Jessica Warboys, Sea Painting, Dunwich and Skateraw Beach, 2015–2016

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Laissant la mer et les vagues passer et repasser sur ses toiles, préalablement enduites de pigments, Jessica Warboys se connecte aux cycles de la marée pour produire une abstraction de plein air aléatoire, où l’auteur se fait observateur.

© British Art Show. Courtesy Jessica Warboys

Le lyrisme en peinture, et en France particulièrement, renvoie à ce mouvement (de la main, du corps et de l’esprit) tendu vers une expressivité grandiloquente, tachant la toile de ratures et de giclées soudaines, jetées comme à l’emporte-pièce. Soit une abstraction évasive, perdue dans les limbes de l’inconscient, née dans les années 1950 avec Hans Hartung, Pierre Soulages et l’École de Paris, qu’on avait perdue de vue jusqu’à ce que les tableaux de l’Américain Joe Bradley, ou bien ceux de Samuel Richardot, ne ressassent cette rhétorique picturale, dont les maître-mots sont : impulsivité, improvisation, action et réaction (de la toile sous l’effet des pigments qui y sont apposés, des couleurs entre elles…). Sans oublier une connexion fétichiste aux éléments naturels, au vent, à l’eau, à la terre et à l’air. Dans cette catégorie, qu’on pourrait aussi nommer abstraction élégiaque, ode au médium autant qu’à la nature, empreinte colorée et chaotique des tourments du corps et de l’âme, on rangerait aussi les toiles du jeune Émile Vappereau, agglutinant un réseau de lignes noires, touffues, éventuellement rehaussées de blanc ou de jaune. Ou celles de Jessica Warboys, badigeonnées d’une solution comprenant du potassium et de l’ammonium, mélange photosensible aux ultraviolets. L’artiste galloise les récolte au petit matin, sur la plage où elle les a soumises toute la nuit aux rayons lunaires afin de recueillir leur empreinte. Il y a aussi les peintures d’Emil Michael Klein. Celles-ci proposent sur un fond blanc, légèrement iridescent, les aventures mouvementées d’une ligne bleue qui, manifestement, n’en fait qu’à sa tête, se ramifiant comme elle l’entend, prenant à droite ou à gauche, se bouclant sur elle-même, à condition de rester mince et souple. Une ligne folle et affolante, qui ne fait que suivre, hagarde, les premières couches intégralement bleues qui recouvraient le tableau en premier lieu et qui, en dernier ressort, se sont tapies sous le blanc. Ce néo-lyrisme est le résultat d’un entêtement sauvage à laisser faire la peinture. Loin des grilles (modernistes), loin des compositions préconçues par l’auteur, cette veine abstraite, happée par le grand air, batifole sur la toile.

Emil Michael Klein, Sans titre, 2015

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Procédant par recouvrements successifs d’un premier fond bleu, Emil Michael Klein le réduit peu à peu à des lignes fébriles et graciles, slalomant entre des blocs qui viennent les compresser. Le chant lyrique de la ligne.

Courtesy & © Gaudel de Stampa, Paris

Émile Vappereau, Sans titre, 2015

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Sur un écheveau de lignes noires en filigrane, ébauchant une figure échevelée ou une sorte de paysage morcelé, l’artiste brosse la toile par à-coups plus onctueux et plus emportés. Quelque part entre expressionnisme et calligraphie.

© Émile Vappereau

Samuel Richardot, Carrousel, 2016

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Couches transparentes, pigments iridescents, étendues de couleurs divaguant sur la toile avec souplesse : la peinture de Samuel Richardot fait confiance aux réactions chimiques que nouent entre eux ses ingrédients pour prendre une dimension spirite et magique.

Acrylique sur toile • 130 x 97 cm • Coll. privée • © Samuel Richardot

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