L’exposition imaginaire de Jean de Loisy : « Avec si peu » (Éloge de l’art frugal)
L’exposition imaginaire de Jean de Loisy : « Avec si peu » (Éloge de l’art frugal)
Une exposition imaginaire ? Impossible loin de mes livres, de mes amis, des artistes, confiné ! Fabrice Bousteau insiste, il faut savoir « faire avec rien », sinon à quoi auraient servi toutes ces années de passion ? Et les artistes qui nous fascinent, mus par l’impulsion créative, improvisent souvent avec ce qu’ils ont sous la main : Picasso, avec un clou et un peu de fil de fer, Jean Arp, à l’aide de quelques papiers déchirés tombés au hasard… Alors, essayons !
Une exposition imaginaire ? Impossible loin de mes livres, de mes amis, des artistes, confiné ! Fabrice Bousteau insiste, il faut savoir « faire avec rien », sinon à quoi auraient servi toutes ces années de passion ? Et les artistes qui nous fascinent, mus par l’impulsion créative, improvisent souvent avec ce qu’ils ont sous la main : Picasso, avec un clou et un peu de fil de fer, Jean Arp, à l’aide de quelques papiers déchirés tombés au hasard… Alors, essayons !
Avec Hokusai, l’esprit d’enfance
Pierre Huyghe, Timekeeper, 1999
Technique mixte • diam. 22,3 cm • © Christie’s Images / Bridgeman Images
Peu de matière, peu de labeur, peu de moyens. L’œil, l’esprit de l’artiste par jeu ou par nécessité, dans des circonstances rêveuses ou tragiques, par désœuvrement, engagement ou parti pris, inspiré par un papier, un vieux morceau de fil de fer, des bouts de laine, un débris, une humeur, parvient parfois avec presque rien à nous enchanter, à nous alarmer, à nous entraîner en révélant avec les moyens du bord une poésie que nous ne savions atteindre. L’étonnement – et donc le plaisir du peu – vient de la diversité des situations auxquelles ce minimum nous conduit. Esthètes ou politiques, nihilistes ou formalistes, les artistes qui choisirent cette voie frugale offrent une alternative salubre à la démesure des œuvres et proposent que l’énigme de la présence qui ébranlerait nos émotions soit moins liée à la masse qu’à l’esprit.
Cette réflexion pourrait prendre comme point de départ l’année 1804 alors qu’Hokusai, participant à un concours de peinture, s’installe en marge de la lice, près d’un poulailler. Tandis que son rival depuis longtemps a commencé à peindre et que le temps est bientôt écoulé, l’assistance s’inquiète. Le maître n’a encore tracé que deux lignes bleues. À quelques secondes de la fin, il pose un bol d’encre rouge près du poulailler, ouvre la porte, et le coq qui s’enfuit, trempant ses pattes dans la couleur, laisse leurs empreintes sur le papier. Et Hokusai de calligraphier le titre : Rivière d’automne / Les feuilles de l’érable / Glissent au fil de l’eau. Si l’œuvre a disparu, son récit nous restitue l’attitude espiègle du grand artiste et suggère ce que sera l’entrée de l’exposition. L’esprit d’enfance.
Vous aimerez aussi
Carnets d’exposition, hors-série, catalogues, albums, encyclopédies, anthologies, monographies d’artistes, beaux livres...
Visiter la boutique
