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Diane Arbus en 2 minutes

Diane Arbus (1923–1971) en bref

Portraitiste des marginaux ou des notables au cœur de l’Amérique de l’après-Seconde Guerre mondiale, la photographe Diane Arbus capte les singularités, les fragilités, les blessures de ses modèles. L’œil d’Arbus cherche l’impact des images, et le trouve. Son œuvre, à l’instar d’une véritable comédie humaine ou d’une anthropologie contemporaine, interroge les principes de normalité, de monstruosité, d’identité. Diane Arbus est considérée comme l’une des actrices marquantes de l’histoire de la photographie sociale, à dominante documentaire, du XXe siècle.

Diane Arbus photographiée en 1949
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Diane Arbus photographiée en 1949

Elle a dit

« Je pense vraiment qu’il y a des choses que personne ne verrait si je ne les photographiais pas. »

La vie de Diane Arbus en quelques dates

Les débuts de Diane Arbus à New York

Sous le nom de Diane Nemerov, Diane Arbus est née à New York en 1923, au sein d’une famille de commerçants aisés. Après avoir mené des études secondaires, elle se marie à l’âge de 18 ans avec Allan Arbus, publicitaire. En 1946, ils ouvrent ensemble une agence de photographie de mode. De son côté, Diane Arbus prend des cours de photographie auprès de Berenice Abbott, d’Alexey Brodovitch puis de Lisette Model dans les années 1950. Elle s’intéresse à l’œuvre des photographes Eugène Atget, Timothy O’Sullivan et Paul Strand, des maîtres de la photographie documentaire et sociale.

Naissance d’un mode opératoire

Les premières photographies personnelles de Diane Arbus datent de 1957. Elle arpente les rues de New York pour portraiturer des inconnus, des familles, des marginaux, mais aussi des célébrités. Séparée de son mari et vivant à Greenwich Village avec ses deux filles, elle trouve son format signature en 1962 : un carré (6 × 6 au Rolleiflex). Ses sujets sont photographiés de manière frontale, sans maniérisme.

Voyage et commandes pour la presse

En 1963, elle obtient une bourse de la fondation Guggenheim pour financer son projet « American Rites, Manners and Customs ». À cet effet, elle sillonne les États-Unis. Une seconde bourse lui est accordée en 1966. Arbus effectue elle-même ses tirages, travaille le noir et blanc, et publie dans la presse pour gagner sa vie (notamment dans Esquire et Harper’s Bazaar). En 1967, elle participe à l’exposition « New Documents » au MoMA de New York. C’est une forme de consécration, même si les expositions monographiques restent rares de son vivant.

La fin de vie en noir et blanc de Diane Arbus

Dans les années 1960, Diane Arbus endosse le rôle d’enseignante, entre autres à la Rhode Island School of Design. Elle intervient également au sein de la Cooper Union de New York. Arbus porte également l’édition d’un portfolio comprenant dix photographies tirées, signées et annotées : il s’agit de son seul livre d’artiste. Elle poursuit ses travaux sur les marginaux et les délaissés, notamment sur les handicapés mentaux. À l’âge de 48 ans, en 1971, Diane Arbus se suicide. Elle souffrait depuis de nombreuses années d’une hépatite. En hommage, une rétrospective lui est consacrée au MoMA en 1972.

Ses œuvre clés

Deux amies chez elles, 1965

Diane Arbus, Deux amies chez elles
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Diane Arbus, Deux amies chez elles, 1965

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Épreuve gélatino-argentique • 35,6 × 27,9 cm • Coll. Metropolitan Museum of Art, New York • © The Estate of Diane Arbus

Dans l’intimité d’un intérieur, deux femmes posent ensemble auprès d’un lit défait. Le genre de l’une d’elles paraît ambigu. Il s’agit bien d’un couple lesbien, comme en témoigne l’annotation portée par Arbus au dos de sa photographie. À de nombreuses reprises au cours de ses quinze ans de carrière, Arbus a interrogé la notion de couple, souvent si loin des normes dictées par la société.

Jeune homme en bigoudis chez lui, 20e Rue, New York, 1966

Diane Arbus, Jeune homme en bigoudis chez lui, 20e Rue, New York
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Diane Arbus, Jeune homme en bigoudis chez lui, 20e Rue, New York, 1966

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Épreuve gélatino-argentique • 50,5 × 40,5 cm • Coll. centre Pompidou, Mnam, Paris • © The Estate of Diane Arbus

Ce portrait iconique de l’œuvre de Diane Arbus, et plus largement de la photographie documentaire, nous invite dans les coulisses du monde étrange de la nuit et des travestis new-yorkais. Le visage très masculin du jeune homme contraste avec ses bigoudis et le maquillage qu’il porte. Le portrait, sans fard, montre la réalité telle qu’elle est, sans jugement, sans décor. La photographe nous rappelle aussi que la réalité se cache souvent sous des apparences, et que l’identité humaine est une construction complexe.

Jumelles identiques, Roselle, New Jersey, 1967

Diane Arbus, Jumelles identiques, Roselle, New Jersey
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Diane Arbus, Jumelles identiques, Roselle, New Jersey, 1967

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Épreuve gélatino-argentique • 38 × 37 cm • Coll. Art Institute, Chicago • © The Estate of Diane Arbus

La gémellité a fasciné Diane Arbus. Photographiant des jumelles dans le New Jersey, avec cette franchise dont elle est coutumière, Arbus semble interroger la notion d’identité et de singularité. En effet, les deux fillettes ne sont pas d’identiques copies, malgré leur ressemblance manifeste. Leurs expressions faciales diffèrent. Cette photographie est sans doute la plus célèbre de Diane Arbus. Le sentiment d’étrangeté, voire de malaise, que peut ressentir le spectateur devant cette photographie aurait d’ailleurs inspiré Stanley Kubrick, auteur du mémorable film Shining en 1980.

Par • le 3 février 2025
Retrouvez dans l’Encyclo : Diane Arbus

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