Toussaint, Jour des morts, Halloween… Alors que l’automne est bien installé, la période est propice aux promenades ou au recueillement dans les cimetières. Parce qu’ils sont situés dans des environnements naturels somptueux ou qu’ils abritent des mausolées à l’architecture remarquable, certains sont d’ailleurs considérés comme de véritables musées à ciel ouvert.
C’est bien sûr le cas du Père-Lachaise à Paris – qui avec ses trois millions de touristes par an est le cimetière le plus visité au monde –, mais aussi du Skogskyrkogården à Stockholm, inscrit à l’UNESCO, ou encore du cimetière monumental de Staglieno à Gênes avec ses fantômes figés dans le marbre. Autant de trésors du patrimoine funéraire à visiter au moins une fois dans sa vie… Avant qu’il ne soit trop tard !
Le cimetière du Père-Lachaise et ses couleurs d’automne
© Franck Guiziou / Hemis
Le point commun entre Théodore Géricault, Jim Morrison et Marcel Proust ? Le peintre, la star du rock et l’écrivain sont enterrés au Père-Lachaise ! Situé dans l’est parisien, le célèbre cimetière attire chaque année près de trois millions de touristes venus admirer les sépultures de ses illustres occupants comme celles des dizaines de milliers d’anonymes qui reposent à leurs côtés. Il faut dire qu’il s’agit d’un lieu de promenade particulièrement agréable, qui offre en prime un splendide panorama sur la capitale… Le meilleur moment pour arpenter ses allées sinueuses ? À l’automne bien sûr, lorsque les nombreux arbres du cimetière se teintent d’ocre et les feuilles mortes tapissent les pavés.
Les sépultures aux allures de maisonnettes du cimetière de Morne-à-l’Eau, en Guadeloupe
© Micah Rubin / Alamy / Hemis
Comme accroché à flanc d’un amphithéâtre naturel, le cimetière de Morne-à-l’Eau, situé à une quinzaine de kilomètres de Pointe-à-Pitre, est l’un des joyaux de la Guadeloupe. Ce qui fait sa particularité ? La beauté de ses sépultures qui, quand elles ne sont pas habillées de carreaux noir et blanc, ont des allures de maisonnettes dotées de terrasses ou de toits en pente. Le lieu est particulièrement magique lors des célébrations de la Toussaint, quand les familles des défunts illuminent les tombes de leurs proches à l’aide de bougies : un spectacle presque irréel et émouvant.
Les stèles enchevêtrées du Vieux cimetière Juif de Prague
© Jacques Sierpinski / Hemis
Sous ce dédale de 12 000 pierres tombales, comme enchevêtrées dans un écrin de verdure au cœur du quartier juif de Prague, on compterait en réalité plus de 100 000 corps, inhumés entre les XVe et XVIIIe siècles ! C’est ce qui fait la particularité de ce cimetière, devenu aujourd’hui l’un des principaux sites touristiques de la capitale tchèque. Préservé malgré l’occupation de Prague pendant la Seconde Guerre mondiale, il constitue un fascinant témoignage de l’histoire de la communauté juive de la ville.
Okuno-in, un lieu de pèlerinage sacré sur le mont Kōya au Japon
© Pascal Mannaerts / Hemis
Situé sur le mont Kōya, dans la région du Kansai au Japon, Okuno-in est un lieu de pèlerinage sacré. Avec ses quelque 200 000 tombes et sa centaine de temples veillés par de majestueux cèdres centenaires, il s’agit du plus grand cimetière de l’archipel. C’est ici que s’élève le mausolée du grand prêtre Kūkai (774–835). Plus connu sous le nom de Kōbō-Daishi, il est reconnu comme le saint fondateur de l’école bouddhiste Shingon. La légende raconte que ce moine, pilier de la civilisation japonaise, ne serait pas mort mais plongé dans un état de méditation éternel…
Tombe de R. Pienovi par Giovanni Battista Villa, « La veuve penchée sur le lit de son mari » (1879) au cimetière monumental de Staglieno, Gênes
© René Mattes / Hemis
Voilà qui ressemble à un véritable musée à ciel ouvert ! À Gênes, le cimetière monumental de Staglieno est peuplé d’un nombre impressionnant de statues et de monuments sculptés (que l’on compte en milliers) aux influences tantôt néoclassique, symboliste, Art nouveau ou bien sûr réaliste. Figées dans des expressions d’immense chagrin et de douleur, ces figures en marbre ont des allures de fantômes venus hanter le monde des vivants… Un lieu bouleversant qui compte parmi « les merveilles du monde », selon l’écrivain américain Ernest Hemingway.
Les couleurs chatoyantes du cimetière joyeux de Săpânța, en Roumanie
© Camille Moirenc / Hemis
Halte aux idées reçues : tous les cimetières ne sont pas des lieux mélancoliques ! La preuve en Roumanie, où se situe le cimetière joyeux (c’est son nom !) de Săpânța. Ici la mort est certes une fatalité, mais elle se célèbre comme une véritable fête ! Ses 800 stèles sont ainsi peintes d’un bleu éclatant, symbole d’espoir et de liberté, et ornées de motifs sculptés aux couleurs chatoyantes. Chacune d’entre elles représente le défunt occupé à ses activités quotidiennes – aux fourneaux, sur un tracteur… – et sont agrémentées d’épitaphes souvent truculentes.
Le Skogskyrkogården de Stockholm, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO
© Andreas Wincent / Hemis
Niché au cœur d’une forêt de pins en bordure de la ville, le paisible cimetière boisé de Stockholm porte bien son nom. Conçu à la fin des années 1910, il est l’œuvre des architectes suédois Gunnar Asplund et Sigurd Lewerentz. Ici, pas d’alignement de sépultures le long d’allées monotones. Les pierres tombales sont plantées dans l’herbe, au pied des arbres. La chapelle vaut elle aussi qu’on s’y attarde : elle est considérée comme un chef-d’œuvre de l’architecture néoclassique suédoise. On comprend mieux pourquoi le Skogskyrkogården est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Vue imprenable sur Manhattan depuis le Green-Wood Cimetery de Brooklyn
© Karla Rosenberg / Alamy / Hemis
Pour profiter de l’une des plus belles vues sur la skyline de Manhattan, il faut se rendre… au cimetière ! Plus précisément au Green-Wood Cimetery, perché sur une colline de Brooklyn depuis 1838. Quelque 500 000 corps reposent dans ce somptueux jardin à l’anglaise qui abrite aussi une faune remarquable. On compte parmi elles plusieurs illustres personnages : le peintre Jean-Michel Basquiat, le compositeur Leonard Bernstein ou encore l’artiste et scientifique Samuel Morse, inventeur du célèbre alphabet codé…
Vestiges du cimetière de Glendalough, qui surplombe une vallée verdoyante en Irlande
© Daryl Mulvihill / Alamy / Hemis
À l’origine du site de Glendalough, il y a Caoimhín, un ermite qui décida au VIe siècle de s’installer dans cette paisible vallée située en bordure du Lower Lake. Il entraîna dans son sillage une communauté de moines qui fit bâtir le vaste monastère de saint Kevin, dont il ne reste aujourd’hui que des ruines. On peut encore admirer parmi ses vestiges son somptueux cimetière qui surplombe la vallée, comme un bijou serti de montagnes verdoyantes… Un décor exceptionnel que n’auraient certainement pas boudé les peintres romantiques.
Le cimetière de la Recoleta, au cœur du centre historique de Buenos Aires
© Hemis / Image source
Comme une ville dans la ville. Dans le cimetière de la Recoleta, niché dans le centre historique de Buenos Aires, les mausolées s’alignent le long d’étroites allées comme des maisonnettes le long d’un trottoir. Le style de ces architectures de marbre, pour la plupart remarquables, oscille entre Art nouveau, néogothique et Art déco. C’est ce qui explique pourquoi ce cimetière, véritable Père-Lachaise argentin, soit devenu au fil des décennies une étape touristique incontournable. Plusieurs personnalités y sont inhumées, parmi lesquelles figure l’actrice et femme politique Eva Perón.
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