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Peintre florentin de la Renaissance, Andrea del Sarto (1486–1530) se distingue par la finesse de ses couleurs, l’harmonie des tons. Ses personnages sont robustes, naturels et gracieux. Connu pour ses tableaux religieux, il est un disciple de Michel-Ange, dont il admire la manière. Sa réputation gagne la France, au point de le faire appeler par François Ier. Andrea del Sarto est également le maître de Pontormo, qui complète certaines de ses fresques après sa mort brutale. L’artiste est considéré comme un annonciateur du maniérisme.
Andrea del Sarto, Autoportrait, 1528
Huile sur bois • 47 × 34 cm • Coll. galerie des Offices, Florence • © DR
Fils d’un simple tailleur (« sarto »), Andrea del Sarto (de son vrai nom Andrea de Vannucchi) reçoit une éducation simple. À peine a-t-il quelques rudiments d’écriture et de calcul. À l’âge de sept ans, le jeune garçon est envoyé comme apprenti dans un atelier d’orfèvre. Son maître perçoit sa dextérité et son talent. Il entre alors dans l’atelier d’un peintre, Piero di Cosimo.
Travaillant avec ardeur à côté de ce maître, Andrea del Sarto dessine d’après des cartons de Michel-Ange et de Léonard de Vinci. Le jeune garçon connaît aussi les grands décors florentins, qui exercent sur lui leur influence. Il quitte alors Cosimo et choisit de mener une carrière indépendante en s’associant avec un autre élève de Cosimo, Francia Bigio. Tous deux entendent œuvrer pour l’Église, première commanditaire des artistes. L’une de leurs premières réalisations communes est pour la congrégation Scalzo. Les deux hommes travaillent sur la fresque, mais leur association prend fin rapidement.
Inscrit comme maître à la guilde des peintres de Florence en 1508, Andrea del Sarto travaille autant pour les ordres religieux que pour des collectionneurs privés. Il réalise notamment les fresques du couvent de Saint-Salvi, puis du réfectoire du monastère. À l’apogée de sa réputation, del Sarto est remarqué par François Ier qui demande quelques-uns de ses ouvrages pour sa collection. En 1518, le roi l’invite même en France, où Andrea del Sarto peint le portrait du dauphin et une Charité.
Del Sarto se lie d’un amour intense pour Lucrezia di Baccio del Fede, fille d’un bonnetier dont il devient l’époux. Ayant laissé sa belle à Florence pour se rendre en France, il est rappelé par sa femme durant le séjour. Le roi l’autorise à rentrer, en lui confiant une grosse somme destinée à l’achat d’œuvres d’art. Mais cet argent est utilisé par le peintre pour la construction d’une maison à Florence. Cet incident est le drame de sa carrière, car elle attire sur lui le déshonneur. N’ayant pu laver sa réputation, il décède à l’âge de 42 ans d’une maladie contagieuse, sans doute la peste qui sévit à Florence pendant le siège de la ville. Alfred de Musset s’inspire de la vie du peintre pour composer une pièce de théâtre en 1833.
Andrea del Sarto, Portrait d’un jeune homme, 1517–1518
Huile sur toile • 72 × 57 cm • Coll. National Gallery, Londres • © Wikicommons
Portrait d’un jeune homme, 1517–1518
Autrefois interprété comme un autoportrait du peintre, ce tableau est aujourd’hui considéré comme le portrait d’un jeune inconnu surpris en train de lire. La scène est intime et assez sombre, la lumière semblant provenir d’une fenêtre haute à la gauche du spectateur. La pose du personnage, en torsion, est complexe, sa physionomie ténébreuse et mystérieuse. Andrea del Sarto exprime sa virtuosité dans le traitement du vêtement, plissé, en camaïeu subtil de gris.
Andrea del Sarto, La Madone des harpies, 1518
Huile sur bois transférée sur toile • 178 × 207 cm • Coll. galerie des Offices • © Luisa Ricciarini / Bridgeman Images
La Madone des harpies, 1518
Commandé par les religieuses du couvent San Francesco de Macci, ce tableau de retable représente la Vierge à l’enfant, accompagnée de Saint François et de Saint Jean l’évangéliste. Deux anges figurent également dans cette scène. La Vierge est sur un piédestal sculpté, chargé de symboles dont des figures de femmes interprétées par Vasari comme des harpies, d’où le titre donné à l’œuvre. Comme cela est souvent le cas, l’artiste s’est inspiré des traits de son épouse pour composer le visage de la Vierge.
Andrea del Sarto, La Charité, XVIe siècle
Huile sur toile • 187 × 135 cm • Coll. musée du Louvre, Paris • © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Tony Querrec
La Charité, 1518
Peint à l’occasion de son séjour en France, ce tableau représente une allégorie de la Charité, accompagnée des enfants qu’elle protège et de certains symboles traditionnellement attachés à cette figure (la grenade notamment, symbole d’abondance). Le traitement stylistique témoigne de l’influence de Léonard de Vinci, de Michel-Ange et de Raphaël sur Andrea del Sarto.
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