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Ben en 2 minutes

Ben (1935–2024) en bref

Figure de l’École de Nice, l’artiste franco-suisse Benjamin Vautier, dit Ben, est connu pour ses « écritures », des phrases calligraphiées de manière naïve, blanches sur fond noir, qui interpellent le spectateur ou le passant. Il pose, de cette manière, des questions philosophiques, délivre des vérités, des propos humoristiques ou désinvoltes sur le monde actuel. Aspect fondamental de son œuvre, le doute est souvent au cœur de ses sujets. Considéré comme un artiste postmoderne, conceptuel, néo-Dada, proche de Fluxus, Ben a toujours milité pour l’abolition des frontières entre l’art et la vie.

Ben devant « Le Magasin » à Nice, 1965
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Ben devant « Le Magasin » à Nice, 1965

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© Ben Vautier / Adagp, Paris 2025 / Photo Jean Ferrero

Il a dit

« N’importe quoi, n’importe comment, n’importe où peut être une belle œuvre d’art. »

La vie de Ben en quelques dates

Une figure de l’École niçoise

Benjamin Vautier est né à Naples le 18 juillet 1935. Sa mère, accompagnée du jeune adolescent, s’installe à Nice en 1949, après avoir séjourné dans plusieurs pays. À l’âge de 20 ans, Ben devient libraire grâce à l’acquisition d’un fonds de commerce par sa mère. Par la suite, le jeune homme ouvrira un magasin de disques d’occasion. Aussi, il dessine et écrit des poèmes, fréquente de jeunes artistes – les futurs membres de l’École de Nice (César, Arman, Martial Raysse) et du Nouveau Réalisme (Yves Klein), qui partagent son désir de renouveler l’art moderne. Ben réalise des actions de rue, qui peuvent être de simples gestes du quotidien ou des performances plus décalées. Il débute en 1958 ses « écritures », d’un fort impact visuel, qu’il présente à l’intérieur et l’extérieur de son magasin.

Un art d’appropriation

Dans les années 1960, Ben se rapproche du groupe Fluxus et fait vivre l’héritage dadaïste. L’art fait résolument partie de la vie, affirme Ben, qui combat toute vision élitiste. Selon lui, rien n’est impossible à l’artiste. S’inspirant des ready-mades de Marcel Duchamp, mais aussi d’Allan Kaprow et de John Cage, il défend un art libre, populaire. S’appropriant le réel, il appose sa signature sur des objets banals, voire des déchets, les transformant en œuvres d’art. En 1965, Ben ouvre une galerie, nommée « Ben doute de tout » et destinée à accueillir de jeunes artistes.

Promoteur de l’art contemporain

Dans les années 1970, Ben participe à la Documenta 5. Il expose également à Paris, au Centre Pompidou, qui présente les travaux des membres de l’École de Nice. Au début des années 1980, Ben passe une année à Berlin puis défend la Figuration libre française (Robert Combas et Hervé Di Rosa). L’artiste a donc un rôle très actif de promoteur de la création contemporaine. Installé dans sa maison, dont il a fait une véritable œuvre d’art et un lieu d’échanges, Ben continue ses « écritures ». L’artiste communique beaucoup, à travers des événements et revues, et organise ses propres expositions. En juin 2024, il se suicide à son domicile, le lendemain de la mort de son épouse, Annie Baricalla.

Ses œuvres clés

Le Magasin de Ben, 1958–1973

Ben, Le Magasin
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Ben, Le Magasin, 1958–1973

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Installation • 402 × 446 × 596 cm • Coll. centre Pompidou, Mnam, Paris • © Ben Vautier / Adagp, Paris 2025 / GrandPalais Rmn

Cette installation reproduit directement le magasin ouvert par Ben à Nice –dans lequel il vendait des objets et des disques, organisait des réunions d’artistes – de 1958 à 1972. Celui-ci est nommé « Laboratoire 32 » puis « Galerie Ben doute de tout ». Véritable sculpture en transformation perpétuelle, ce lieu devenu œuvre se caractérise par ses accumulations complexes. En 1972, le magasin est démonté, avant d’être conservé au musée national d’Art moderne.

Affiche pour Sculpture vivante, Galerie d’Art Total, Nice, 1959

Ben, Affiche pour Sculpture vivante, Galerie d’Art Total, Nice
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Ben, Affiche pour Sculpture vivante, Galerie d’Art Total, Nice, 1959

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Typographie avec tampon collé • 59,6 × 38,6 cm • Coll. MoMA, New York • © Ben Vautier / Adagp, Paris 2025

Membre de Fluxus, Ben est un adepte des happenings qui abolissent la frontière entre art et vie quotidienne, mais questionnent aussi la valeur de l’art et le geste de l’artiste. Avec humour et dans un esprit néo-Dada, Ben se propose de « signer » des passants, des proches, transformant momentanément le quidam en œuvre d’art. L’artiste a toujours revendiqué un art d’appropriation. « Je crois que l’art est dans l’intention et qu’il suffit de signer », expliquait-il en 1962.

Être, 1975

Ben, Être
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Ben, Être, 1975

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Acrylique sur toile • 60 × 73 cm • Coll. particulière • © Ben Vautier / Adagp, Paris 2025

Ben est célèbre pour ses « écritures », des phrases qui interpellent directement le spectateur. Loin d’être naïves, à la différence de la calligraphie employée par l’artiste, elles sont généralement brèves et puissantes, livrant des vérités ou questionnant les rapports entre l’art et la vie. Reflets d’interrogations personnelles, elles peuvent résonner chez tout un chacun.

Par • le 2 juin 2025
Retrouvez dans l’Encyclo : Ben

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