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ÉVÉNEMENT

Le charme retrouvé de l’atelier-musée Bourdelle après travaux

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Publié le , mis à jour le
C’est l’une des réouvertures les plus attendues de l’année ! Après deux ans et demi de travaux de sauvegarde et de consolidation qui auront nécessité une fermeture totale de ses espaces durant sept mois, le musée Bourdelle accueille de nouveau les visiteurs depuis le 15 mars. Visite !
Atelier de sculpture d’Antoine Bourdelle
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Atelier de sculpture d’Antoine Bourdelle, 2023

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photo © Pierre Antoine

Vue de la façade du bâtiment abritant les ateliers et le musée Bourdelle, Paris
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Vue de la façade du bâtiment abritant les ateliers et le musée Bourdelle, Paris, 2023

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photo © Terra Luna /B. Fougeirol

Que reste-t-il, à Montparnasse, de l’atmosphère de l’effervescente scène artistique du début du siècle passé ? Plus grand-chose, si ce n’est quelques lieux dont le charme infini a traversé les âges : la villa Vassilieff, qui accueille désormais les locaux de l’association Aware, la Ruche, jadis bouillonnante cité d’artistes, et bien sûr le musée Bourdelle. Niché dans l’ancienne impasse du Maine (rebaptisée depuis rue Bourdelle), il fait partie de ces ateliers-musées parisiens (tels le musée Zadkine tout proche ou encore le musée Gustave Moreau) où persiste, comme un envoûtant parfum, l’esprit de leurs illustres anciens occupants. Après deux ans et demi de travaux, dont 7 mois de fermeture totale, le voilà de nouveau accessible au public, qui peut enfin redécouvrir ce grand sculpteur – curieusement encore méconnu – dans son habitat naturel.

L’un des rares ateliers en pans de bois qui subsistent

Anonyme, Le commandant Doyen-Parigot posant pour « Héraklès archer » dans l’atelier
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Anonyme, Le commandant Doyen-Parigot posant pour « Héraklès archer » dans l’atelier, vers 1906

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Legs Rodia Dufet Bourdelle, 2002 • © ARCP / Mairie de Paris /Agathe Barisan, 2021

« Il faut que tout change pour que rien ne change » écrivait le célèbre Giuseppe Tomasi di Lampedusa dans le Guépard. De fait, rien ou presque ne laisse ici présager de l’étendue des travaux qui ont été effectués… Ils sont pourtant d’ampleur ! Premier gros chantier et non des moindres : la consolidation de la structure. Le bâtiment, dans lequel Bourdelle s’est installé en 1885 avant de peu à peu étendre ses ateliers, fait en effet partie d’une espèce devenue rare, celle ces ateliers d’artistes en pans de bois, qui ont fleuri dans le quartier de Montparnasse à la fin du XIXe siècle et aujourd’hui disparu, pour la plupart…

Pour consolider le fragile édifice, où sont nés quelques-uns des grands chefs-d’œuvre de Bourdelle (dont l’imposant Centaure mourant, le Torse de Pallas ou Héraklès archer), il a d’abord fallu agir sur ses fondations, notamment en injectant du béton dans les anciennes carrières situées sous le bâtiment. Une cage en profilés métalliques renforce désormais la structure de ce dernier – soit une armature de poteaux verticaux, ajoutée aux vieux poteaux de bois cachés à l’intérieur de la façade nord. Face aux problèmes d’humidité, qui menaçaient autant la stabilité du bâtiment que la conservation des œuvres, l’isolation a également été revue.

Atelier de sculptures d’Antoine Bourdelle
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Atelier de sculptures d’Antoine Bourdelle, 2023

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© Paris Musées. Photo © Pierre Antoine

Les murs, simplement nettoyés, laissent toujours apparaître les graffitis de l’artiste.

Tout ce qui fait le charme du lieu, sanctuarisé par la veuve de Bourdelle après la mort de ce dernier en 1929, a été précieusement conservé, restauré : le parquet a été reposé à l’identique, les pans de bois ont été finement restaurés et les murs, simplement nettoyés, laissent toujours apparaître les graffitis de l’artiste. Grâce à la centaine de clichés de l’atelier qu’a fait réaliser le sculpteur de son vivant, les équipes du musée ont pu opérer certains changements comme le retour, sur son clou d’origine, d’un grand Christ médiéval en bois, autrefois accroché dans l’atelier de peinture. Exit en revanche les bronzes, qui ont rejoint le parcours permanent, cédant leur place à des plâtres, des moulages et autres marbres inachevés, ainsi qu’à la collection d’objets médiévaux de Bourdelle.

Un café-restaurant qui promet une cuisine bio et gourmande

« Vierge à l’offrande » et « Centaure mourant », jardin intérieur du musée Bourdelle
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« Vierge à l’offrande » et « Centaure mourant », jardin intérieur du musée Bourdelle, 2023

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Photo © Terra Luna/Benoit Fougeirol

La salle des techniques, attenante à l’atelier, a, quant à elle, été complètement repensée, s’enrichissant de dispositifs de médiation tactiles et multimédias. Coup de jeune également du côté du parcours permanent, dont la scénographie est signée par l’Atelier de l’île (Dominique Brard ) et Ciel architectes (Sandra Courtine) : le voilà enrichi d’une centaine de sculptures et de prêts du Centre Pompidou, du musée Zadkine ou encore de la fondation Giacometti. L’extension contemporaine du musée, conçue par Christian de Portzamparc et inaugurée en 1992, met à l’honneur le plasticien nantais Philippe Cognée qui propose au visiteur une déambulation labyrinthique au sein de son célèbre « Catalogue de Bâle », vertigineuse série comprenant plus de mille petites peintures de formats identiques, réalisée d’après les catalogues de la célèbre foire d’art contemporain Art Basel. Grande nouveauté pour finir : l’ancien appartement de la fille de Bourdelle, Rhodia, et de son mari, le décorateur Michel Dufet, situé au premier étage du bâtiment des ateliers, accueille désormais un café-restaurant, qui promet une cuisine bio et gourmande. Une fois rassasié, une promenade dans le jardin du musée s’impose – bonne nouvelle, le printemps y pointe déjà le bout de son nez !

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Philippe Cognée. La peinture d’après

Du 15 mars 2023 au 16 juillet 2023

www.bourdelle.paris.fr

Retrouvez dans l’Encyclo : Antoine Bourdelle

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