Art ancien

Au musée Guimet, portrait du Kazakhstan en cinq « trésors de la Grande Steppe »

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Vue de l’exposition “Kazakhstan. Trésors de la Grande Steppe”
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Vue de l’exposition “Kazakhstan. Trésors de la Grande Steppe”

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© Lola Moser

En apparence, c’est une toute petite exposition. 80 mètres carrés pour cinq ensembles d’œuvres… Mais l’ambition du musée Guimet est grande : faire le portrait d’un pays, le Kazakhstan, en cinq étapes allant du troisième millénaire avant J.-C. jusqu’au XVIIIe siècle. Portrait qu’il fait également en autant de pratiques artistiques différentes, avec une sculpture, des éléments d’orfèvrerie, des stèles funéraires, des chandeliers géants et une spectaculaire tenue d’apparat.

« Kazakhstan. Trésors de la Grande Steppe » fait donc beaucoup avec peu d’objets, et réussit à immerger littéralement ses visiteurs dans les paysages de cet État d’Asie centrale grâce à des projections vidéo sur les murs, accompagnées d’une bande-son rêveuse. Imaginé par le scénographe Sylvain Roca, l’ensemble compose un écrin à plus d’un titre stimulant pour ces trésors exceptionnellement prêtés par plusieurs musées kazakhs.

L’origine du Kazakhstan

Entre l’Europe et l’Asie, l’histoire du Kazakhstan commence avec des peuples nomades qui, dès l’Antiquité, font sortir de terre d’importants centres urbains. Le commerce se développe, une culture se constitue, façonnée par les Huns, les Scythes et les tribus turciques. Première étape du parcours : le Penseur de Tobyl, aussi appelé « l’Homme scrutant le ciel », petite sculpture anthropomorphe datée entre le IIIe et le IIe millénaire avant notre ère, remontant à une période fondamentale pour la culture kazakhe, notamment marquée par la domestication du cheval.

« Le Penseur de Tobyl » et un « Balbal féminin »
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« Le Penseur de Tobyl » et un « Balbal féminin »

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© Lola Moser

Un bond dans le temps nous mène face aux éléments d’ornementation de l’Homme d’or, façonnés au milieu du millénaire avant notre ère pour un seigneur inconnu. Le raffinement et la finesse de chacune des pièces racontent la vénération des nomades pour leur chef. Changement d’époque mais aussi d’échelle avec les balbal, des stèles funéraires mégalithiques réalisées entre les IXe et XIe siècles par les tribus turciques ; l’une est masculine, l’autre féminine, toutes deux affichant des traits très schématisés et une élégance rigide.

Finesse décorative

Chapan
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Chapan

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© Lola Moser

Puis, c’est devant deux impressionnants chandeliers que l’on s’arrête : destinés à orner le mausolée d’un poète soufi du XIIe siècle, Ahmet Yasawi, ceux-ci témoignent de la richesse de l’art décoratif islamique de l’époque timouride. Le mausolée en lui-même est remarquable pour les solutions architecturales innovantes qu’ont déployé ses concepteurs, par exemple pour ses décors en briques ornées de motifs géométriques, repris plus tard pour la construction de la capitale de l’empire timouride, Samarcande.

Enfin, le parcours se termine en beauté avec un chapan, ample manteau de soie cousu d’or et d’argent, propriété de l’homme d’État Kazybeck biy Keldibekuly (1667–1764). L’époque ici illustrée est capitale pour le Kazakhstan puisque c’est l’administration du Khanat kazakh (1465–1718) qui est au fondement de la nation de communauté culturelle et ethnique pour les Kazakhs. Fin du voyage – à moins que tout ceci vous donne envie de prendre un billet pour le Kazakhstan ?

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Kazakhstan. Trésors de la Grande Steppe

Du 6 novembre 2024 au 24 mars 2025

www.guimet.fr

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