Les galeries parisiennes regorgent d’une foisonnante actualité en ces mois de mai et juin 2024 ! Nous avons épluché la programmation de la capitale et retenu pour vous quelques expos qui valent le coup d’œil.
De Lionel Sabatté aux toiles de la Japonaise Tomona Matsukawa, l’émotion est au rendez-vous ! Notamment avec les œuvres inédites de Marc Chagall dévoilées à la galerie Larock-Granoff, qui fête ses cent ans d’existence. On rêve face à l’inquiétant onirisme de Stanislao Lepri, amant de Leonor Fini, dont les tableaux sont présentés à la galerie Raphaël Durazzo. Chez Magda Danysz, qui défend depuis de nombreuses années la jeune création, en particulier le street art, on découvre la fabrique des installations éphémères de Saype.
Fresque éphémère réalisée par l’artiste Saype et photographiée sur l’un des sommets des montagnes de Villars-sur-Ollon en Suisse
Courtesy Galerie Danysz / © Saype
Entre land art et street art, l’œuvre de Guillaume Legros (né en 1989), plus connu sous le nom de Saype, se fraye un chemin en galerie ! Depuis plusieurs années, ce jeune artiste français se fait remarquer avec ses immenses fresques humanistes et éphémères réalisées au sol, le plus souvent dans l’herbe. Ce sont des gestes d’amitié, des mains tendues d’une frontière à l’autre… Une manière, selon Saype, d’« impacter les mentalités sans impacter la nature ». En 2018, son projet autofinancé, réalisé au cœur de Genève pour soutenir l’association SOS Méditerranée, a été vu par 120 millions de personnes dans le monde entier. L’année suivante, le magazine Forbes l’a désigné comme l’une des trente personnalités de moins de 30 ans les plus influentes dans l’art et la culture. À l’instar de Jeanne-Claude et Christo, Saype capte ses interventions artistiques grâce à des photographies ; il conserve aussi leur genèse à travers des esquisses et études préparatoires, pour la première fois mises en vente à la galerie Magda Danysz.
Saype - Timeshot
Du 25 avril 2024 au 15 juin 2024
Galerie Magda Danysz • 78, rue Amelot • 75011 Paris
magdagallery.com
Marc Chagall, Le Loup et la cigogne (détail), vers 1927
Gouache, encre et crayon Noir • 41 × 51 cm • Coll. particulière • Courtesy Galerie Larock-Granof / © Adagp, Paris 2024
Il y a 100 ans, Katia Granoff (1895–1989) fondatrice de la galerie Larock-Granoff, fait ses premiers pas dans le monde de l’art et ose. Avant-gardiste, elle souhaite défendre les artistes de son époque : « Entre les peintres et moi, il faut qu’il y ait un mariage spirituel, un contact très fort », disait la passionnée. Son premier coup de foudre est pour un certain Marc Chagall (1887–1985). Pour célébrer son centième anniversaire, la galerie propose de plonger dans l’univers fabuleux de l’artiste, et dévoile une réunion exceptionnelle d’œuvres du père du plafond de l’Opéra Garnier : une vingtaine d’œuvres de la série « Les Fables de La Fontaine », réalisée en 1926–1927, ainsi que dix œuvres plus récentes sont exposées pour la première fois.
Marc Chagall – Un rêve fabuleux
Du 16 mai 2024 au 29 juin 2024
Galerie Larock-Granoff • 13 Quai de Conti • 75006 Paris
larock-granoff.fr
Un week-end spécial à voir
Les 24, 25 et 26 mai 2024
Dans le cadre du Paris Gallery Weekend, les 24, 25 et 26 mai 2024, et en collaboration avec l’Association des amis de Marc Chagall, les visiteurs pourront découvrir des extraits inédits de la correspondance qui débuta en 1923 entre Katia Granoff et Marc Chagall, dévoilant pour la première fois leur relation toute particulière.
Tomona Matsukawa, Finally, 2024
Huile sur toile de lin montée sur panneau • 41 × 27 cm • Coll. particulière • Courtesy Galerie Ceysson & Bénétière
Cet hiver, la Japonaise Tomona Matsukawa (née en 1987) s’est posée pour deux mois lors d’une résidence à La Chaulme, que propose la galerie Ceysson & Bénétière à ses artistes en les accueillant à près de 1 200 mètres d’altitude dans les monts du Forez, au cœur de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Elle revient à Paris chez ses hôtes nous livrer le fruit de cette expérience avec une série de tableaux réalistes saisissants. L’artiste prend la vie par le détail : le menu resté au bord de l’assiette, la nappe froissée, la petite phrase, le non-dit… Une intimité qu’elle transcrit sur la toile avec une sensibilité palpable.
Tomona Matsukawa - As I am
Du 16 mai 2024 au 13 juillet 2024
Galerie Ceysson & Bénétière • 23 Rue du Renard • 75004 Paris
www.ceyssonbenetiere.com
Lionel Sabatté, La Pêche, 2024
Monotype, goudron de marée noire, huile et pigment sur papier, • 50 × 66 cm • Coll. particulière • Courtesy Galerie 8+4 / © Adagp, Paris 2024 / Photo Studio LS
Rien ne se perd… pas même la poussière. Lionel Sabatté (né en 1975), que l’on a vu l’an dernier dans une magnifique exposition au château de Chambord, revient pour la deuxième fois à la galerie 8+4 avec un travail inédit, né de longues recherches et placé sous le signe du vivant, de la nature, de la mer. Précisément, c’est une « zoocénose » que nous propose Lionel Sabatté, reprenant là le concept écologique d’une communauté animale vivante, naturelle et interdépendante. L’idée était déjà en germe depuis plusieurs années dans la série des « Poussièrographies » où Sabatté fait de la poussière la matière vivante de ses photographies. Une exploration qu’il prolonge en passant à la gravure les moutons qui dorment sous nos tapis. Repoussant toujours les limites de la matière, le goudron des marées noires, incrustées sur les côtes bretonnes, se mue en monstres marins et étranges sirènes sur les monotypes que l’artiste invente à partir de filets de pêches glanés sur les rivages de son enfance. Au total, une trentaine d’œuvres inédites sur papier sont dévoilées au côté de la première tapisserie de l’artiste.
Stanislao Lepri, Exode, 1976
Huile sur toile • 97 × 195 cm • Coll. particulière • Courtesy Galerie Raphaël Durazzo / Photo Riccardo Gasperoni / © Adagp, Paris 2024
Né à Rome en 1905 dans une famille aristocratique conservatrice, Stanislao Lepri a eu deux vies. D’abord comme diplomate menant une carrière de consul italien à Monaco puis en Belgique. Jusqu’à croiser celle qui va bouleverser sa trajectoire toute tracée : rencontrée dans un cinéma de Monte-Carlo, la surréaliste Leonor Fini (1908–1996) va l’encourager à peindre et, plus tard, à imaginer des scénographies et costumes de théâtre. À 37 ans, c’est un tournant. En 1946, installé à Paris dans le Marais avec Leonor Fini et l’intellectuel polonais Constantin Jelenski, Stanislao Lepri forme un trouple. Jusqu’à sa disparition en 1980, il exposera un peu partout en Europe ses œuvres oniriques teintées de mélancolie. Sous un halo de mystère, on y lit les tiraillements de l’artiste, ses craquelures.
Stanislao Lepri
Du 25 avril 2024 au 22 juin 2024
Galerie Raphaël Durazzo • 23 Rue du Cirque • 75008 Paris
www.raphaeldurazzo.com
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