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Ce sera l’exposition blockbuster du printemps, dans la lignée de « Toutânkhamon » (2019), produite par le même opérateur. Masques mochicas stupéfiants, incroyables céramiques zoomorphes et sublimes parures en or… Deux cents objets précolombiens, prêtés principalement par le musée Larco de Lima, seront réunis à la Cité de l’architecture et du patrimoine, qui s’ouvre pour l’occasion aux grandes expositions de civilisation, afin de présenter au public parisien les trésors du patrimoine péruvien. Ces régions andines ont vu se succéder les cultures chavín, nazca, tiahuanaco, huari, chimú, avant de laisser place au puissant empire des Incas. Apparu au début du XIIIe siècle, celui-ci constituera l’apogée de l’ère préhispanique, mais aussi le prélude à la chute, avec l’arrivée des conquistadors et la capture de l’Inca Atahualpa en 1532. Ce formidable panorama archéologique sera étayé par d’importants dispositifs numériques et de réalité virtuelle. Voyage assuré dans les secrets de l’ancienne cité inca de Machu Picchu. S.F.
Trousseau impérial chimú en or, époque impériale (1300–1532)
© Musée Larco, Lima
Machu Picchu et les trésors du Pérou
Du 16 avril 2022 au 4 septembre 2022
Expérience en réalité virtuelle : 15€.
Cité de l'architecture et du patrimoine • 1 Place du Trocadéro et du 11 Novembre • 75116 Paris
www.citedelarchitecture.fr
Comment acquérir des pouvoirs supranaturels ? En maîtrisant les secrets, les pratiques (de la méditation au renoncement) et les postures du yoga, c’est ce que promet cette discipline indienne, codifiée aux débuts de notre ère et que tout le monde pense connaître aujourd’hui. Mais est-ce bien le cas ? Grâce à un ensemble exceptionnel de documents picturaux, le musée Guimet explique le yoga dans toutes ses composantes spirituelles et culturelles. Parmi les joyaux exposés, une incroyable peinture déroulant sur 2 mètres l’image de 29 yogis dans différentes postures. De quoi atteindre enfin la sagesse. S.F.
Attribué à Ghulâm Alî Khân ou un artiste de son cercle, Réunion d’ascètes et de yogis autour d’un feu, Delhi, vers 1820–1825
Coll. et © Musée national des arts asiatiques Guimet, Paris, dist. RMN-Grand Palais / Photo Thierry Ollivier
Ascètes, yogis et soufis
Du 2 février 2022 au 2 mai 2022
Musée national des arts asiatiques – Guimet • 6, place d'Iéna • 75116 Paris
www.guimet.fr
Voilà sept ans déjà que le musée national du Moyen Âge a entamé sa mue. Après plusieurs phases de restauration portant sur les thermes gallo-romains auxquels il est adossé et sur l’hôtel particulier des abbés de Cluny (XVe siècle) qui l’héberge, après l’adjonction d’un pavillon d’accueil paré d’acier Corten (signé Bernard Desmoulin), c’est le parcours muséographique qui a subi un grand lifting, obligeant à une fermeture de près de deux ans. Autrefois classées par techniques, les œuvres ont retrouvé leur cohérence chronologique, de l’Antiquité aux prémices de la Renaissance. Pour le plus grand bonheur des adorateurs de ces chefs-d’œuvre que sont les couronnes wisigothiques, les vitraux de la Sainte-Chapelle ou la tenture de la Dame à la licorne (1484–1538). De quoi devenir addict ! S.F.
Tenture de saint Étienne Le corps du martyr exposé aux bêtes, vers 1500
Coll. et © Musée de Cluny – Musée national du Moyen Âge, dist. RMN-Grand Palais / Photo Jean- Gilles Berizzi/service presse
Jean Audran, d’après Charles Le Brun, Le Désespoir, 1727
Coll. et © Musée du Louvre, dist. RMNGrand Palais / Photo Martine Beck-Coppola/service presse
Frémir de désir comme les Amants dans la campagne (vers 1844) de Courbet, partager la douleur de la Suppliante que peint Picasso en 1937 pendant la guerre d’Espagne, se laisser aller à un grand éclat de rire parmi la foule entassée dans une loge de théâtre que décrit Boilly en 1830, exprimer sa peur en se glissant dans la peau d’une jeune femme surprise par l’orage ou se perdre dans la douce mélancolie d’un appartement silencieux imaginé par Caillebotte… À travers quelque 70 œuvres, depuis Charles Le Brun et son fameux inventaire des Expressions des passions de l’âme jusqu’à l’après-guerre qui tente de redonner un visage au monde déshumanisé, le musée Marmottan Monet explore les multiples facettes des sentiments qui nous gouvernent. Conçu avec la complicité de Georges Vigarello, spécialiste du sujet, le parcours retrace l’histoire des émotions et de leur représentation picturale. Âmes sensibles, ne pas s’abstenir ! D.B.
Il a été un peu le mal-aimé des musées, cantonné à sa petite fondation du VIIe arrondissement parisien qu’avait créée la fidèle Dina Vierny. Maillol le classique est de retour pour une juste remise en perspective. D’abord peintre et passionné de décors, notamment de tapisserie, proche des Nabis et de Rodin, le sculpteur fut l’un des chantres du « retour à l’ordre », sa sculpture puisant ses sources dans la culture antique, réinterprétée tout en rondeurs et suavité. Dans une quête perpétuelle de la perfection. S.F.
Aristide Maillol, Profil de femme, vers 1896
Coll. et © Musée d’Orsay, Paris / Photo Patrice Schmidt
Aristide Maillol (1861-1944). La quête de l'harmonie
Du 12 avril 2022 au 21 août 2022
Musée d'Orsay • Esplanade Valéry Giscard d'Estaing • 75007 Paris
www.musee-orsay.fr
Le musée Jacquemart-André n’en finit pas de nous surprendre ! Trois ans après l’exposition consacrée au Danois Vilhelm Hammershøi, le Finlandais Akseli Gallen-Kallela (1865–1931) fait l’objet d’une exposition découverte. Peintre majeur du tournant du siècle, formé en partie à Paris, il fut l’un des artisans du réveil culturel de la Finlande, État resté longtemps sous le joug de puissances suédoise et russe. Naturalisme, symbolisme, expressionnisme… Avec une virtuosité rare, Gallen-Kallela a embrassé tout au long de sa carrière des styles très différents. Si le musée d’Orsay lui avait consacré une rétrospective en 2012, qui soulignait notamment ses liens avec la France, le musée Jacquemart-André se penche, lui, sur ses paysages allégoriques célébrant une nature primitive d’une modernité saisissante. Une plongée dans les étendues glacées et enneigées du Grand Nord qui fait écho au travail d’un peintre finlandais dont il était proche : Albert Edelfelt (1854–1905), dévoilé, lui, au Petit Palais. S.d.B.
Akseli Gallen-Kallela, Ad Astra, 1907
Coll. et © Fondation Gyllenberg, Helsinki
Gallen-Kallela. Mythes et nature
Du 11 mars 2022 au 25 juillet 2022
www.musee-jacquemart-andre.com
Musée Jacquemart-André • 158, boulevard Haussmann • 75008 Paris
www.musee-jacquemart-andre.com
Albert Edelfelt. Lumières de Finlande
Du 10 mars 2022 au 10 juillet 2022
Petit Palais • Avenue Winston Churchill • 75008 Paris
www.petitpalais.paris.fr
Antoni Gaudí, Miroir mural, entre 1906 et 1910
© Musée d’Orsay, Paris / Photo R.-G. Ojeda
Figure emblématique de l’Art nouveau (dit modernismo en Espagne), à l’origine d’édifices fantastiques, Antoni Gaudí (1852–1926) a marqué la Catalogne de ses folles audaces, dont la Sagrada Família, à Barcelone, est l’emblème flamboyant. Tout, vous saurez tout (ou presque) sur l’œuvre du génial architecte considéré comme le précurseur du plan libre : son processus créatif, son recours aux formes organiques pour trouver des solutions originales et son atelier, digne d’une bottega de la Renaissance, où de nombreux collaborateurs et artisans s’activaient autour du maestro touche-à-tout. D.B.
Gaudí
Du 12 avril 2022 au 17 juillet 2022
Musée d'Orsay • Esplanade Valéry Giscard d'Estaing • 75007 Paris
www.musee-orsay.fr
Toyen, Mythe de la lumière, 1946
Coll. Moderna Museet, Stockholm • Photo AKG images
Ce sera, à n’en pas douter, l’une des révélations du printemps. Avec ses associations insolites et ses visions oniriques – ombres, silhouettes fantomatiques et formes organiques émergeant de la matière –, Toyen (1902–1980) nous embarque dans un ailleurs d’où l’on ne revient pas indemne. Née Marie Cěrmínová à Prague, elle crée avec le peintre Jindřich Štyrský « l’artificialisme » à la croisée de la peinture et la poésie, avant de fonder, toujours ensemble, le groupe surréaliste tchèque. Après plusieurs séjours à Paris, où elle s’installe en 1947, elle participera aux expositions de la bande d’André Breton, qui se montre sensible à l’étrangeté et l’érotisme latent de ses toiles. Elle illustrera également plusieurs ouvrages de poésie, dont le premier recueil surréaliste d’Annie Le Brun, qui dirige cette rétrospective parisienne pleine de promesses. D.B.
Toyen – L’écart absolu
Du 25 mars 2022 au 24 juillet 2022
MAM - Musée d'Art moderne de Paris • 11 Avenue du Président Wilson • 75116 Paris
www.mam.paris.fr
C’est une exposition totale, pluridisciplinaire et follement ambitieuse : elle convoquera tous les arts – avec pas moins de 700 objets – pour évoquer cette terrifiante et néanmoins fascinante période de la République de Weimar (1918–1933), qui vit l’Allemagne, entre deux chaos, vaciller. Articulé autour du recueil de portraits photographiques d’August Sander (Hommes du XXe siècle), typologie des groupes sociaux de son temps, le propos se veut une plongée dans le foisonnant courant artistique de la Nouvelle Objectivité, dont les plus célèbres représentants furent Otto Dix, Max Beckmann ou Georg Grosz, auteurs d’une peinture sans fard que les nazis taxeront d’« art dégénéré ». S.F.
Otto Dix, Souvenir de la galerie des glaces à Bruxelles, 1920
Coll. et © Centre Pompidou – Musée national d’Art moderne, Paris, dist. RMN-GP / Photo Georges Meguerditchian
Allemagne / Années 20 / La Nouvelle objectivité / August Sander
Du 11 mai 2022 au 5 septembre 2022
Centre Georges Pompidou • Place Georges Pompidou • 75004 Paris
www.centrepompidou.fr
Faut-il réécrire l’histoire de l’art, telle qu’on la connaît ? Oui, et un siècle plus tard, il était temps de rendre visibles celles qui ont participé à l’émergence des grands mouvements artistiques de la modernité. Camille Morineau, cofondatrice d’AWARE (association pour la promotion des femmes artistes), a exhumé 45 d’entre elles, peintres, sculptrices, cinéastes, écrivaines, stylistes, danseuses, chorégraphes, etc., célèbres ou non, qui ont, dans cette parenthèse enchantée qu’était le Paris des Années folles, créé sans contrainte et pu vivre de leur art avec une liberté inouïe. S.d.B.
Romaine Brooks, Au bord de la mer (détail), 1923
Coll. et © Musée franco-américain du château de Blérancourt, dist. RMN-Grand Palais / Photo Gérard Blot/service presse
Pionnières. Artistes dans le Paris des Années folles
Du 2 mars 2022 au 10 juillet 2022
Musée du Luxembourg • 19, rue de Vaugirard • 75006 Paris
museeduluxembourg.fr
Depuis qu’elle a été capitale culturelle en 2004, Lille ne cesse d’organiser des saisons culturelles sous le label Lille3000. Pleins feux sur la question du vivant et de la nature pour cette 6e édition. À noter donc, au sein d’un programme pléthorique, une magnifique exposition sur l’imaginaire de la « Forêt magique » présentée au Palais des beaux-arts, une étrange plongée dans l’univers des non-humains orchestrée par la fondation Cartier au Tripostal, révélant notamment un stupéfiant ensemble d’art amérindien contemporain, ou encore une réflexion sur le Novacène, cette ère qui va succéder à l’Anthropocène auquel on commençait à peine à s’habituer, à la Gare Saint Sauveur. Enfin au musée de l’Hospice Comtesse, Fabrice Bousteau (directeur de Beaux Arts Magazine) présentera son « Serpent cosmique », concept anthropo-philosophique replaçant le chaman au centre du jeu, où transe et communion avec la nature se confondent pour le meilleur de la création artistique. E.L.
Jean-François Fourtou, Nanitos, 2020
© Photo Maxime Dufour
Lille3000 – Utopia
Avec Hans Hartung, il fait partie de ces mal-aimés de la peinture moderne redécouverts récemment. À l’occasion du centenaire de sa naissance, Simon Hantaï est célébré avec un florilège de près de 100 peintures, grands formats et pièces exceptionnelles tirées du fonds d’atelier, de ses Peintures à signes à ses Mariales. En écho, la fondation Vuitton réserve son dernier étage à « La couleur en fugue » : une échappée belle de la peinture hors des limites de la toile, à travers des œuvres de Steven Parrino, Niele Toroni ou Katharina Grosse. E.L.
Simon Hantaï, Tabula, 1980
9 Coll. et © Fondation Louis Vuitton / Photo David Bordes / © Archives Simon Hantaï / ADAGP, Paris, 2021
Simon Hantaï – L'exposition du centenaire
Du 18 mai 2022 au 29 août 2022
Fondation Louis Vuitton • 8 avenue du Mahatma Gandhi • 75116 Paris
www.fondationlouisvuitton.fr
La Couleur en fugue
Du 27 avril 2022 au 29 août 2022
Fondation Louis Vuitton • 8 avenue du Mahatma Gandhi • 75116 Paris
www.fondationlouisvuitton.fr
Le groupe Memphis a défrayé la chronique du design dans les années 1980, sous la houlette d’Ettore Sottsass. Mais on a longtemps négligé l’une de ses membres, Nathalie Du Pasquier. NDP, signait-elle ses motifs. La redécouverte récente de ses installations a fait sensation ! Grande voyageuse formée en Italie, la Bordelaise a insufflé dans les tissus et tapis de ses débuts le souvenir de l’Afrique, de l’Australie et de l’Inde qu’elle a traversées. À partir de 1987, elle devient peintre à part entière, passant de la nature morte à une abstraction géométrique bientôt déployée en trois dimensions. Elle profite de cette exposition pour animer sa peinture « élargie » d’objets, formes de bois ou céramiques, en un savoureux brouillage de la chronologie. Les murs se font fresque, et le musée devient un ensemble musical où jouent les couleurs entre elles, sans plus de frontière entre postmodernisme, constructivisme et pop art. E.L.
Nathalie Du Pasquier, Campo di Marte, 2021
Courtesy Nathalie Du Pasquier / Photo Agnese Bedini et Melania Dalle Grave / DSL Studio
Nathalie Du Pasquier – Campo di Marte
Du 16 avril 2022 au 18 septembre 2022
Mrac Occitanie • 146 Avenue de la Plage • 34410 Sérignan
mrac.laregion.fr
Charles Ray, Sleeping Woman, 2012
Courtesy Charles Ray Studio
Voilà une initiative de bon voisinage : Charles Ray fait le grand écart entre la Bourse de Commerce et le Centre Pompidou, avec une rétrospective dédoublée. On connaît mal, en France, ce sculpteur américain dont François Pinault a fait l’un de ses porte-drapeaux à Venise, avec son étrange enfant tenant une grenouille en tête de proue de la pointe de la Douane. Imaginée comme un paysage où se promener, l’exposition duelle permettra une approche en profondeur de cette œuvre rare, qui se réfère à l’antique avec une approche contemporaine. « Une sculpture est en puissance un essai écrit dans quatre dimensions de notre monde vécu, les trois dimensions de l’espace et celle du temps », livre l’artiste en indice. E.L.
Charles Ray à la Bourse de Commerce
Du 16 février 2022 au 20 juin 2022
Bourse de Commerce - Pinault Collection • 2 Rue de Viarmes • 75001 Paris
www.boursedecommerce.fr
Charles Ray au Centre Pompidou
Du 16 février 2022 au 20 juin 2022
Centre Georges Pompidou • Place Georges Pompidou • 75004 Paris
www.centrepompidou.fr
Artiste total, précurseur de la musique électronique mais aussi ingénieur, architecte et héros de la Résistance réfugié en France, le compositeur grec Iannis Xenakis aurait eu 100 ans cette année. La Philharmonie lui offre une rétrospective à sa mesure, mise en scène par Jean-Michel Wilmotte et pilotée en partie par sa fille Mâkhi, plasticienne. Y seront notamment recréés la stupéfiante architecture son et lumière du pavillon Philips, qu’il avait conçue avec Le Corbusier pour l’Exposition universelle de Bruxelles de 1958 et l’un de ses opus majeurs, Persephassa, créé en 1969 pour être interprété par un sextuor de percussions dans les ruines de Persépolis (Iran), où le public était placé au centre du dispositif. À ne pas manquer ! S.F.
Iannis Xenakis & Le Corbusier, Maquette du pavillon Philips pour l’Exposition universelle de Bruxelles, 1958
Coll. et © Rijksmuseum, Amsterdam / © FLC / ADAGP, Paris, 2021
Révolutions Xenakis
Du 10 février 2022 au 26 juin 2022
Ingénieur, architecte et compositeur, dompteur de l’espace et du temps, Iannis Xenakis est à l’honneur à la Philharmonie de Paris. Le parcours retrace sa carrière faite d’inventions géniales où les divers domaines de la création se mêlent et s’épousent pour atteindre l’oeuvre d’art totale. L’ouïe des visiteurs sera particulièrement sollicitée dans un parcours plein de surprises.
Cité de la musique - Philharmonie de Paris • 221, avenue Jean Jaurès • 75019 Paris
philharmoniedeparis.fr
Robe Balenciaga créée pour le défilé hommage à Alber Elbaz, 2021
Filippo Fior
Pour rendre hommage à Alber Elbaz, emporté l’an dernier par le Covid-19, AZ Factory, la griffe qu’il venait de fonder, avait imaginé un défilé de rêve réunissant 46 designers, où se succédaient des robes à traîne, courtes, fluides, imprimées ou à l’effigie du créateur de mode. Le Palais Galliera a reconstitué cet événement dans une exposition qui a pour titre l’adage du couturier : « Love Brings Love » (« L’amour appelle l’amour »). D.B.
Love Brings Love – Le défilé hommage à Alber Elbaz
Du 5 mars 2022 au 10 juillet 2022
Palais Galliera - Musée de la Mode de la Ville de Paris • 10, Avenue Pierre 1er de Serbie • 75016 Paris
palaisgalliera.paris.fr
Tous ses chefs-d’œuvre sont là. Il y a Nuestra Señora de las Iguanas, la marchande d’Oaxaca belle comme une Vierge couronnée d’iguanes sur la tête, devenue icône de l’identité indigène. Sa Mujer Ángel qui vole entre plusieurs mondes, avec ses vêtements traditionnels seri et son ghetto-blaster à la main, en plein désert de Sonora. Les bad girls Cholas posant sous les portraits des pères de la Révolution mexicaine à Los Angeles. Et partout des oiseaux, pour nous transporter dans l’inconscient et les rêves de cette immense photographe, née en 1942 à Mexico. Étudiante en cinéma dans les années 1970, elle bifurquera vers la photographie sur les conseils de son professeur Manuel Álvarez Bravo, après la mort de sa fille Claudia, âgée de 6 ans. Passé un premier travail sur les angelitos (les bébés défunts), Iturbide mènera des recherches pour l’Institut national indigéniste et produira ses plus célèbres séries, dont de magnétiques portraits de femmes zapotèques ou juchitán. Circulant entre les vivants et les morts, l’animal et l’inanimé, son regard saisit au vol ce que le réel offre de plus insaisissable. Comme si elle pouvait fixer sur pellicule cette intuition qu’eut André Breton à son arrivée au Mexique, en 1938 : « Jamais auparavant la réalité n’a comblé avec une telle splendeur la promesse de mes rêves. » N.N.
Graciela Iturbide, Mujer zapoteca, Tonalá, Oaxaca, 1974
© Graciela Iturbide
Graciela Iturbide. Heliotropo 37
Du 12 février 2022 au 29 mai 2022
Fondation Cartier pour l'art contemporain • 2 Place du Palais Royal • 75001 Paris
www.fondationcartier.com
Aussi populaires l’un que l’autre, plébiscités par les publics de tous âges et tous horizons, le 7e et le 9e art ont très tôt tissé des liens indéfectibles. La preuve en images à la Cité de la bande dessinée d’Angoulême qui explore cette relation intense, de Popeye, le comic strip adapté en dessin animé en 1936, à Persepolis, le roman graphique noir et blanc de Marjane Satrapi paru entre 2000 et 2003, devenu un long métrage au succès planétaire. D.B.
« The Popeye Family » d’après Elzie Crisler Segar, années 1990
De Popeye à Persepolis – Bande dessinée et cinéma d’animation
Du 27 janvier 2022 au 6 novembre 2022
Cité internationale de la bande dessinée et de l'image • 121 Rue de Bordeaux • 16000 Angoulême
www.citebd.org
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