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Angelica Kauffmann en 2 minutes

Angelica Kauffmann (1741–1807) en bref

Peintre suisse, Angelica Kauffmann est d’abord une enfant prodige avant de devenir l’une des plus célèbres femmes artistes du XVIIIe siècle. Membre d’académies prestigieuses, l’artiste vit entre l’Italie et l’Angleterre où s’épanouit sa carrière de portraitiste et de peintre d’histoire. S’illustrant dans toutes les grandes cours européennes, elle nourrit une amitié avec Goethe et toutes les reines, comtesses et princes que compte son époque.

Angelica Kauffmann, Autoportrait avec le buste de Minerve
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Angelica Kauffmann, Autoportrait avec le buste de Minerve, vers 1780–1781

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Huile sur toile • 93 × 76,5 cm • Coll. Grisons Museum of Fine Arts, Chur • © Federal Office of Culture, Berne

On a dit d’elle

« Elle est d’une incroyable modestie et sensible à tout ce qui est beau et tendre. » Johann Wolfgang von Goethe

La vie d’Angelica Kauffmann en quelques dates

Angelica, talent précoce

Angelica Kauffmann est née en octobre 1741 à Coire, dans les Grisons, en Suisse. Son père est un modeste peintre. Elle passe son enfance à Côme, en Italie, où sa famille s’établit en 1752. Angelica est une fillette précoce qui s’adonne à l’art du chant et de la musique, mais aussi du dessin et de la peinture. Dès l’âge de 12 ans, elle réalise ses premières œuvres dont un autoportrait et le portrait de l’évêque de Côme, immédiatement remarqué.

Installée à Florence

Orpheline de mère dès l’adolescence, Angelica Kauffmann vit avec son père. Elle voyage et peint pour l’Église et le monde ecclésiastique, mais aussi pour la noblesse suisse et allemande. En 1762, Angelica Kauffmann s’établit à Florence où elle est diplômée de l’Académie de dessin. Très bonne copiste des toiles de Raphaël et de Rembrandt, elle se fait remarquer par des collectionneurs anglais adeptes du Grand Tour. À Rome, l’artiste fait la connaissance de Joachim Winckelmann, célèbre historien de l’art allemand qui prône la pureté du modèle antique. En 1765, elle est élue à l’Académie de Saint-Luc.

Une grande figure de la Royal Academy de Londres

Angelica Kauffmann séjourne à Londres en 1766 où elle reçoit la protection du peintre Joshua Reynolds et obtient des commandes de la famille royale. En 1768, l’artiste compte parmi les membres fondateurs de la Royal Academy. Ses portraits connaissent un grand succès et, en 1780, elle livre quatre allégories pour le plafond de la salle du conseil de la Royal Academy (Somerset House).

Retour en Italie

L’année suivante, Angelica Kauffmann épouse le peintre vénitien Antonio Zucchi et regagne l’Italie. Élue à l’Académie de Venise, elle séjourne à la cour de Naples. En 1782, Angelica Kauffmann s’installe dans un atelier sur le Pincio, à Rome. L’empereur Joseph II lui commande deux grandes peintures d’histoire. En 1787, elle rencontre Goethe qui devient l’un de ses proches amis et dont elle réalise le portrait. L’année suivante, Angelica Kauffmann lie amitié avec de la duchesse de Saxe-Weimar, Anna Amalia.

Les temps troublés de la Révolution

En 1789, Angelica Kauffmann rencontre Élisabeth Vigée Le Brun, chassée de Paris par les événements révolutionnaires. Elle peint de grandes toiles historiques, mais travaille aussi pour la Shakespeare Gallery de John Boydell à Londres au côté de Johann Heinrich Füssli ou de Joshua Reynolds, et peint pour de grandes fortunes russes. En 1798, Rome est occupée par les troupes françaises mais l’atelier d’Angelica Kauffmann demeure intact. Cette fin des années 1790 est difficile pour l’artiste qui perd le contact avec ses commanditaires anglais.

Une fin de vie marquée par la maladie

En 1801, Angelica Kauffmann peint son dernier autoportrait. Elle souffre d’une maladie respiratoire mais semble se remettre pendant quelques années grâce à des séjours en montagne bénéfiques pour sa santé. Victime d’une rechute, elle décède à Rome en novembre 1807 après avoir achevé le portrait du prince Louis de Bavière.

Ses œuvres clés

Angelica Kauffmann, Portrait de Joshua Reynolds
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Angelica Kauffmann, Portrait de Joshua Reynolds, 1767

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Huile sur toile • 127 × 101,6 cm • Coll. National Trust Collections, Saltram, The Morley Collection • © National Trust Images / Rob Matheson

Portrait de Joshua Reynolds, 1767
Peindre des portraits d’hommes qui plantent leur regard dans les yeux d’une femme peintre : voici une pratique qui n’est guère courante au XVIIIe siècle, et put même être jugée inconvenante. Angelica Kauffmann fait tomber les barrières et trouve le soutien du peintre anglais Joshua Reynolds. Plaidant tous les deux pour la rénovation de la peinture d’histoire, Kauffmann livre ici un portrait du peintre touchant et idéalisé, en intellectuel et artiste, comme saisi dans un instant de confidence au sein de l’intimité de son atelier.

Angelica Kauffmann, La Baronne de Krüdener et son fils
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Angelica Kauffmann, La Baronne de Krüdener et son fils, 1786

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Huile sur toile • 130 × 104,5 cm • Coll

La Baronne de Krüdener et son fils, 1786
La baronne de Krüdener, grande aristocrate, est portraiturée par Angelica Kauffmann avant d’être rendue célèbre pour la parution de son roman Valérie (1804) puis de développer un penchant mystique exacerbé. Dans une mise en scène pleine de douceur, elle est représentée ici avec son fils Paul, dans une nature bucolique. Cette œuvre est représentative de la mode des portraits de mères accompagnées de leurs enfants, vision idéalisée à la fois de l’enfance et du rôle d’éducatrice, dans le sillage du succès de l’Émile de Rousseau (1762).

Angelica Kauffmann, Portrait de Johann Wolfgang von Goethe
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Angelica Kauffmann, Portrait de Johann Wolfgang von Goethe, 1787

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Huile sur toile • 64 × 52 cm • Coll. Goethe National Museum, Weimar • © Bridgeman Images

Portrait de Johann Wolfgang von Goethe, 1787
Ce portrait, plein de simplicité, représente Goethe à l’occasion de son voyage à travers l’Italie en 1786–1788. Angelica Kauffmann est déjà célèbre à cette époque. L’écrivain, auteur des Souffrances du jeune Werther, et l’artiste, tous deux épris de l’Antiquité et des théories de Winckelmann, développent des sentiments d’affection. Kauffmann le représente ici sans atours, dans une mise en scène intime. Son regard doux et sensible traduit le sentiment d’amitié qui les unit.

Par • le 1 juillet 2024
Retrouvez dans l’Encyclo : Néoclassicisme Angelica Kauffmann

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