Article réservé aux abonnés

LE TOPO

Barbara Hepworth en 2 minutes

Barbara Hepworth (1903–1975) en bref

Barbara Hepworth est l’une des plus grandes sculptrices anglaises du XXe siècle. Représentante de l’abstraction, elle prend toujours pour point de départ l’observation du réel, en particulier la nature et la figure humaine. Ses œuvres se caractérisent par une grande épure, tout comme celles de son homologue masculin, ami et rival, Henry Moore. Bien introduite dans le milieu de l’art moderne, elle expose régulièrement et reçoit des commandes pour l’espace public. Son atelier à Saint Ives en Cornouailles, entouré d’un jardin de sculptures, est devenu un musée géré par la Tate.

Portrait de Barbara Hepworth à la Lefevre Gallery Mirrorpix, Septembre 1952
voir toutes les images

Portrait de Barbara Hepworth à la Lefevre Gallery Mirrorpix, Septembre 1952

i

© Alamy Hemis Photo Trinity Mirror / Mirrorpix / Barbara Hepworth ADAGP 2023, Paris

Elle a dit

« Les principales sources de mon inspiration sont la figure humaine et le paysage ; ainsi que l’un par rapport à l’autre. »

La vie de Barbara Hepworth en quelques dates

Le paysage vu comme une œuvre d’art

Née dans le Yorkshire, Barbara Hepworth accompagne souvent son père, arpenteur-géomètre, durant ses inspections. Elle aime la nature et voit déjà les collines comme des sculptures, le paysage comme une forme construite.

Un talent précoce

Très jeune, elle développe une grande passion pour les images et l’Égypte antique. Remarquée par la directrice de son école, elle est encouragée à intégrer une formation artistique. En 1921, Barbara Hepworth entre ainsi au Royal College of Art de Londres.

L’apprentissage de la sculpture en Italie

Diplômée, la jeune artiste voyage en Italie. Elle y apprend l’art de la sculpture en taille directe et fait la connaissance de son premier mari, John Skeaping. En 1926, le couple s’installe à Londres, et se rapproche d’Henry Moore et de Ben Nicholson. Elle quitte son époux pour s’installer avec ce dernier, et donne naissance à des triplés.

Le choix de l’abstraction

L’œuvre d’Hepworth quitte rapidement le domaine du figuratif pour plonger dans l’abstraction. Elle défend le travail direct sur la matière, préférant tailler que modeler. Le bois et la pierre sont ses matériaux de prédilection. L’artiste s’intéresse à la notion d’espace, de forme, de texture. Son inspiration lui vient principalement de la nature. Selon les périodes, ses œuvres sont davantage géométriques ou organiques. Trouant fréquemment ses sculptures, elle fait pénétrer la lumière et l’air dans la matière compacte. L’artiste, qui joue avec les vides et les pleins, utilise aussi des cordes, travaillant sur les rythmes et les tensions.

Le retour à la nature

Après un passage à Paris, où le couple rencontre Constantin Brancusi, Jean Arp et Piet Mondrian (Hepworth expose avec le groupe Abstraction-Création), la famille s’installe à Saint Ives en Cornouailles, en 1939, dans un environnement plus bucolique qu’urbain.

Consécration et expérimentation

Sa première exposition monographique a lieu en 1951. Dans les années 1960, l’artiste reçoit quelques commandes publiques, dont certaines monumentales. Elle travaille intensément, expérimentant de nouveaux matériaux comme l’ardoise et de nouveaux médiums comme la gravure.

Une fin tragique

Barbara Hepworth finit sa vie dans des conditions tragiques : alcoolique et dépendante aux médicaments, elle décède dans l’incendie de sa maison en 1975 causé par une cigarette allumée.

Ses œuvres clés

Trois formes (sculpture en albâtre gris), 1935

Barbara Hepworth, Trois Formes (sculpture en albâtre gris)
voir toutes les images

Barbara Hepworth, Trois Formes (sculpture en albâtre gris), 1953

i

Albâtre sur socle en marbre • 26,5 × 47,3 × 21,7 cm • Coll. Tate • © Barbara Hepworth, ADAGP 2023, Paris Tate, Londres, Dist. RMN Grand Palais Tate Photography

Influencée par l’œuvre de Constantin Brancusi, Barbara Hepworth a débuté cette œuvre après la naissance de ses triplés. Cette sculpture se compose de trois pierres, savamment polies, de formes et de tailles différentes, posées sur un socle. Ces pierres entretiennent à la fois une proximité et une distance entre elles. Sont-elles liées ou indépendantes ? L’artiste s’intéresse particulièrement, dans les années 1930, à la tension entre les formes et leur manière d’habiter l’espace.

Pelagos, 1946

Barbara Hepworth, Pelagos
voir toutes les images

Barbara Hepworth, Pelagos, 1946

i

Bois d’orme et cordes sur socle en chêne • 43 × 46 × 38,5 cm • © Barbara Hepworth, ADAGP 2023, Paris / Tate, Londres, Dist. RMN-Grand Palais / Tate Photography

Inspirée par la mer, mais aussi par les mythes antiques et grecs, Barbara Hepworth livre une œuvre abstraite évoquant librement la forme d’un coquillage. Les cordes qu’elle associe à cette forme lisse et apaisante apportent un élément de tension, de dialectique. L’artiste est fascinée par la notion de rythme, de jeu entre les pleins et les vides. Ici, l’œuvre prend une dimension organique, mais l’artiste n’a jamais délaissé l’abstraction géométrique, travaillant notamment sur la forme carrée.

Figure (Nanjizal), 1958

Barbara Hepworth, Figure (Nanjizal)
voir toutes les images

Barbara Hepworth, Figure (Nanjizal), 1958

i

Bois d’if sur socle en chêne • 246,9 × 45,7 × 33 cm • © Barbara Hepworth ADAGP 2023, Paris © Tate, Londres, Dist. RMN-Grand Palais / Tate Photography

Barbara Hepworth s’est toujours fortement inspirée de la nature, en particulier des paysages de Cornouailles. Ici, le titre de l’œuvre renvoie au nom d’une crique proche de son lieu de résidence. Toutefois, il ne s’agit pas seulement d’une représentation abstraite du monde, mais aussi de l’expression de sa perception intérieure de ce monde, en tant qu’individu doté d’une grande sensibilité. La sculpture, d’ailleurs, évoque ici davantage un personnage qu’une falaise ou un élément du paysage maritime.

Par • le 21 juillet 2025
Retrouvez dans l’Encyclo : Barbara Hepworth

Vous aimerez aussi

Carnets d’exposition, hors-série, catalogues, albums, encyclopédies, anthologies, monographies d’artistes, beaux livres...

Visiter la boutique
Visiter la boutique

À lire aussi