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Une exposition fait dialoguer Georges Mathieu et les artistes de street art

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Publié le , mis à jour le
Pour accompagner la rétrospective de Georges Mathieu, la Monnaie de Paris a missionné six street artistes pour intervenir in situ dans la galerie de la Méridienne. Ce dialogue détonnant permet une lecture contemporaine de l’œuvre, si singulière, du père de l’abstraction lyrique, dandy flamboyant et provocateur. À voir tout l’été jusqu’au 7 septembre.
Nassyo, vue d’ensemble
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Nassyo, vue d’ensemble

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© Martin Argyroglo, Adagp, Paris, 2025

JonOne, Lek & Sowat, Nassyo, Camille Gendron, Matt Zerfa : ces noms, pour la plupart bien connus du monde du street art, ont été invités à pulvériser leurs bombes sur les murs de la Monnaie de Paris, monument historique construit entre 1767 et 1775 dans un style néoclassique. Le choc des cultures.

Tous et toutes ont sélectionné des dessins de Georges Mathieu dont ils ont souvent copié la spontanéité, influencés par le style calligraphique de ce plasticien pour le moins barré. Né en 1921, Georges Mathieu se fait, dès 1947, le promoteur d’un art libéré de toutes règles académiques qu’il nomme « abstraction lyrique ». Rebelle, spontanée, sa peinture gestuelle intègre des mouvements amples et des contrastes violents mis en scène lors de performances spectaculaires. Autoproclamé « peintre le plus rapide du monde », il s’attache à brosser des toiles monumentales en un temps record, inspiré d’événements historiques de l’Ancien Régime.

Un artiste omniprésent qui a fait des émules

Georges Mathieu, Piéfort 10 francs
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Georges Mathieu, Piéfort 10 francs, 1979

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Collections historiques de la Monnaie de Paris © Monnaie de Paris / © Adagp, Paris, 2025

Médiatisé dès les années 1950, il le sera d’autant plus lorsqu’il aura dessiné la pièce de dix francs, diffusée à près de 674 millions d’exemplaires entre 1974 et 1987. Avant cela, il avait écrit « que la France avait les billets de banque les plus laids du monde et les pièces de monnaie les plus désuètes ». Résultat : sa pièce évoque au revers le progrès technique et industriel des Trente Glorieuses, tandis qu’à l’avers une composition dynamique et éclatée recouvre une carte stylisée de la France métropolitaine.

Georges Mathieu, Georges Mathieu peignant « L’hommage au Connétable de Bourbon, auteur du sac de Rome » sur la scène du Fleischmarkt Theater
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Georges Mathieu, Georges Mathieu peignant « L’hommage au Connétable de Bourbon, auteur du sac de Rome » sur la scène du Fleischmarkt Theater, 2 avril 1959

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© Hulton Archive via Getty Images / Adagp, Paris, 2025

« Enfants, le travail de Georges Mathieu était partout autour de nous : sur les pièces de dix francs au fond de nos poches, à la télé, entre deux dessins animés sur Antenne 2 et sur les affiches d’Air France, lorsque nous rêvions d’ailleurs. Au sortir de l’adolescence, quand nous nous sommes intéressés à d’autres artistes que ceux du graffiti, il a été parmi les premiers à nous passionner. La taille des formats, la main qui glisse sans entrave sur le support, la répétition à l’infini des mêmes motifs colorés, l’attitude… Tout chez lui reflétait nos propres obsessions plastiques », se rappelle le binôme de graffeurs Lek & Sowat, habitué à créer in situ dans des lieux laissés à l’abandon (tels que le centre commercial désaffecté « Mausolée » en 2010, dans le nord de Paris).

La liberté créative partagée à travers les époques

Pour l’occasion, ils ont décidé de rendre hommage à la palette du maître, particulièrement attiré par le contraste du rouge et du noir (probablement héritée de l’esthétique zen), dans une forme d’écriture automatique où se télescopent coulures, touches régulières et larges courbes. Quant au graffeur Nassyo, adepte des grandes fresques colorées, celui-ci déclare avoir peint « directement au tube sur les murs de la Monnaie, comme [Mathieu] le faisait ». La preuve dans le film Georges Mathieu ou la fureur d’être de Frédéric Rossif, où l’on peut voir l’artiste appliquer un tube de peinture jaune sur une fresque rouge.

Georges Mathieu, La Victoire de Denain
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Georges Mathieu, La Victoire de Denain, 26 mars 1963

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© Martin Argyroglo / © Adagp, Paris, 2025

Ces différentes interventions, auxquelles s’ajoutent les œuvres et films historiques de l’Américain Futura 2000 et du Suédois Nug, permettent de mieux comprendre l’inventivité de cet artiste souvent critiqué pour sa haute opinion de lui-même et son hypermédiatisation. L’exposition offre ainsi le moyen d’apprécier son processus créatif centré sur la liberté de l’instant, en marge de la peinture traditionnelle. Au fil du parcours, on peut notamment y admirer ses modèles de médailles, ses affiches pour les destinations d’Air France ou encore l’œuvre magistrale La Victoire de Denain (1963), profusion de couleurs en hommage à une victoire de l’armée française en Espagne en 1712. Organisée en co-production avec le Centre Pompidou, cette rétrospective a lieu 50 ans après l’exposition « Mathieu à la Monnaie, Médailles et peintures » : un rendez-vous estival à ne surtout pas manquer.

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Graffiti x Georges Mathieu. Geste, Vitesse, Mouvement

Du 11 avril 2025 au 7 septembre 2025

www.monnaiedeparis.fr

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