Cinq nouvelles tendances de la peinture
Cinq nouvelles tendances de la peinture
Les peintres contemporains ont beau créer dans la solitude de l’atelier, leurs toiles frémissent d’aspirations et d’inspirations communes, que Beaux Arts s’est plu à imaginer sous la forme de familles recomposées.
Les peintres contemporains ont beau créer dans la solitude de l’atelier, leurs toiles frémissent d’aspirations et d’inspirations communes, que Beaux Arts s’est plu à imaginer sous la forme de familles recomposées.
La peinture est morte, vive la peinture !
Il n’est plus temps de crier sur tous les toits avec des trémolos dans la voix qu’elle est de retour. Ni de surjouer dramatiquement cette réapparition en la comparant à celle des zombies : ni morte, ni vivante, à la fois dépassée et tellement là, à la fois dévitalisée et encore gesticulante, à ce point hantée par les grands maîtres classiques (voire par les hommes préhistoriques) et incapable de rivaliser avec eux. À nos yeux, la peinture se trouve en 2017 dans un état de forme très enviable. Elle est en bonne place sur toutes les cimaises (celles des foires et des collectionneurs, aussi bien que celles des musées, des centres d’art et des fondations), sans parler d’Instagram. L’offre est pléthorique. Le choix est vaste. Il y en a, semble-t-il, pour tous les goûts – sans doute pas pour toutes les bourses.
Giulia Andreani, Femme d’intérieur, 2016
Acrylique sur toile • 200 × 350 cm • Courtesy & © Giulia Andreani
C’est donc un peu à la manière d’un fan, sans regarder du côté des prix, qu’on a constitué cet album de peintures, saison 2017, un peu comme on collerait des vignettes de joueurs de foot dans un album : en regroupant, avec des étoiles dans les yeux, nos toiles préférées, dans des équipes plus ou moins bien équilibrées ou dans des familles plus ou moins reconstituées. Il nous a paru peu pertinent de se fier aux vieilles catégories qui balisent l’histoire des genres ou des mouvements picturaux, tout simplement parce que les artistes les ont eux-mêmes dépassées, parce qu’ils les transgressent, les combinent. À une exception près, un courant longtemps délaissé et qui reprend du poil de la bête : la peinture lyrique. De même, pour rafraîchir un peu le logiciel, on a laissé de côté les pionniers, les aînés, ceux qui occupent le devant de la scène et les premières places du marché de l’art : Peter Doig, Luc Tuymans, Marlene Dumas, Elizabeth Peyton, Wilhelm Sasnal, Victor Man, Damien Hirst, Ed Ruscha… Enfin, ces catégories arbitrairement inventées, à la partialité assumée – tout comme ce casting –, sont orientées vers l’idée et le sentiment que les peintres saisissent le monde d’aujourd’hui avec un mélange d’inquiétude, d’écœurement, de comique. De lassitude mais aussi d’espérance.
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Dans ce bleu fané, si caractéristique de sa peinture qui regarde les images d’archives, Giulia Andreani a représenté une scène qui est une aubaine pour ouvrir un tel dossier : des femmes peintres renvoyées à leur rôle de femmes d’intérieur… De fait, aborder l’histoire actuelle de la peinture revient à en rectifier le casting.