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En partenariat avec Fondation d'entreprise Martell

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L’art écologique et poétique de JB Blunk, sculpteur américain célébré dans une rétrospective à la Fondation d’entreprise Martell

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Publié le , mis à jour le
C’est une passionnante découverte que nous offre la Fondation Martell : celle du lien profond et philosophique qu’entretenait le sculpteur James Blain Blunk (1926–2002) à la nature, à travers 150 pièces rassemblant céramiques, mobiliers, maquettes et peintures. Une première rétrospective en Europe pour ce pionnier méconnu du grand public.
Vue intérieure de la Blunk House, Inverness
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Vue intérieure de la Blunk House, Inverness

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© Leslie Williamson. Courtesy JB Blunk Estate

Difficile d’imaginer un meilleur décor : en plein cœur de la ville de Cognac cernée par les ceps sculpturaux des vignes alentour, la rétrospective se déploie sur 900 m2 au sein de l’étonnante Fondation Martell, engagée auprès des créateurs tournés vers l’écologie : « En dévoilant le travail méconnu d’un artiste célébrant la force de la nature, de la vie et de la création au croisement des disciplines, cette rétrospective rejoint l’ambition de la Fondation d’entreprise Martell d’encourager l’émergence d’approches artistiques inédites tournées vers la mutation écologique des territoires et de nos modes de vie. » déclare Anne-Claire Duprat, directrice de la Fondation Martell.

Là, les œuvres en bois brut de JB Blunk, parfois gigantesques, délivrent leur poésie, oscillant entre l’opulence et la finesse, le lisse et le rugueux. Mais ce n’est pas tout : le parcours présente des meubles, des bijoux, des peintures et croquis, dévoilant la versatilité de cet artiste qui abolit les frontières entre les disciplines. Avec lui, art et artisanat se confondent, design et architecture se complètent, figuration et abstraction s’entrechoquent.

Une formation au Japon auprès des Maîtres potiers

Comme dans sa «  Blunk House », œuvre d’art total qu’il a entièrement construite de ses mains dans les années 1960 à partir de matériaux récupérés. Située près de la côte sauvage de Point Reyes en Californie du Nord, cette maison aux allures de cabane perchée est toujours occupée par ses descendants. Mobilier, vaisselle en céramique, évier in­tégralement sculpté en bois… : l’ambiance est chaleureuse et japonisante. « Ma façon de penser et de me relier au lieu qui m’entoure, à l’environnement et à l’écologie, a vu le jour au Japon et a joué un rôle déterminant dans la conception d’une manière de vivre », déclare-t-il dans une interview en 1978.

Vues de la Blunk House, Inverness
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Vues de la Blunk House, Inverness

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© Leslie Williamson. Courtesy JB Blunk Estate

C’est bien là, au pays du Soleil levant, que son destin se met en marche. Mobilisé pendant la guerre de Corée en 1951, le jeune Californien de 25 ans rencontre par hasard l’artiste Isamu Noguchi (1904–1988) pendant une permission à Tokyo. Ce dernier le présente alors au maître potier et peintre Kitaōji Rosanjin (1883–1959) dont il devient l’apprenti pendant plusieurs mois. Puis en 1953, c’est auprès du potier Tōyō Kaneshige (1896–1967) qu’il apprend à extraire sa propre argile, à la cuire dans un four inspiré de ceux du XVIe siècle. Le voilà imprégné du Mingei, mouvement artistique créé en 1925 par le philosophe Sōetsu Yanagi (1889–1961) en réaction à l’industrialisation croissante. Son combat : célébrer l’artisanat populaire, les savoir-faire traditionnels qui forgent la beauté des objets quotidiens.

L’art comme processus « magique »

« La magie, voilà le sujet principal ; la magie c’est le mystère et le processus de la vie. »

De retour en Californie en 1954, sa créativité ne cesse de s’épanouir. Outre sa stupéfiante maison d’Inverness, il glane des pierres, des os de mammifères avec lesquels il fabrique de petits objets mystiques, récupère auprès de bucherons des souches et des troncs d’arbres qu’il façonne à la tronçonneuse, rapidement, dans un geste sûr et spontané. Il se joue ainsi du matériau en créant d’étonnantes formes « auto-perçantes » où une partie acérée comme du silex traverse un trou sculpté dans un bloc, en clin d’œil au mouvement surréaliste. Ailleurs, tabourets, chandeliers ou tasses imitent des formes phalliques, seins ou vulve – des symboles de fertilité tirés de l’art primitif. Car Blunk puise son inspiration dans les céramiques japonaises préhistoriques Jōmon, les dolmens européens ou encore les bird stones (« pierres d’oiseaux » en français) nord-américaines. Ses pièces sont chargées d’une énergie ancestrale.

Vue de l’exposition « JB Blunk – Continuum » à la Fondation d’entreprise Martell
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Vue de l’exposition « JB Blunk – Continuum » à la Fondation d’entreprise Martell, 2024

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© Sylvie Becquet

« La magie, voilà le sujet principal ; la magie c’est le mystère et le processus de la vie. » Pétri de mythologies, d’histoire de l’art et de réflexions philosophiques, le créateur parvient à diffuser cette force mystique jusque dans une dizaine de commandes publiques en Californie. Le gigantesque banc The Planet (1969), devenu une institution du musée d’Oakland, en témoigne : c’est un séquoia aux nœuds, racines et plis bien visibles, sur lequel les visiteurs, petits ou grands, peuvent s’asseoir ou grimper comme s’ils se trouvaient en pleine forêt. « J’entre en relation avec le matériau que j’utilise et, comme dans toutes les relations, il y a des éléments de surprise. » Son intervention, à la fois radicale et respectueuse de son support, nous livre ici une belle leçon d’art et de vie.

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JB Blunk - Continuum

Du 8 juin 2024 au 29 décembre 2024

www.fondationdentreprisemartell.com

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