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8 paysages de maîtres à admirer actuellement au musée de Lodève

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Publié le , mis à jour le
Plutôt que d’enfermer leurs chefs-d’œuvre dans des réserves le temps de sa rénovation jusqu’en 2025, le musée des Beaux-Arts de Reims a eu la bonne idée de faire voyager ses collections. Une aubaine pour Ivonne Papin-Drastik, directrice du musée de Lodève, qui a emprunté près de 80 peintures de paysages, depuis l’école de Barbizon aux années 1970, pour son exposition hivernale. Corot, Sisley, Monet ou encore Jongkind : les maîtres défilent… Parcours en huit coups de cœur.
Camille Corot, Mantes (le soir)
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Camille Corot, Mantes (le soir), vers 1860-1865

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Paysage bucolique

Mantes, avec sa haute cathédrale et ses berges de Seine, est le coin idéal près de Paris pour que Camille Corot, fondateur de l’école de Barbizon, puisse dessiner ses compositions directement en pleine nature avant d’exécuter sa toile en atelier. Il y saisit les remous des feuillages et les reflets argentés sur l’eau… Mais organise sa scène exactement comme il l’imagine, fidèle à ses idéaux classiques : ici, deux arbres encadrent la vue sur la ville, comme un rideau d’opéra, et au premier plan, une jeune femme à la coiffe rousse qui cueille du gui s’adresse à un jeune homme agrippé dans les airs à un tronc. Un irrésistible effet brumeux s’en dégage, merveilleusement rehaussé de pointes d’orangé et de rouge.

huile sur toile • 42,7 x 55,8 cm • Coll. musée des Beaux-Arts de Reims • © MBA Reims / Photo Christian Devleeschauwer

Charles-François Daubigny, Ruisseau sous bois
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Charles-François Daubigny, Ruisseau sous bois, 1866

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L’automne au fil de l’eau

Lorsqu’il brossait cette toile, Charles-François Daubigny (1817–1878) naviguait-il sur son bateau-atelier dit « Le Botin » qui lui permettait de peindre ses paysages sur l’eau ? Saisissait-il ses tubes de gouache (fraîchement inventés en 1841) pour appliquer aussitôt ses touches de couleur ? Probablement, car une étonnante fougue se dégage de ce Ruisseau sous bois : c’est l’incarnation même de l’esprit impressionniste, capable de transmettre cette sensation exquise du bruissement des arbres, des feuilles jaunes tombant délicatement sur l’eau jusqu’à former des tapis mordorés…

Huile sur bois • 39 x 67,1 cm • Coll. Musée des Beaux-Arts de Reims • © MBA Reims / Photo Christian Devleeschauwer

Jean-François Millet, Hameau Cousin à Gréville
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Jean-François Millet, Hameau Cousin à Gréville, entre 1854 et 1871 ; date de fin d'exécution : 1873

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Sur une route de campagne…

C’est la dernière fois que ce chef-d’œuvre de Jean-François Millet (1814–1875) voyage. Après l’escale au musée de Lodève, il rentrera définitivement au musée des Beaux-Arts de Reims, bien trop fragile, la peinture s’apprêtant à craqueler. Profitons-en donc pour admirer cette lettre d’amour au monde paysan : au premier plan, un homme charge ses bêtes, décidé à gravir une route caillouteuse et sinueuse qui s’enfonce dans les bois. Pour accentuer la rugosité de sa toile, le peintre aurait ajouté du sable à sa peinture à l’huile ! « Paysan je suis né, paysan je mourrai », disait l’auteur de L’Angélus .

huile sur toile • 74,1 x 92,3 cm • Coll. musée des Beaux-Arts de Reims • © MBA Reims / Photo Christian Devleeschauwer

Claude Monet, Les Rochers de Belle-Île
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Claude Monet, Les Rochers de Belle-Île, 1886

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Vertige à Belle-Île

C’est la seule toile de Claude Monet (1840–1926) présente dans le parcours, mais elle concentre tout son génie : le cadrage et le motif des vagues inspiré des estampes japonaises qu’il collectionne à foison, son extraordinaire sens de la couleur jouant sur les tons complémentaires pour ériger ses contrastes d’ombres et de lumière et surtout, cette capacité à capter l’atmosphère d’un instant donné. À Belle-Île, le peintre se tient courageusement au bord du vide avec son chevalet, bravant les vents forts, pour saisir les différents effets de lumière. Trente-huit autres toiles naîtront de la vue de ces rochers sculptés par la mer.

Huile sur toile • 65,6 x 81,5 cm • Coll. musée des Beaux-Arts de Reims • © MBA Reims / Photo Christian Devleeschauwer

Pierre Auguste Renoir, Paysage
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Pierre Auguste Renoir, Paysage, vers 1890

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De voluptueux feuillages…

Son style doux et velouté se reconnaît entre tous. Pierre-Auguste Renoir (1841–1919), peintre du bonheur, portraitiste et adepte des scènes de bal s’essaye ici au paysage vers 1890 après un retour au Salon officiel. Et quel délice de retrouver sa fabuleuse palette de vert émeraude et cette touche mêlant les effets vaporeux et les stries clairsemées ! Sous son coup de pinceau, les arbres gagnent en volupté, dotés de généreux feuillages… La toile respire grâce aux réserves et aux roses récemment adoptés : c’est sa « période nacrée ».

Huile sur toile marouflé sur bois • 23,4 x 33 cm • Coll. Musée des Beaux-Arts de Reims • © MBA Reims / Photo Christian Devleeschauwer

Maxime Maufra, Féerie Nocturne. Pont d’Iéna. Exposition universelle Paris 1900
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Maxime Maufra, Féerie Nocturne. Pont d’Iéna. Exposition universelle Paris 1900, 1900

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Quand Paris brillait de mille feux

Exposition universelle de 1900 : cinquante millions de visiteurs sont accueillis dans la capitale qui a spécialement construit des pavillons et des édifices pour l’occasion. C’est entre le pont d’Iéna et le Trocadéro que le peintre postimpressionniste Maxime Maufra (1861–1918) décide de restituer cette Féerie nocturne rendue possible grâce à l’électricité. La tour Eiffel se tient comme un phare balayant l’obscurité de son faisceau lumineux et la Seine se retrouve embrasée par les illuminations de la ville. Une péniche aux tons roses et rouges incandescents, semble annoncer les festivités… L’heure n’est pas à l’économie d’énergie !

Huile sur toile • 65,5 x 81,3 cm • Coll. Musée des Beaux-Arts de Reims • © MBA Reims / Photo Christian Devleeschauwer

Henri Martin, La Vallée du Vert au crépuscule
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Henri Martin, La Vallée du Vert au crépuscule, avant 1904

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La gardeuse du val

Un ciel flamboyant, tout en haut du tableau, attire immédiatement l’œil : à la tombée du soir, quand sonne l’Angélus, il balaye les collines d’un rose surnaturel et les dore subtilement. Une gardeuse de chèvres assise dans l’herbe se recueille en pleine pente abrupte, avant de redescendre avec son animal pour le retour des troupeaux, puis le souper. Ici, Henri Martin (1860–1943) excelle dans sa maîtrise de la lumière, quelque peu idéalisée, multipliant les touches courtes et parallèles pour plonger sa toile dans un doux rêve embrumé. Somptueux !

Huile sur toile • 71,5 x 100,3 cm • Coll. Musée des Beaux-Arts de Reims • © MBA Reims / Photo Maryline Begat-Gilson

Denise Esteban, Paysage
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Denise Esteban, Paysage, 1978

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Le goût de l’épure

De toute l’exposition, c’est la seule œuvre peinte par une femme mais aussi la plus contemporaine, puisque ce paysage marin de Denise Esteban (1925–1986) date de 1978, soit plus d’un siècle après le début de l’impressionnisme. Mais si la directrice du musée de Lodève l’a sélectionnée, c’est parce que sa démarche s’apparente à celle des peintres de Barbizon : elle aime sillonner les routes de campagne en voiture, s’arrêter au bord des dunes et de la mer pour saisir sur le motif les lignes épurées des paysages rencontrés. Ses tableaux, généralement de petits formats, incarnent une forme de radicalité émouvante où prédomine une lumière emplie de grâce.

Huile sur toile • 33 x 46 cm • Coll. Musée des Beaux-Arts de Reims • © MBA Reims / Photo Christian Devleeschauwer

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En route vers l'impressionnisme

Du 1 octobre 2022 au 19 mars 2023

www.museedelodeve.fr

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