Yan Pei-Ming, Portrait de Pierre Fabre, 2014
Acrylique sur toile, triptyque • 150 x 100 cm • Coll. Pierre Fabre, Castres • Photo Vincent Boutin / © Adagp, Paris 2024
Charles Liozu, Le Pharmacien, 1893
Un pharmacien anonyme
Il est concentré au travail derrière son bureau, où s’amassent les ouvrages et les flacons sont alignés. Représentation fidèle du métier de pharmacien, ce tableau de la collection Pierre Fabre devait lui évoquer sa vocation. La toile est l’œuvre de Charles Liozu, artiste tarnais du XIXe siècle, qui fut professeur de dessin et conservateur à Albi. C’est ici que l’inventeur de la dermato-cosmétique a acheté nombre d’œuvres lors de ventes aux enchères, avec la volonté de promouvoir les artistes locaux, loin des modes et des tendances.
Huile sur toile • 141 x 96 cm • Coll. Pierre Fabre, Castres • Photo Vincent Boutin
Yves Brayer, Paysage de Fiesole, 1952
Un goût pour le paysage
Surreprésenté au sein du fonds Pierre Fabre, le paysage avait la faveur du pharmacien. À l’exception de quelques rares toiles anciennes et de l’école de Barbizon, la collection offre un panorama de la première moitié du XXe siècle. Sans les exclure totalement (Lhote, Friesz…), Pierre Fabre évite les grandes signatures. Son amour du pays le conduit vers les petits panneaux plus confidentiels mais néanmoins virtuoses d’Albert Regagnon, les paysages d’Henri Marre ou les vues italiennes d’Yves Brayer, grand voyageur et consacré maître du Midi.
Huile sur toile • 38 x 55 cm • Coll. Pierre Fabre, Castres • Photo Vincent Boutin
Suzanne Valadon, Le Lever, 1920
Suzanne Valadon au pastel
Si Pierre Fabre agit au coup de cœur, cela ne l’empêche pas d’acquérir de fameux noms de l’histoire de l’art. Ainsi de Suzanne Valadon, artiste et modèle emblématique de la bohème Montmartroise et des premières à oser représenter des nus masculins. Ce pastel de 1920 montrant une femme au lever affairée à sa toilette rappelle la veine de Toulouse-Lautrec, ami et amant de Suzanne Valadon.
Pastel • 31 x 34 cm • Coll. Pierre Fabre, Castres • Photo Vincent Boutin
Emile Gallé, Grand vase aux iris, début du XXe siècle
Vase Gallé aux iris
La végétal fascine Pierre Fabre. Pour le scientifique, il est une curiosité, une source de bienfaits pour le pharmacien, un objet d’admiration esthétique pour le chef d’entreprise. Cette passion est visible à travers nombre d’objets de sa collection, dont les verreries Art nouveau, mouvement qui cultive son inspiration dans la faune et la flore, à l’instar des vases du Nancéien Émile Gallé. Sur cet exemple s’épanouissent des iris, fleurs très prisées de Gallé. Gravées en noir à la manière des ombres chinoises, les corolles et les tiges graciles se détachent sur un fond lumineux. Les couleurs complémentaires mauve et jaune apportent une grande profondeur et simulent comme un coucher de soleil.
Pâte de verre • 36 cm • Coll. Pierre Fabre, Castres • Photo Vincent Boutin
Utagawa Kunisada, Subibae, 1830 -1839
Estampe du « monde flottant »
Dès les années 1980, Pierre Fabre se tourne vers le pays du Soleil levant. La rencontre avec Yoshiharu Fukuhara, petit-fils du fondateur de la marque de cosmétique Shiseïdo, inaugure une relation fructueuse. Les deux hommes partagent une culture familiale forte et un goût prononcé pour l’art. Au fil des ans, la marque Eau Thermale Avène va conquérir la peau des Japonaises tandis que les murs du Domaine du Carla, propriété de Pierre Fabre, à Castres, se couvrent d’estampes nippones. Ainsi de cette œuvre d’Utagawa Kunisada, portraitiste très célèbre de la période Edo, inspiré du roman de Ryūtei Tanehiko, L’imitation de Murasaki et le Genji rustique, édité en 1825.
Estampe • 39 x 26,5 cm • Coll. Pierre Fabre, Castres • Photo Vincent Boutin
Bernard Buffet, Bouquet de fleurs, 1981
Bernard Buffet en bouquet final
Du XIXe siècle aux années 1980, Pierre Fabre collectionne par bouquet les natures mortes. En particulier, lorsqu’il s’agit de fleurs cueillies par des peintres modernes, tels ces saisissantes marguerites de Bernard Buffet. Plus jeune académicien de son époque lorsqu’il est admis sous la Coupole en 1974, ce peintre formé à l’école de Paris se distingue par ses lignes nettes, ses grands traits noirs et ses couleurs vives qui caractérisent un style expressionniste empreint de mélancolie et une certaine noirceur.
Huile sur toile • 73,5 x 54 cm • Coll. Pierre Fabre, Castres • Photo Vincent Boutin / © Adagp, Paris 2024
« Collection Pierre Fabre - visions plurielles »
L’exposition comporte trois volets qui abordent chacun une thématique de la collection de Pierre Fabre, avec la complicité de trois musées du territoire du pharmacien. Exposition réalisée avec le soutien des Laboratoires Pierre Fabre.
Paysages Lavaur | musée du Pays de Cocagne
2 mars – 14 avril
Portraits et natures mortes Castres | musée Goya
14 mars – 9 juin
Passion du végétal Sorèze | musée Dom Robert et de la tapisserie du XXe siècle
8 juin – 6 octobre
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Le bon Docteur Pierre Fabre
C’est l’histoire d’un pharmacien né à Castres en 1926 qui, tout jeune diplômé, se lance avec une petite officine sur la place de la ville… Et finira par conquérir le monde à force d’innovations pharmaceutiques. Tout commence avec un veinotonique, concocté à partir des racines d’un petit houx – un feuillu qui deviendra le symbole des Laboratoires Pierre Fabre fondés en 1962. L’aventure entrepreneuriale continue depuis soixante ans : Pierre Fabre, c’est aussi la cosmétique (Avène), des pastilles (Drill), un anticancéreux (Navelbine®)… En 2014, pour commémorer la première année de la disparition de Pierre Fabre, les Laboratoires qui portent son nom sollicitent Yan Pei-Ming, lequel réalise un triptyque, représentant trois attitudes et trois regards différents – un hommage à « l’homme à la fois puissant et gentil, au personnage complexe, au père de l’entreprise » dixit l’artiste.