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6 expos à ne pas rater à Londres en ce moment

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Londres regorge d’expositions de haute volée. Mais que voir, que choisir ? De la prêtresse de la performance Marina Abramović à la reine du style Gabrielle Chanel en passant par le maître néerlandais Frans Hals, voici six expositions immanquables si vous êtes de passage dans la capitale britannique cet automne et pendant les fêtes !

Mode, art contemporain, maître ancien… : il y en a pour tous les goûts ! Cette saison d’expositions londonienne fait la part belle aux grands solo shows avec Philip Guston à la Tate Modern ou Frans Hals à la National Gallery.

Les queens Sarah Lucas et Marina Abramović s’exposent, quant à elles, rétrospectivement, à la Tate Britain et la Royal Academy. Si vous avez manqué la grande exposition Gabrielle Chanel au Palais Galliera en 2021, le Victoria & Albert Museum vous propose une séance de rattrapage. Faites vos jeux !

1. Les performances de Marina Abramović à la Royal Academy of Arts

Marina Abramović, The House with the Ocean View
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Marina Abramović, The House with the Ocean View, 2002

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performance • 12 jours • Courtesy Sean Kelly Gallery, New York, Marina Abramović Archives / © Marina Abramović / Photo Attilio Maranzano

La Royal Academy of Arts offre à Marina Abramović (née en 1946), mère de la performance élevée au rang d’art, sa première grande rétrospective au Royaume-Uni. La vénérable institution a même pour l’occasion laissé le nu vivant s’infiltrer, de manière inédite, entre ses murs. L’exposition retrace le parcours unique de l’artiste serbe qui depuis plus de cinquante ans fait de son corps son principal matériau, poussant toujours plus loin les limites de ses capacités physiques et mentales. L’occasion de (re)découvrir son œuvre intense et protéiforme, au travers de multiples photos et vidéos de performances passées. En prime, certaines de ses actions majeures sont rejouées, en direct, par d’autres artistes, pendant toute la durée de l’exposition. Les visiteurs sont ainsi invités à passer entre deux performeurs, entièrement nus, se faisant face dans un couloir étroit. Ou encore à observer, dans la dernière salle, la réédition de The House with the Ocean View ; l’artiste avait passé en 2002 douze jours entiers dans la galerie Sean Kelly de New York, évoluant aux yeux de tous dans une maison de poupée grandeur nature sans s’alimenter, et sans distraction autre que ses interactions avec le public. L’ensemble met le spectateur aux prises avec ses propres limites, de manière parfois drôle, souvent touchante et toujours saisissante.

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Marina Abramović

Du 23 septembre 2023 au 1 janvier 2024

www.royalacademy.org.uk

2. Les sculptures irrévérentes de Sarah Lucas à la Tate Britain

Sarah Lucas, À gauche, vue de l’exposition « Happy Gas » 2023 avec « Zen Lovesong », 2023, « Goddess », 2022, et « Eating a Banana », 1990. À droite, « Exacto », 2018
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Sarah Lucas, À gauche, vue de l’exposition « Happy Gas » 2023 avec « Zen Lovesong », 2023, « Goddess », 2022, et « Eating a Banana », 1990. À droite, « Exacto », 2018

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© Sarah Lucas / Photo Tate (Lucy Green). © Sarah Lucas / Courtesy Sarah Lucas, Sadie Coles HQ, Londres

La Tate Britain met à l’honneur la scandaleuse Sarah Lucas (née en 1962), une des figures de proue des Young British Artists du début des années 1990. 75 œuvres sont exposées dans quatre salles à la scénographie théâtrale, sur fond d’autoportraits sans fard et souvent provocants, tirés en grand format et faisant office de papier peint. De drôles d’êtres hybrides aux longues jambes se contorsionnent, sans tête mais armés d’une multitude de seins. Une Jaguar minutieusement recouverte de cigarettes a été coupée en deux et à moitié calcinée. Des chaises étranges, faites de collants rembourrés ou transpercées de tubes phosphorescents, paraissent quasi humaines. D’immenses sandwichs en béton ou polystyrène trônent en majesté, tandis que des cigarettes saillissent des orifices de corps féminins en plâtre… Le titre de l’exposition annonce la couleur : « Happy Gas », ou gaz hilarant, comme celui qui soulage les douleurs dentaires mais dont la consommation abusive peut virer au drame. Les créations de Sarah Lucas, pleines d’un humour grinçant, évoquent le sexe et l’excès, le beau et le laid, la vie et la mort.

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Sarah Lucas : Happy Gas

Du 28 septembre 2023 au 14 janvier 2024

www.tate.org.uk

3. La fresque magistrale de Chris Ofili à la Tate Britain

Chris Ofili, Requiem (détail)
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Chris Ofili, Requiem (détail), 2023

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fresque dans l’escalier nord de la Tate Britain • © & Courtesy Chris Ofili / Photo Thierry Bal

Depuis le 12 septembre, l’escalier nord de la Tate Britain porte haut les couleurs de Chris Ofili (né en 1968). Le musée a chargé l’artiste britannique, qui fut le premier lauréat noir du célèbre prix Turner en 1998, d’imaginer une œuvre in situ. Le résultat, intitulé « Requiem », est une fresque aux couleurs vives et aux accents magiques, s’étalant sur trois murs, entre ciel et mer. Son titre funeste fait référence au tragique incendie d’une tour résidentielle de Londres, qui coûta la vie à 72 personnes en juin 2017. Parmi elles figurait une artiste de 24 ans, Khadija Saye (1992–2017), que Ofili avait rencontrée un mois plus tôt à la Biennale de Venise ; la photographe y présentait une série d’autoportraits au collodion au pavillon de la Diaspora. « Requiem » rend hommage à la jeune femme, dont le visage trône au cœur du mur central, mais aussi à l’ensemble des victimes de l’incendie. Sur le panneau de gauche, un homme courbé tient à bout de bras l’immeuble embrasé dans un ciel rouge orangé, au-dessus d’un océan de larmes. Sur le panneau de droite, deux créatures magiques accueillent les âmes suppliciées dans un jardin paradisiaque. L’œuvre à la fois triste et chaleureuse embarque le spectateur dans une réflexion sur l’injustice, la mort et l’au-delà, et dessine un chemin émouvant entre le hall d’entrée de la Tate et les expositions à l’étage supérieur.

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Chris Ofili : Requiem

Du 1 septembre 2023 au 1 septembre 2024

www.tate.org.uk

4. Le portrait joyeux de la Hollande du XVIIe siècle par Frans Hals à la National Gallery

Frans Hals, À gauche, « Le Cavalier riant », 1624. À gauche, « Le Joueur de luth », vers 1623
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Frans Hals, À gauche, « Le Cavalier riant », 1624. À gauche, « Le Joueur de luth », vers 1623

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huiles sur toile • 83 × 67 cm / 70 cm × 62 cm • © Trustees of the Wallace Collection, Londres / © musée du Louvre, Paris

Un cavalier espiègle, un banquet de joyeux soldats, un joueur de luth tout sourire, un couple de notables ou encore une enfant aux joues roses… Il est peu de sujets que Frans Hals (1582–1666) n’a pas représentés de sa main experte, qui fait de lui l’un des trois plus grands peintres de l’Âge d’or néerlandais, avec ses compatriotes Rembrandt (1606–1669) et Vermeer (1632–1675). Maître du portrait expressif, il a aussi marqué son époque par ses scènes de genre, figurant des commerçants, musiciens, soûlards et autres personnages plus libres que ses commanditaires classiques. La National Gallery a rassemblé, pour la première fois depuis trente ans à Londres, une cinquantaine d’œuvres – rarement vues ensemble – auprès de musées et collections particulières à travers le monde. Ainsi le célèbre Cavalier riant (1624) a-t-il temporairement quitté les murs de la Wallace Collection, phénomène inédit depuis les années 1870. D’autres tableaux exceptionnels, comme Le Banquet des officiers du corps des archers de Saint-Georges (1627), ont voyagé depuis les Pays-Bas. Le tout donne ses lettres de noblesse à un grand artiste, quelque peu mis à l’écart de l’histoire de l’art pendant plus de deux siècles jusqu’à la revalorisation de son style et de son œuvre par les peintres réalistes (comme Gustave Courbet), impressionnistes (tel Claude Monet) et au-delà, puisque Van Gogh s’émerveillait lui aussi de la technique de Hals.

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Frans Hals

Du 30 septembre 2023 au 21 janvier 2024

www.nationalgallery.org.uk

5. La peinture agitée de Philip Guston à la Tate Modern

Philip Guston, The Line
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Philip Guston, The Line, 1978

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huile sur toile • 180,3 × 186,1 cm • Coll. The Metropolitan Museum of Art, New York • © Estate Philip Guston / Courtesy Hauser & Wirth, Londres-New York-Zurich

La Tate Modern rassemble plus de 100 peintures du grand Philip Guston (1913–1980), couvrant plus de cinquante ans d’un parcours impressionnant. Cette première rétrospective depuis vingt ans au Royaume-Uni illustre la diversité de l’œuvre de Guston, de ses débuts sous l’égide du grand muraliste mexicain David Alfaro Siqueiros (1896–1974) au virage abstrait de l’après-guerre, jusqu’à son retour au figuratif à la fin de sa carrière. L’exposition, présentée de manière chronologique, traduit à merveille le tourment prolifique de Guston, qui connut une enfance douloureuse : son père, qui avait fui les persécutions antisémites de l’actuelle Ukraine, se suicida quand il avait dix ans ; son frère mourut dans un accident de voiture quelques années plus tard. L’artiste grandit ensuite dans les années 1920 et 1930, à une époque où les exactions de groupes racistes comme le Ku Klux Klan et la haine anti-juifs étaient légion. Une violence qui a poussé l’artiste à questionner son rôle face à la sauvagerie du monde : « Quel genre d’homme suis-je donc, assis dans mon salon à lire des magazines, rageant de frustration à propos de tout, puis m’en allant dans mon atelier pour ajuster un rouge sur un bleu ? », s’interrogeait-il en pleine guerre du Vietnam dans les années 1960. De ses toiles abstraites aux personnages difformes de la fin de sa vie, en passant par ses peintures controversées inspirées du Ku Klux Klan, l’esprit en ébullition de l’artiste est tangible. Avant d’accéder à l’exposition, ne manquez pas les sublimes tapisseries métalliques de l’artiste ghanéen El Anatsui, qui habillent le monumental Turbine Hall à l’entrée du musée.

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Philip Guston

Du 5 octobre 2023 au 25 février 2024

www.tate.org.uk

6. Le mythe de Gabrielle Chanel au Victoria & Albert Museum

Vue de l’exposition « Gabrielle Chanel. Fashion Manifesto » à The V&A
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Vue de l’exposition « Gabrielle Chanel. Fashion Manifesto » à The V&A, 2023

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© Victoria And Albert Museum, Londres

La première rétrospective jamais consacrée à Gabrielle Chanel (1883–1971) au Royaume-Uni nous emmène sur les traces de la couturière iconique, de ses débuts de modiste en 1910 à sa dernière collection en 1971. L’exposition du Victoria & Albert Museum rassemble plus de 200 looks imaginés par la grande Coco, ainsi que des chapeaux, parfums, sacs, bijoux et autres accessoires qu’elle a soigneusement pensés. La créatrice fascine par son caractère affirmé, son génie entrepreneurial et marketing, sa capacité à réussir en tant que femme d’origine modeste et ses dispositions romanesques : difficile de démêler le vrai du faux dans le récit qu’elle faisait de sa vie ! Ce qui frappe surtout, c’est l’incroyable modernité de son style : dès ses premières pièces, elle étonne en imaginant une nouvelle silhouette féminine beaucoup plus libre de ses mouvements, grâce à des coupes, une construction et des matières à la fois nouvelles et intemporelles. Comme le conclut une citation de 1971 de la journaliste Prudence Glynn à la fin de l’exposition : « Il est impossible de retracer l’évolution picturale de Chanel en tant que designer car elle n’a pas évolué. C’est plutôt la mode qui a évolué autour d’elle. Elle a créé un look dont le succès fut immense quand il fut lancé, et qui a laissé des traces indélébiles dans la mode. »

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Gabrielle Chanel. Fashion Manifesto

Du 16 septembre 2023 au 25 février 2024

www.vam.ac.uk

Retrouvez dans l’Encyclo : Marina Abramović

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