GALERIE LES FILLES DU CALVAIRE

Britney Spears de l’autre côté du miroir, dans une surprenante expo à Paris

Par • le
Mark Seliger, Britney Spears
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Mark Seliger, Britney Spears, 2001

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Tirage argentique • 20 x 25 cm • Courtesy Marty de Montereau

Il était une fois une adolescente de 17 ans devenue idole planétaire avec son tube « Baby One More Time ». Un conte de fée ? Pas vraiment… La galerie Les filles du calvaire raconte dans son exposition « Failures », qui réunit une quinzaine d’artistes aux médiums variés (peinture, collage, sculpture, photographie…), le parcours tumultueux de Britney Spears, enfant star hypersexualisée et hyper-médiatisée, devenue machine à cash mise sous tutelle par sa famille pendant 13 ans. Un sujet donc moins lisse et léger qu’il n’y paraît…

Le commissaire Marty de Montereau établit même tout au long de son accrochage une comparaison inattendue entre l’icône de la pop et l’héroïne d’Alice au pays des merveilles. Leur point commun ? Tomber dans une réalité parallèle absurde dont elles finissent par se trouver prisonnières.

Un monde aussi trash que kitsch

Lise Stoufflet, Disproportions
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Lise Stoufflet, Disproportions, 2023

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Huile sur toile • 170 × 120 cm • Courtesy Galerie PACT

Le regard de Britney ne nous quitte pas : dès l’entrée, elle nous toise à travers l’immense cliché en noir et blanc de Mark Seliger [ill. en Une]. À ses côtés, une galerie de portraits de jeunes femmes, en petit format, telles Marilyn Monroe, Audrey Hepburn ou encore Kate Moss, se mêlant à d’illustres inconnues, toutes peintes par Katinka Lampe. Plus loin, une huile sur toile de Lise Stoufflet laisse échapper l’œil bleu d’une géante, cachée derrière un rideau violet.

Petit à petit, c’est un monde aussi trash que kitsch qui se dévoile en coulisse… Le manoir de celle que l’on surnomme la « princesse de la pop » a été modélisé en 3D, version noir ébène, par Corentin Darré dans une maquette intitulée La cabane hurlante.

À gauche, « La cabane hurlante » de Corentin Darré, 2023. À droite « Inemuri 07 » d’Emilie Pitoiset, 2023
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À gauche, « La cabane hurlante » de Corentin Darré, 2023. À droite « Inemuri 07 » d’Emilie Pitoiset, 2023

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Maison de poupée d’occasion, peinture acrylique, lettrage en plastique / Tirage fine art • 180 × 100 × 40 cm / 106,68 × 142,24 cm

Les sculptures réalisées à partir de faux ongles chromés par Frances Goodman viennent compléter ce décor mi-féerique mi-horrifique. Celui d’une enfance maltraitée, où une montagne multicolore de petites pilules, sculptée par l’artiste sud-africaine, se dresse à côté d’un déluge de doudous, photographié par Émilie Pitoiset.

L’hymne d’une génération

Léo Fourdrinier, My Loneliness Is Killing Me
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Léo Fourdrinier, My Loneliness Is Killing Me, 2024

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Néon • 150 × 40 cm • Courtesy Léo Fourdrinier et Les filles du Calvaire, Paris / © ADAGP, Paris, 2024

Disséminées dans tout le parcours, les délicates sculptures de Julia Haumont disent aussi l’ennui et la tristesse de la jeune égérie, propulsée dans un monde d’adultes malveillants. Ces fillettes en céramique paraissent toutes hurler intérieurement les paroles « My loneliness is killing me » (« Ma solitude me tue ») du morceau culte « Baby One More Time ».

Celles-ci s’affichent d’ailleurs en lettres de néons dans une œuvre signée Léo Fourdrinier. Un refrain entêtant devenu l’hymne d’une génération, qui semble toutefois exprimer déjà la détresse de la chanteuse américaine. Mais aussi, en creux, l’échec d’une société qui a assisté en direct à sa chute. D’où le titre : « Failures ».

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Failures

Du 29 juin 2024 au 21 septembre 2024

www.fillesducalvaire.com

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