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DOSSIER

Reportage : L’art de l’Afrique du Sud totalement à l’ouest

le 16 mai 2017 à 18h05

Incendiaires, revendicatifs, hors de contrôle, absolument fabuleux : du Cap à Johannesburg, Beaux Arts est parti à la rencontre des artistes sud-africains à l’honneur d’une très vaste exposition à la Fondation Vuitton, certains d’entre eux figurant même dans la double manifestation « Afriques Capitales », programmée simultanément à Lille et à Paris. Décollage immédiat.

Vue du quartier de Soweto, Johannesburg
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Vue du quartier de Soweto, Johannesburg

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© Shutterstock

L’Afrique du Sud bat des records en matière de criminalité : on y compte plus de 20 000 meurtres et plus de 300 000 cambriolages par an, et on estimait en 2009 qu’un Sud-Africain sur quatre avait commis un viol ! Bien que deuxième puissance économique du continent, derrière le Nigeria, le pays connaît l’un des plus importants problèmes d’inégalités au monde, avec un taux de chômage réel s’élevant à près de 40 % (loin du chiffre officiel de 26,6 %, en 2016) et un appauvrissement exponentiel de la population depuis une vingtaine d’années. De plus, l’Afrique du Sud est régulièrement en proie à de violentes émeutes anti-immigrés.

Cette « métropole insaisissable » de près de 6 millions d’habitants, tentaculaire et sans véritable centre, est composée d’un maillage de districts hétéroclites marqués par l’histoire de l’apartheid et la ségrégation.

Contrairement au Cap, ce contexte se ressent immédiatement dès que l’on arrive à Johannesburg, couramment appelée Joburg ou Jozi par ceux qui y vivent. Cette « métropole insaisissable » (selon l’expression du sociologue Achille Mbembe), de près de 6 millions d’habitants, tentaculaire et sans véritable centre, est composée d’un maillage de districts hétéroclites marqués par l’histoire de l’apartheid et la ségrégation. On passe des quartiers ultrasécurisés des habitants aisés – avec caméra de surveillance, alarmes, grilles électrifiées, doubles portes verrouillées –, à de véritables zones de non-droit. Autrefois quartier chic, le Central Business District compte un nombre incroyable d’immeubles abandonnés et murés pour éviter les squats. Y vit aujourd’hui une population pauvre, qui habite dans des immeubles sans eau ni électricité. En cours de réhabilitation, le quartier présente quelques endroits à la mode : boutiques et restaurants y sont rassemblés à chaque fois sur à peine deux rues, gardées par un service de sécurité financé par les commerçants. Une ambiance d’autant plus irréelle qu’il suffit de passer dans la troisième rue pour risquer d’être agressé.

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