En partenariat avec Département du Doubs

Auguste Renoir, Chemin montant dans les hautes herbes, Vers 1875
© Photo Josse / Bridgeman Images
Nous voilà au pays de Gustave Courbet (1819–1877), là où le maître du réalisme a puisé ses sujets et ses paysages, là où il arpentait les chemins alentour en grand adepte de la marche. « Pour peindre un pays, il faut le connaître. Moi je connais mon pays, je le peins. Ces sous-bois, c’est chez moi, cette rivière, c’est la Loue, celle-ci le Lison ; ces rochers, ce sont ceux d’Ornans et du Puits-Noir. Allez-y voir, et vous reconnaîtrez tous mes tableaux », disait-il.
Au cœur de cette petite Venise comtoise truffée de maisons à colombages sur pilotis, se trouve, dans la maison natale de Gustave Courbet – aujourd’hui rénovée et agrandie –, le musée qui lui est dédié. Jusqu’au 19 octobre 2025, l’exposition estivale raconte l’importance de la marche dans sa peinture mais aussi dans celle de grands noms de l’époque, de Paul Cezanne à Auguste Renoir.
Car le XIXe siècle en peinture symbolise cette fabuleuse aventure de l’artiste qui quitte les murs de son atelier pour aller peindre sur le motif, directement dans le paysage, et en restituer l’impression, l’expérience… La marche devient un outil de travail autant qu’un loisir, un rituel d’introspection et d’observation du monde.
À gauche : « Le Jeune Casseur de pierre », Gustave Courbet, vers 1865 ; À droite : « Chiffonnier allumant sa pipe », Jean-François Raffaëlli, 1884
À gauche : © Musée départemental Gustave Courbet / Photo : Pierre Guenat ; À droite : © GrandPalaisRmn / Gérard Blot
Certains choisissent de représenter les paysages de leur enfance, ceux qu’ils chérissent, à l’image d’Auguste Pointelin (1839–1933), artiste et professeur de mathématiques qui capte des vues épurées de son Jura bien-aimé ; quand d’autres s’aventurent là où la nature commence, aux portes des grandes villes en pleine industrialisation. Les colonnes fumantes se devinent alors à l’horizon derrière le Chiffonnier allumant sa pipe de Jean-François Raffaëlli (1850–1924).
Partir dans le paysage, à sa recherche, c’est aussi aller à la rencontre de ceux qui le travaillent. Comme Courbet avec son Jeune Casseur de pierre qui figure un enfant probablement croisé sur une route, en train de façonner la roche lui-même par la force de ses bras. Ou encore, bien sûr, Jean-François Millet (1814–1875) qui s’attache à mettre en lumière la vie quotidienne des paysans depuis sa demeure de Barbizon.
Paul Cezanne, Rochers et branches à Bibémus, Entre 1895 et 1904
© Paris Musées / Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris
Près de la forêt de Fontainebleau ou ailleurs, les artistes s’en vont saisir les ciels changeants, les sous-bois, les champs parsemés de coquelicots. Ils élaborent leur toile pour faire pénétrer le regardeur ou – d’après le titre d’un tableau exposé d’Auguste Renoir (1841–1919) prêté par le musée d’Orsay – pour l’inviter à emprunter un Chemin montant dans les hautes herbes. C’est aussi l’occasion d’immortaliser un chêne historique (Le Chêne de Flagey par Courbet) ou une carrière abandonnée (Rochers et branches à Bibémus par Cezanne) pour donner à voir ce qui est enfoui et mérite le coup d’œil.
Pour brosser de tels spectacles, les artistes font parfois face à des situations extrêmes : ils bravent des tempêtes, manquent de se noyer comme Claude Monet à Étretat où il fut avalé par une vague, ou bien s’aventurent dans la glace – en témoigne la toile saisissante de Gabriel Loppé (1825–1913), premier peintre alpiniste, tirée de son ascension au cœur du massif du Mont-Blanc. Sa méthode consiste ainsi à peindre des esquisses sur le vif en altitude, pour réaliser ensuite de vertigineux tableaux dans son chalet-atelier de Chamonix. Tous ces exploits portent leurs fruits : ils donnent naissance à de véritables chefs-d’œuvre immersifs.
Eva Jospin, Stratification 2, 2023
© Photo Ela Bialkowska, OKNO Studio, courtesy the Artist and Galleria Continua, Adagp, Paris, 2025
À la fin de votre visite, n’oubliez pas d’entrer dans la splendide grotte sculptée en carton de la plasticienne Eva Jospin (née en 1975) présentée à l’atelier Courbet, situé à quelques minutes à pied. Tout juste ouvert au public après une longue période de rénovation, c’est ici que l’on y découvre l’œuvre d’une artiste contemporaine qui offre l’occasion de pénétrer un paysage comme on marcherait dans un tableau… Une expérience inoubliable.
Paysages de marche. Dans les traces de Rousseau, Courbet, Renoir, Cézanne et les autres
Du 28 juin 2025 au 19 octobre 2025
Musée Courbet • 1, place Robert-Fernier • 25290 Ornans
www.doubs.fr
Eva Jospin, chambre d’écho
Du 28 juin 2025 au 19 octobre 2025
Atelier Courbet • 14 Avenue Mal de Lattre de Tassigny • 25290 Ornans
musee-courbet.fr
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