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SÉLECTION

Joie ! Les plus belles expositions de 2022

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Publié le , mis à jour le
Visiter le Machu Picchu en plein Paris et frôler le nirvana, chevaucher des licornes médiévales et s’encanailler dans les cabarets berlinois, croiser un serpent cosmique puis mettre le feu aux poubelles, saluer une ange mexicaine et le dieu Raphaël… Du Pérou à la Finlande, la nouvelle année promet de vous emmener aussi loin que l’art le permet !

1. 200 trésors du Pérou à son âge d’or

Ce sera l’exposition blockbuster du printemps, dans la lignée de « Toutânkhamon » (2019), produite par le même opérateur. Masques mochicas stupéfiants, incroyables céramiques zoomorphes et sublimes parures en or… Deux cents objets précolombiens, prêtés principalement par le musée Larco de Lima, seront réunis à la Cité de l’architecture et du patrimoine, qui s’ouvre pour l’occasion aux grandes expositions de civilisation, afin de présenter au public parisien les trésors du patrimoine péruvien. Ces régions andines ont vu se succéder les cultures chavín, nazca, tiahuanaco, huari, chimú, avant de laisser place au puissant empire des Incas. Apparu au début du XIIIe siècle, celui-ci constituera l’apogée de l’ère préhispanique, mais aussi le prélude à la chute, avec l’arrivée des conquistadors et la capture de l’Inca Atahualpa en 1532. Ce formidable panorama archéologique sera étayé par d’importants dispositifs numériques et de réalité virtuelle. Voyage assuré dans les secrets de l’ancienne cité inca de Machu Picchu. S.F.

Trousseau impérial chimú en or, époque impériale (1300-1532)
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Trousseau impérial chimú en or, époque impériale (1300–1532)

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© Musée Larco, Lima

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Machu Picchu et les trésors du Pérou

Du 16 avril 2022 au 4 septembre 2022
Expérience en réalité virtuelle : 15€.

www.citedelarchitecture.fr

2. Des yogis au nirvana

Comment acquérir des pouvoirs supranaturels ? En maîtrisant les secrets, les pratiques (de la méditation au renoncement) et les postures du yoga, c’est ce que promet cette discipline indienne, codifiée aux débuts de notre ère et que tout le monde pense connaître aujourd’hui. Mais est-ce bien le cas ? Grâce à un ensemble exceptionnel de documents picturaux, le musée Guimet explique le yoga dans toutes ses composantes spirituelles et culturelles. Parmi les joyaux exposés, une incroyable peinture déroulant sur 2 mètres l’image de 29 yogis dans différentes postures. De quoi atteindre enfin la sagesse. S.F.

Attribué à Ghulâm Alî Khân ou un artiste de son cercle, Réunion d’ascètes et de yogis autour d’un feu
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Attribué à Ghulâm Alî Khân ou un artiste de son cercle, Réunion d’ascètes et de yogis autour d’un feu, Delhi, vers 1820–1825

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Coll. et © Musée national des arts asiatiques Guimet, Paris, dist. RMN-Grand Palais / Photo Thierry Ollivier

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Ascètes, yogis et soufis

Du 2 février 2022 au 2 mai 2022

www.guimet.fr

3. Le musée de Cluny retrouve sa splendeur

Voilà sept ans déjà que le musée national du Moyen Âge a entamé sa mue. Après plusieurs phases de restauration portant sur les thermes gallo-romains auxquels il est adossé et sur l’hôtel particulier des abbés de Cluny (XVe siècle) qui l’héberge, après l’adjonction d’un pavillon d’accueil paré d’acier Corten (signé Bernard Desmoulin), c’est le parcours muséographique qui a subi un grand lifting, obligeant à une fermeture de près de deux ans. Autrefois classées par techniques, les œuvres ont retrouvé leur cohérence chronologique, de l’Antiquité aux prémices de la Renaissance. Pour le plus grand bonheur des adorateurs de ces chefs-d’œuvre que sont les couronnes wisigothiques, les vitraux de la Sainte-Chapelle ou la tenture de la Dame à la licorne (1484–1538). De quoi devenir addict ! S.F.

Tenture de saint Étienne Le corps du martyr exposé aux bêtes
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Tenture de saint Étienne Le corps du martyr exposé aux bêtes, vers 1500

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Coll. et © Musée de Cluny – Musée national du Moyen Âge, dist. RMN-Grand Palais / Photo Jean- Gilles Berizzi/service presse

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Musée de Cluny – musée national du Moyen Âge

4. Une histoire de l’art hypersensible

Jean Audran, d’après Charles Le Brun, Le Désespoir
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Jean Audran, d’après Charles Le Brun, Le Désespoir, 1727

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Coll. et © Musée du Louvre, dist. RMNGrand Palais / Photo Martine Beck-Coppola/service presse

Frémir de désir comme les Amants dans la campagne (vers 1844) de Courbet, partager la douleur de la Suppliante que peint Picasso en 1937 pendant la guerre d’Espagne, se laisser aller à un grand éclat de rire parmi la foule entassée dans une loge de théâtre que décrit Boilly en 1830, exprimer sa peur en se glissant dans la peau d’une jeune femme surprise par l’orage ou se perdre dans la douce mélancolie d’un appartement silencieux imaginé par Caillebotte… À travers quelque 70 œuvres, depuis Charles Le Brun et son fameux inventaire des Expressions des passions de l’âme jusqu’à l’après-guerre qui tente de redonner un visage au monde déshumanisé, le musée Marmottan Monet explore les multiples facettes des sentiments qui nous gouvernent. Conçu avec la complicité de Georges Vigarello, spécialiste du sujet, le parcours retrace l’histoire des émotions et de leur représentation picturale. Âmes sensibles, ne pas s’abstenir ! D.B.

5. Maillol enfin réhabilité

Il a été un peu le mal-aimé des musées, cantonné à sa petite fondation du VIIe arrondissement parisien qu’avait créée la fidèle Dina Vierny. Maillol le classique est de retour pour une juste remise en perspective. D’abord peintre et passionné de décors, notamment de tapisserie, proche des Nabis et de Rodin, le sculpteur fut l’un des chantres du « retour à l’ordre », sa sculpture puisant ses sources dans la culture antique, réinterprétée tout en rondeurs et suavité. Dans une quête perpétuelle de la perfection. S.F.

Aristide Maillol, Profil de femme
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Aristide Maillol, Profil de femme, vers 1896

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Coll. et © Musée d’Orsay, Paris / Photo Patrice Schmidt

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Aristide Maillol (1861-1944). La quête de l'harmonie

Du 12 avril 2022 au 21 août 2022

www.musee-orsay.fr

6. Chaude saison finlandaise

Le musée Jacquemart-André n’en finit pas de nous surprendre ! Trois ans après l’exposition consacrée au Danois Vilhelm Hammershøi, le Finlandais Akseli Gallen-Kallela (1865–1931) fait l’objet d’une exposition découverte. Peintre majeur du tournant du siècle, formé en partie à Paris, il fut l’un des artisans du réveil culturel de la Finlande, État resté longtemps sous le joug de puissances suédoise et russe. Naturalisme, symbolisme, expressionnisme… Avec une virtuosité rare, Gallen-Kallela a embrassé tout au long de sa carrière des styles très différents. Si le musée d’Orsay lui avait consacré une rétrospective en 2012, qui soulignait notamment ses liens avec la France, le musée Jacquemart-André se penche, lui, sur ses paysages allégoriques célébrant une nature primitive d’une modernité saisissante. Une plongée dans les étendues glacées et enneigées du Grand Nord qui fait écho au travail d’un peintre finlandais dont il était proche : Albert Edelfelt (1854–1905), dévoilé, lui, au Petit Palais. S.d.B.

Akseli Gallen-Kallela, Ad Astra
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Akseli Gallen-Kallela, Ad Astra, 1907

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Coll. et © Fondation Gyllenberg, Helsinki

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Gallen-Kallela. Mythes et nature

Du 11 mars 2022 au 25 juillet 2022

www.musee-jacquemart-andre.com

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Albert Edelfelt. Lumières de Finlande

Du 10 mars 2022 au 10 juillet 2022

www.petitpalais.paris.fr

7. Gaudí, grand d’Espagne

Antoni Gaudí, Miroir mural
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Antoni Gaudí, Miroir mural, entre 1906 et 1910

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© Musée d’Orsay, Paris / Photo R.-G. Ojeda

Figure emblématique de l’Art nouveau (dit modernismo en Espagne), à l’origine d’édifices fantastiques, Antoni Gaudí (1852–1926) a marqué la Catalogne de ses folles audaces, dont la Sagrada Família, à Barcelone, est l’emblème flamboyant. Tout, vous saurez tout (ou presque) sur l’œuvre du génial architecte considéré comme le précurseur du plan libre : son processus créatif, son recours aux formes organiques pour trouver des solutions originales et son atelier, digne d’une bottega de la Renaissance, où de nombreux collaborateurs et artisans s’activaient autour du maestro touche-à-tout. D.B.

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Gaudí

Du 12 avril 2022 au 17 juillet 2022

www.musee-orsay.fr

8. Toyen, la révélation surréaliste

Toyen, Mythe de la lumière
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Toyen, Mythe de la lumière, 1946

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Coll. Moderna Museet, Stockholm • Photo AKG images

Ce sera, à n’en pas douter, l’une des révélations du printemps. Avec ses associations insolites et ses visions oniriques – ombres, silhouettes fantomatiques et formes organiques émergeant de la matière –, Toyen (1902–1980) nous embarque dans un ailleurs d’où l’on ne revient pas indemne. Née Marie Cěrmínová à Prague, elle crée avec le peintre Jindřich Štyrský « l’artificialisme » à la croisée de la peinture et la poésie, avant de fonder, toujours ensemble, le groupe surréaliste tchèque. Après plusieurs séjours à Paris, où elle s’installe en 1947,  elle participera aux expositions de la bande d’André Breton, qui se montre sensible à l’étrangeté et l’érotisme latent de ses toiles. Elle illustrera également plusieurs ouvrages de poésie, dont le premier recueil surréaliste d’Annie Le Brun, qui dirige cette rétrospective parisienne pleine de promesses. D.B.

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Toyen – L’écart absolu

Du 25 mars 2022 au 24 juillet 2022

www.mam.paris.fr

9. Anatomie de l’Allemagne entre deux chaos

C’est une exposition totale, pluridisciplinaire et follement ambitieuse : elle convoquera tous les arts – avec pas moins de 700 objets – pour évoquer cette terrifiante et néanmoins fascinante période de la République de Weimar (1918–1933), qui vit l’Allemagne, entre deux chaos, vaciller. Articulé autour du recueil de portraits photographiques d’August Sander (Hommes du XXe siècle), typologie des groupes sociaux de son temps, le propos se veut une plongée dans le foisonnant courant artistique de la Nouvelle Objectivité, dont les plus célèbres représentants furent Otto Dix, Max Beckmann ou Georg Grosz, auteurs d’une peinture sans fard que les nazis taxeront d’« art dégénéré ». S.F.

Otto Dix, Souvenir de la galerie des glaces à Bruxelles
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Otto Dix, Souvenir de la galerie des glaces à Bruxelles, 1920

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Coll. et © Centre Pompidou – Musée national d’Art moderne, Paris, dist. RMN-GP / Photo Georges Meguerditchian

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Allemagne / Années 20 / La Nouvelle objectivité / August Sander

Du 11 mai 2022 au 5 septembre 2022

www.centrepompidou.fr

10. Des Années folles d’un nouveau genre

Faut-il réécrire l’histoire de l’art, telle qu’on la connaît ? Oui, et un siècle plus tard, il était temps de rendre visibles celles qui ont participé à l’émergence des grands mouvements artistiques de la modernité. Camille Morineau, cofondatrice d’AWARE (association pour la promotion des femmes artistes), a exhumé 45 d’entre elles, peintres, sculptrices, cinéastes, écrivaines, stylistes, danseuses, chorégraphes, etc., célèbres ou non, qui ont, dans cette parenthèse enchantée qu’était le Paris des Années folles, créé sans contrainte et pu vivre de leur art avec une liberté inouïe. S.d.B.

Romaine Brooks, Au bord de la mer (détail)
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Romaine Brooks, Au bord de la mer (détail), 1923

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Coll. et © Musée franco-américain du château de Blérancourt, dist. RMN-Grand Palais / Photo Gérard Blot/service presse

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Pionnières. Artistes dans le Paris des Années folles

Du 2 mars 2022 au 10 juillet 2022

museeduluxembourg.fr

11. De forêt magique en serpent cosmique

Depuis qu’elle a été capitale culturelle en 2004, Lille ne cesse d’organiser des saisons culturelles sous le label Lille3000. Pleins feux sur la question du vivant et de la nature pour cette 6e édition. À noter donc, au sein d’un programme pléthorique, une magnifique exposition sur l’imaginaire de la « Forêt magique » présentée au Palais des beaux-arts, une étrange plongée dans l’univers des non-humains orchestrée par la fondation Cartier au Tripostal, révélant notamment un stupéfiant ensemble d’art amérindien contemporain, ou encore une réflexion sur le Novacène, cette ère qui va succéder à l’Anthropocène auquel on commençait à peine à s’habituer, à la Gare Saint Sauveur. Enfin au musée de l’Hospice Comtesse, Fabrice Bousteau (directeur de Beaux Arts Magazine) présentera son « Serpent cosmique », concept anthropo-philosophique replaçant le chaman au centre du jeu, où transe et communion avec la nature se confondent pour le meilleur de la création artistique. E.L.

Jean-François Fourtou, Nanitos
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Jean-François Fourtou, Nanitos, 2020

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© Photo Maxime Dufour

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Lille3000 – Utopia

Du 14 mai au 2 octobre

Plus de 50 lieux

https://www.lille3000.eu/portail/evenements/utopia

12. Simon Hantaï, en long, en large et en couleurs

Avec Hans Hartung, il fait partie de ces mal-aimés de la peinture moderne redécouverts récemment. À l’occasion du centenaire de sa naissance, Simon Hantaï est célébré avec un florilège de près de 100 peintures, grands formats et pièces exceptionnelles tirées du fonds d’atelier, de ses Peintures à signes à ses Mariales. En écho, la fondation Vuitton réserve son dernier étage à « La couleur en fugue » : une échappée belle de la peinture hors des limites de la toile, à travers des œuvres de Steven Parrino, Niele Toroni ou Katharina Grosse. E.L.

Simon Hantaï, Tabula
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Simon Hantaï, Tabula, 1980

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9 Coll. et © Fondation Louis Vuitton / Photo David Bordes / © Archives Simon Hantaï / ADAGP, Paris, 2021

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Simon Hantaï – L'exposition du centenaire

Du 18 mai 2022 au 29 août 2022

www.fondationlouisvuitton.fr

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La Couleur en fugue

Du 27 avril 2022 au 29 août 2022

www.fondationlouisvuitton.fr

13. Stupéfiante, Nathalie Du Pasquier

Le groupe Memphis a défrayé la chronique du design dans les années 1980, sous la houlette d’Ettore Sottsass. Mais on a longtemps négligé l’une de ses membres, Nathalie Du Pasquier. NDP, signait-elle ses motifs. La redécouverte récente de ses installations a fait sensation ! Grande voyageuse formée en Italie, la Bordelaise a insufflé dans les tissus et tapis de ses débuts le souvenir de l’Afrique, de l’Australie et de l’Inde qu’elle a traversées. À partir de 1987, elle devient peintre à part entière, passant de la nature morte à une abstraction géométrique bientôt déployée en trois dimensions. Elle profite de cette exposition pour animer sa peinture « élargie » d’objets, formes de bois ou céramiques, en un savoureux brouillage de la chronologie. Les murs se font fresque, et le musée devient un ensemble musical où jouent les couleurs entre elles, sans plus de frontière entre postmodernisme, constructivisme et pop art. E.L.

Nathalie Du Pasquier, Campo di Marte
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Nathalie Du Pasquier, Campo di Marte, 2021

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Courtesy Nathalie Du Pasquier / Photo Agnese Bedini et Melania Dalle Grave / DSL Studio

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Nathalie Du Pasquier – Campo di Marte

Du 16 avril 2022 au 18 septembre 2022

mrac.laregion.fr

14. Charles Ray, le sculpteur américain qui émerveille

Charles Ray, Sleeping Woman
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Charles Ray, Sleeping Woman, 2012

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Courtesy Charles Ray Studio

Voilà une initiative de bon voisinage : Charles Ray fait le grand écart entre la Bourse de Commerce et le Centre Pompidou, avec une rétrospective dédoublée. On connaît mal, en France, ce sculpteur américain dont François Pinault a fait l’un de ses porte-drapeaux à Venise, avec son étrange enfant tenant une grenouille en tête de proue de la pointe de la Douane. Imaginée comme un paysage où se promener, l’exposition duelle permettra une approche en profondeur de cette œuvre rare, qui se réfère à l’antique avec une approche contemporaine. « Une sculpture est en puissance un essai écrit dans quatre dimensions de notre monde vécu, les trois dimensions de l’espace et celle du temps », livre l’artiste en indice. E.L.

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Charles Ray à la Bourse de Commerce

Du 16 février 2022 au 20 juin 2022

www.pinaultcollection.com

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Charles Ray au Centre Pompidou

Du 16 février 2022 au 20 juin 2022

www.centrepompidou.fr

15. Iannis Xenakis ou la révolution permanente

Artiste total, précurseur de la musique électronique mais aussi ingénieur, architecte et héros de la Résistance réfugié en France, le compositeur grec Iannis Xenakis aurait eu 100 ans cette année. La Philharmonie lui offre une rétrospective à sa mesure, mise en scène par Jean-Michel Wilmotte et pilotée en partie par sa fille Mâkhi, plasticienne. Y seront notamment recréés la stupéfiante architecture son et lumière du pavillon Philips, qu’il avait conçue avec Le Corbusier pour l’Exposition universelle de Bruxelles de 1958 et l’un de ses opus majeurs, Persephassa, créé en 1969 pour être interprété par un sextuor de percussions dans les ruines de Persépolis (Iran), où le public était placé au centre du dispositif. À ne pas manquer ! S.F.

Iannis Xenakis & Le Corbusier, Maquette du pavillon Philips pour l’Exposition universelle de Bruxelles
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Iannis Xenakis & Le Corbusier, Maquette du pavillon Philips pour l’Exposition universelle de Bruxelles, 1958

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Coll. et © Rijksmuseum, Amsterdam / © FLC / ADAGP, Paris, 2021

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Révolutions Xenakis

Du 10 février 2022 au 26 juin 2022
Ingénieur, architecte et compositeur, dompteur de l’espace et du temps, Iannis Xenakis est à l’honneur à la Philharmonie de Paris. Le parcours retrace sa carrière faite d’inventions géniales où les divers domaines de la création se mêlent et s’épousent pour atteindre l’oeuvre d’art totale. L’ouïe des visiteurs sera particulièrement sollicitée dans un parcours plein de surprises.

philharmoniedeparis.fr

16. Alber Elbaz, too much love

Robe Balenciaga créée pour le défilé hommage à Alber Elbaz, 2021
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Robe Balenciaga créée pour le défilé hommage à Alber Elbaz, 2021

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Filippo Fior

Pour rendre hommage à Alber Elbaz, emporté l’an dernier par le Covid-19, AZ Factory, la griffe qu’il venait de fonder, avait imaginé un défilé de rêve réunissant 46 designers, où se succédaient des robes à traîne, courtes, fluides, imprimées ou à l’effigie du créateur de mode. Le Palais Galliera a reconstitué cet événement dans une exposition qui a pour titre l’adage du couturier : « Love Brings Love » (« L’amour appelle l’amour »). D.B.

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Love Brings Love – Le défilé hommage à Alber Elbaz

Du 5 mars 2022 au 10 juillet 2022

www.palaisgalliera.paris.fr

17. Graciela pleine de grâce

Tous ses chefs-d’œuvre sont là. Il y a Nuestra Señora de las Iguanas, la marchande d’Oaxaca belle comme une Vierge couronnée d’iguanes sur la tête, devenue icône de l’identité indigène. Sa Mujer Ángel qui vole entre plusieurs mondes, avec ses vêtements traditionnels seri et son ghetto-blaster à la main, en plein désert de Sonora. Les bad girls Cholas posant sous les portraits des pères de la Révolution mexicaine à Los Angeles. Et partout des oiseaux, pour nous transporter dans l’inconscient et les rêves de cette immense photographe, née en 1942 à Mexico. Étudiante en cinéma dans les années 1970, elle bifurquera vers la photographie sur les conseils de son professeur Manuel Álvarez Bravo, après la mort de sa fille Claudia, âgée de 6 ans. Passé un premier travail sur les angelitos (les bébés défunts), Iturbide mènera des recherches pour l’Institut national indigéniste et produira ses plus célèbres séries, dont de magnétiques portraits de femmes zapotèques ou juchitán. Circulant entre les vivants et les morts, l’animal et l’inanimé, son regard saisit au vol ce que le réel offre de plus insaisissable. Comme si elle pouvait fixer sur pellicule cette intuition qu’eut André Breton à son arrivée au Mexique, en 1938 : « Jamais auparavant la réalité n’a comblé avec une telle splendeur la promesse de mes rêves. » N.N.

Graciela Iturbide, Mujer zapoteca, Tonalá, Oaxaca
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Graciela Iturbide, Mujer zapoteca, Tonalá, Oaxaca, 1974

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© Graciela Iturbide

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Graciela Iturbide. Heliotropo 37

Du 12 février 2022 au 29 mai 2022

www.fondationcartier.com

18. Quand la BD s’anime

Aussi populaires l’un que l’autre, plébiscités par les publics de tous âges et tous horizons, le 7e et le 9e art ont très tôt tissé des liens indéfectibles. La preuve en images à la Cité de la bande dessinée d’Angoulême qui explore cette relation intense, de Popeye, le comic strip adapté en dessin animé en 1936, à Persepolis, le roman graphique noir et blanc de Marjane Satrapi paru entre 2000 et 2003, devenu un long métrage au succès planétaire. D.B.

« The Popeye Family » d’après Elzie Crisler Segar
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« The Popeye Family » d’après Elzie Crisler Segar, années 1990

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De Popeye à Persepolis – Bande dessinée et cinéma d’animation

Du 27 janvier 2022 au 6 novembre 2022

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