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Une œuvre en détail

“La Résurrection de Lazare” de Sebastiano del Piombo

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Publié le , mis à jour le
Mis en lumière jusqu’au 25 juin dans une magistrale exposition à la National Gallery de Londres, le peintre Sebastiano del Piombo, partenaire et complice du grand Michel-Ange, osa se mesurer avec cette commande à l’autre maître de la Renaissance à Rome : Raphaël.
Sebastiano del Piombo, La Résurrection de Lazare
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Sebastiano del Piombo, La Résurrection de Lazare, 1517-1519

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Il en fallait, du culot et du talent, pour relever le défi d’accepter la même commande que Raphaël, peintre favori du pape Léon X ! C’est pourtant ce que fit Sebastiano del Piombo en acceptant de réaliser un retable pour la cathédrale de Narbonne. Or le commanditaire, l’archevêque Jules de Médicis, n’était autre que le cousin germain du souverain pontife : il sera à son tour pape, en 1523, sous le nom de Clément VII. Stimulé par cette rivalité, encouragé par Michel-Ange qui en corrige certaines figures, Sebastiano définit dans cette œuvre foisonnante (mettant en scène une quarantaine de personnages !) le style qui fera florès pendant la Contre-Réforme : à la fois sculptural et narratif, insistant sur l’intériorité spirituelle des sujets. « Une peinture difficile, qui résume autant ses lacunes que sa grande originalité », selon Matthias Wivel, commissaire de l’exposition.

Huile sur toile marouflée sur bois • 381 × 289,6 cm • Coll. National Gallery, Londres • © RMN-Grand Palais

Sebastiano del Piombo, La Résurrection de Lazare </em>(détail)<em>
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Sebastiano del Piombo, La Résurrection de Lazare (détail), 1517-1519

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Jésus, un ami pour la vie

L’histoire est tirée de l’Évangile selon saint Jean et relate l’épisode au cours duquel Lazare, mort depuis quatre jours et mis dans un sépulcre, est ressuscité par son ami Jésus. Lequel, avec sa gestuelle accentuée, constitue le pivot de cette composition dense et complexe, au moment où il prononce les mots provoquant le miracle : « Lazare, sors ! » La réflectographie infrarouge a révélé la méthode de travail de Sebastiano : un Christ peint nu, puis progressivement drapé (c’était aussi la manière de faire de Michel-Ange). À ses pieds, sont agenouillés les apôtres ainsi que l’une des sœurs de Lazare, Marie de Béthanie.

Huile sur toile marouflée sur bois • 381 × 289,6 cm • Coll. National Gallery, Londres • © RMN-Grand Palais

Sebastiano del Piombo, La Résurrection de Lazare </em>(détail)<em>
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Sebastiano del Piombo, La Résurrection de Lazare (détail), 1517-1519

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Lazare, le cadavre tout en muscle

À droite du tableau, voilà donc Lazare (très vénéré dans le sud de la France), tiré des limbes, qui rouvre les yeux, comme sous le choc, mains et pieds encore bandés. Sa puissante musculature est toute michelangelesque. Elle aurait d’ailleurs été révisée au trait par ce dernier, très attentif au travail sur ce retable lors de son passage à Rome, en 1518. Il conseillera même à Sebastiano de faire encadrer son tableau sous protection à Rome pour que Raphaël, réputé copieur, ne puisse pas le voir…

Huile sur toile marouflée sur bois • 381 × 289,6 cm • Coll. National Gallery, Londres • © RMN-Grand Palais

Sebastiano del Piombo, La Résurrection de Lazare </em>(détail)<em>
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Sebastiano del Piombo, La Résurrection de Lazare (détail), 1517-1519

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L’annonce faite par Marthe

Au centre, Marthe, l’autre sœur de Lazare, annonce la nouvelle au peuple, provoquant la stupeur, dans une scène oscillant entre sacré et profane. Certains doutent, d’autres se bouchent le nez à cause de l’odeur putride du mort-vivant. Tous sont dépeints dans une multitude d’attitudes, une symphonie de couleurs, mais aussi des rapports d’échelle parfois exagérés, signe d’une certaine maladresse chez Sebastiano.

Huile sur toile marouflée sur bois • 381 × 289,6 cm • Coll. National Gallery, Londres • © RMN-Grand Palais

Sebastiano del Piombo, La Résurrection de Lazare </em>(détail)<em>
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Sebastiano del Piombo, La Résurrection de Lazare (détail), 1517-1519

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Judée ou Vénétie ?

Si Sebastiano le Vénitien a acquis l’éloquence du verbe romain, il n’en demeure pas moins marqué par les paysages de sa jeunesse et l’atmosphère aqueuse chère à son maître Giorgione. Le ciel nébuleux et les architectures médiévales du tableau attirent l’œil du spectateur loin du tumulte du miracle, vers l’horizon apaisé de l’arrière-plan qui évoque davantage la peinture vénitienne que les réels paysages de Béthanie, en Judée, où vécut, mourut et ressuscita Lazare.

Huile sur toile marouflée sur bois • 381 × 289,6 cm • Coll. National Gallery, Londres • © RMN-Grand Palais

Raphaël, La Transfiguration
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Raphaël, La Transfiguration, 1516-1520

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Face au retable de Raphaël

L’autre miracle auquel fait ici allusion Raphaël est la révélation de la nature divine du Christ sur le mont Thabor. Ce retable, conçu lui aussi pour la cathédrale de Narbonne, était considéré par Vasari comme le tableau « le plus célèbre, le plus beau et le plus divin ». Avec, en bas à droite, la guérison d’un enfant possédé.

Tempera sur bois • 410 × 279 cm • Coll. Pinacothèque du Vatican, Rome • © Scala

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Michelangelo & Sebastiano

Du 15 mars 2017 au 25 juin 2017

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