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DOSSIER

Quand l’art polysensoriel devient immersif et jouissif

le 28 février 2022 à 14h02

À l’heure du virtuel et du métavers, les artistes veulent plus que jamais reconnecter notre corps au réel et à l’art en proposant une multitude d’expériences qui activent physiquement nos cinq sens. Panorama de créations ultrasensitives et désirables qui renouent avec l’idée d’œuvre d’art totale.

Expositions immersives, expériences interactives, parcours polysensoriels : voici les nouvelles obsessions des musées et lieux culturels qui jouent à fond la carte du développement digital afin d’élargir leurs publics. Avec des résultats plus ou moins heureux, du plus basique au plus sophistiqué, les nouveaux dispositifs multimédias (mapping vidéo, animation 3D, réalité virtuelle et augmentée…) sollicitent la participation du visiteur, invité à « vivre » l’œuvre plutôt qu’à la contempler.

Pionnières du genre, les Carrières des lumières aux Baux-de-Provence ont fait d’un site naturel classé le théâtre de spectacles sons et lumières grandioses, projetant sur le calcaire blanc des images numériques géantes d’œuvres de Gauguin, Van Gogh, Chagall ou Picasso pour un effet psychédélique garanti ! S’ils n’ont pas échappé à des critiques dénonçant le caractère purement divertissant de ces shows, les succès de fréquentation sont tels qu’ils ont ouvert par la suite de nouveaux « centres d’art numérique » à Paris (l’Atelier des lumières), en Corée du Sud – dans un ancien bunker –, dans l’ancienne base sous-marine de Bordeaux (le Bassin des lumières) et au cœur d’un mall à Dubaï. Ils s’apprêtent à faire de même cette année à New York devant l’hôtel de ville et à Amsterdam dans une ancienne usine à gaz. Le site parisien a même accueilli à l’automne 2019 l’Immersive Art Festival, où les œuvres numériques de onze collectifs internationaux étaient en lice pour des prix décernés par le public et un jury professionnel (récompensant notamment les meilleurs graphisme, sound design, mise en scène et scénario).

Adrien M & Claire B, XYZT Organismes typographiques
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Adrien M & Claire B, XYZT Organismes typographiques, 2011-2015

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Le titre de ce dispositif numérique, sur le fil entre réel et virtuel, renvoie aux quatre lettres – X horizontalité, Y verticalité, Z profondeur, T Temps – qui servent à décrireen mathématiques le mouvement d’un point dans l’espace.

vue de l’exposition «Faire corps», Gaîté Lyrique, Paris

De son côté, le Grand Palais s’est lancé dans la production d’expositions digitales immersives, avec une première à Marseille au Palais de la Bourse (du 10 mars au 21 août), où les visiteurs pourront découvrir les secrets de la Joconde. Une fois ses travaux achevés, il proposera dans ses espaces de grandes immersions comme il l’avait fait en 2020 avec « Pompéi ».

Il faut dire que d’un bout à l’autre de la planète les propositions ne manquent pas. Muni d’un casque VR, on pouvait cet hiver, à l’Arsenal de Montréal, se glisser dans la peau d’un cosmonaute pour un voyage intersidéral d’une heure inspiré des missions de la NASA. Ou déambuler dans les profondeurs d’une œuvre en 3D mouvante et hypnotique, se déployant dans les 10 000 m2 du Mori Building, un centre d’arts numériques créé par teamLab, à Tokyo, en 2018.

Plus près de chez nous, le Centquatre proposait une expérience sensationnelle baptisée Niemandsland, déambulation libre et poétique dans une installation sonore où résonnent des bruits familiers. Une « discothèque du quotidien », comme la définit son concepteur Dimitri de Perrot, artiste, musicien, scénographe et metteur en scène, qui mixe « la bande originale de nos vies » pour en souligner l’ambiguïté et l’étrangeté. Et, à la Gaîté Lyrique, jusqu’au 6 mars, il ne faut pas hésiter à se perdre au cœur d’une forêt futuriste où les arbres-totems se font monolithes de lumière bruissant de sons étranges. Cette « sculpture audiovisuelle » troublante est signée du collectif Visual System, premier invité d’un programme artistique entièrement dédié aux « nouvelles écritures et expériences immersives ».

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À visiter, à sentir, à vivre

Immersion au cœur de la création

Pour le grand frisson immersif, plusieurs possibilités : se perdre dans une sculpture audiovisuelle envoûtante à la Gaîté Lyrique ou s’immiscer au cœur des projections spectaculaires des Carrières/Atelier/Bassins des lumières. Et surtout, garder un œil sur la programmation du Centquatre (104.fr), jamais à court d’expériences novatrices.

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La Joconde, exposition immersive

Du 10 mars 2022 au 21 août 2022

grandpalais-immersif.fr

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Détour – Visual System

Du 17 septembre 2021 au 6 mars 2022

gaite-lyrique.net

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Cézanne, maître de la Provence

Du 4 mars 2021 au 16 janvier 2022

www.carrieres-lumieres.com

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Kandinsky. L'odyssée de l'abstrait

Du 18 février 2022 au 2 janvier 2023

www.atelier-lumieres.com

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Sorolla. Promenades en bord de mer

Du 11 février 2022 au 2 janvier 2023

www.bassins-lumieres.com

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Venise la Sérénissime

Du 11 février 2022 au 2 janvier 2023

www.bassins-lumieres.com

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Yves Klein - L'infini bleu

Du 4 mars 2022 au 2 janvier 2023

www.carrieres-lumieres.com

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La fin est dans le commencement et cependant on continue

Du 7 avril 2022
Citant Samuel Beckett d’entrée de jeu (le titre est tiré de sa pièce Fin de partie), la fondation Martell envisage d’autres possibles pour une exposition où nos cinq sens sont sollicités. Ainsi qu’un sixième : la vulnérabilité. Un parfum a également été créé à l’occasion de cette stimulante proposition.

www.fondationdentreprisemartell.com

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