Elle est la première femme artiste à recevoir la Légion d’honneur. Fait rare, voire exceptionnel, sa fortune critique fut à l’égale de celle de ses pairs masculins, à une époque où les femmes n’avaient guère le droit de fréquenter l’École des Beaux-Arts ! Rosa Bonheur (1822–1899) a d’abord fait son apprentissage dans l’école de dessin de son père. Très vite, elle s’échappe des sujets qui furent longtemps réservés aux femmes et se passionne pour les animaux. Son œuvre aux accents réalistes rend hommage à la beauté et la puissance des bêtes, ainsi qu’aux paysages et traditions du monde rural. Définitivement établie à partir de 1860 au château de By (devenu aujourd’hui un fabuleux musée qui lui est consacré), non loin de Fontainebleau, elle y mène une vie d’artiste et de femme libre, entièrement vouée à son œuvre, entourée de la nature et de ses modèles favoris (dont une lionne !). Quelque peu tombée dans l’oubli, on (re)découvre ce destin hors norme à l’occasion du bicentenaire de sa naissance en 2022, au travers d’une exposition au musée des Beaux-Arts de Bordeaux (ville natale de Rosa Bonheur) ce printemps, puis au musée d’Orsay qui lui consacrera une grande rétrospective à l’automne. Que du Bonheur !
Édouard-Louis Dubufe, Portrait de Rosa Bonheur avec un bœuf, 1857
Huile sur toile • 130,8 × 94 cm • Artvee
Rosa Bonheur (1822-1899) au musée des Beaux-Arts de Bordeaux
Du 18 mai 2022 au 18 septembre 2022
Musée des Beaux-Arts de Bordeaux • 20 Cours d'Albret • 33000 Bordeaux
www.musba-bordeaux.fr
Rosa Bonheur (1822-1899)
Du 18 octobre 2022 au 15 janvier 2023
Musée d'Orsay • Esplanade Valéry Giscard d'Estaing • 75007 Paris
www.musee-orsay.fr
Prochain arrêt : la Finlande et ses forêts millénaires enneigées, ses lacs majestueux aux mille et un reflets… Longtemps méconnu en France, Akseli Gallen-Kallela (1865–1931) est pourtant une gloire nationale dans son pays. Il faut dire que le peintre n’a eu de cesse de représenter la Finlande avec une approche singulière, à la fois emprunte de lyrisme et de sacré. Du naturalisme au symbolisme en passant par l’expressionnisme, son œuvre fait la part belle aux paysages majestueux – visions paisibles d’une nature impétueuse toujours baignée d’une lumière douce, parfois presque surnaturelle. Elle s’invitera au musée Jacquemart-André à partir du 11 mars, le temps d’une exposition qui s’annonce d’ores et déjà rayonnante.
Akseli Gallen-Kallela, Nuit de printemps, 1915
Collection particulière, Buffalo • Photo : Finnish National Gallery/Conservation department
Gallen-Kallela. Mythes et nature
Du 11 mars 2022 au 25 juillet 2022
www.musee-jacquemart-andre.com
Musée Jacquemart-André • 158, boulevard Haussmann • 75008 Paris
www.musee-jacquemart-andre.com
Né à Ferrare en 1842, Giovanni Boldini a trouvé dans les salons parisiens de la Belle Époque une véritable terre d’adoption. C’est dans ces soirées feutrées, entouré d’artistes et d’intellectuels – et parmi eux Marcel Proust, dont le recueil Les Plaisirs et les Jours donne son titre à la rétrospective du Petit Palais – que le peintre puise ses sujets et motifs de prédilection. Portraits mondains, scènes de genre au milieu des dorures ou à la terrasse d’un café… À contre-courant des avant-gardes, Boldini, pourtant proche de Degas, assume pleinement son statut de peintre mondain. Et c’est ce qui, sans doute, lui vaudra d’être relégué un certain temps aux oubliettes. Il n’avait pas été à l’honneur d’une exposition en France depuis 60 ans !
Giovanni Boldini, Portrait de Lawrence Alexander Harrison, 1902
Huile sur toile • © Private Collection, Larry Ellison
Giovanni Boldini. Les plaisirs et les jours
Du 29 mars 2022 au 24 juillet 2022
Petit Palais • Avenue Winston Churchill • 75008 Paris
www.petitpalais.paris.fr
Toyen, Le Paravent, 1966
Huile sur toile • Musée d’art moderne, Paris • © Paris Musées, musée d’Art moderne, Dist. RMN-Grand Palais / image ville de Paris / presse – Toyen Adagp, Paris, 2022
C’est sans doute l’une des plus belles redécouvertes du printemps : le musée d’Art moderne de Paris consacre une exposition à l’artiste surréaliste Toyen, née Marie Čermínová à Prague, en 1902. Passionnée par la révolution française, elle s’installe en France en 1925 où elle opte pour le pseudonyme Toyen, contraction du mot « citoyen ». Proche du cercle des surréalistes, elle veillera néanmoins à garder ses distances. De sa peinture, chargée de symboles, naissent des images à la fois étranges et teintées d’érotisme… Comme tout droit sorties d’un rêve !
Toyen – L’écart absolu
Du 25 mars 2022 au 24 juillet 2022
MAM - Musée d'Art moderne de Paris • 11 Avenue du Président Wilson • 75116 Paris
www.mam.paris.fr
Prénom : Gaston. Nom : Paris. Qui se souvient aujourd’hui de ce reporter dont les photographies ont, dans les années 1930, abondamment illustré les pages du magazine Vu ? Influencé par le surréalisme et le « fantastique social », il n’a eu de cesse de documenter, à l’aide de son Rolleiflex, le monde du spectacle et la vie ordinaire parisienne. À travers son objectif, la capitale revêt un manteau de mélancolie. Volontiers obscures et mystérieuses, les images de Gaston Paris s’inscrivent à rebours de la photographie humaniste. Injustement méconnu, il sort de l’oubli à la faveur d’une exposition (gratuite !) au Centre Pompidou.
Gaston Paris, Casino de Paris, vers 1937
Collections Roger-Viollet, Bibliothèque historique de la Ville de Paris • © Gaston Paris/BHVP/Agence Roger-Viollet
Gaston Paris. La photographie en spectacle
Du 19 janvier 2022 au 18 avril 2022
Centre Georges Pompidou • Place Georges Pompidou • 75004 Paris
www.centrepompidou.fr
Gaston Paris, l'œil fantastique
Du 20 janvier 2022 au 23 avril 2022
Galerie Roger-Viollet • 6 Rue de Seine • 75006 Paris
www.roger-viollet.fr
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