Les premières gelées de l’hiver recouvrent Stonehenge
© Jon Arnold Images / hemis
La signification du mystérieux site préhistorique de Stonehenge viendrait-elle d’être percée à jour ? Une nouvelle étude scientifique publiée le 19 décembre dans la revue Archeology International fournit en tous cas une hypothèse intéressante expliquant sa construction…
Érigé entre 3 000 et 2 300 ans avant J.-C. dans le sud de l’Angleterre, ce monument vieux de près de cinq millénaires, constitué de cercles concentriques de pierres dressées lourdes de plusieurs tonnes, ne serait pas un édifice religieux, ni un calendrier solaire ou un observatoire astronomique, mais un symbole d’unité entre les peuples qui coexistaient dans l’archipel britannique à l’âge de pierre !
Une découverte récente a permis de renforcer cette théorie séduisante : en août dernier, des chercheurs avaient révélé que la pierre centrale de l’édifice mégalithique, en grès vert pâle et lourde de six tonnes, avait été amenée d’un lieu situé à 750 kilomètres de là, au nord de l’Écosse. Les pierres qui forment son cercle extérieur viennent, quant à elle, de 20 kilomètres à la ronde, et les 43 pierres bleues qui composent son cercle intérieur, du pays de Galles à 225 kilomètres de là. La révélation de l’origine très lointaine de la pierre centrale, associée à ces autres origines diverses déjà connues, interroge : pourquoi ces tonnes de roche ont-elle été transportées d’aussi loin, avec les difficultés techniques que cela implique, surtout avec les moyens de l’époque ? Ne doit-il pas y avoir une raison précise pour motiver une entreprise aussi titanesque ?
Le monument mégalithique de Stonehenge vu du ciel
© hemis.fr / Photo Jon Arnold Images
L’étude du 19 décembre formule une réponse : l’ensemble aurait été construit comme un lieu de convergence politique, un rassemblement de peuples, chaque mégalithe représentant une identité géographique et culturelle précise : chaque groupe aurait « apporté sa pierre à l’édifice » !
« Ces nouvelles découvertes nous ont permis de mieux comprendre la vocation originelle de Stonehenge. »
Mike Parker Pearson
L’auteur principal de cette étude, Mike Parker Pearson, expert du Néolithique dans l’archipel britannique et professeur à l’Institut d’archéologie de l’University College de Londres (l’un des plus grands centres d’étude archéologique au monde), avait déjà avancé cette hypothèse il y a une quinzaine d’années. De 2003 à 2009, il avait dirigé le Stonehenge Riverside Project, vaste étude et série de fouilles qui avait permis d’établir que le site avait été érigé 500 ans plus tôt que ce qu’on pensait… Mais aussi qu’il incarnait probablement une unité entre les peuples à travers l’origine géographique des différentes pierres. Publiée en 2012 par l’expert et son équipe, cette théorie trouve davantage d’écho aujourd’hui suite aux révélations récentes sur l’origine de la pierre centrale, qui ainsi l’accréditent. D’où la publication par le même chercheur d’une nouvelle étude, qui réactualise la première.
« Ces nouvelles découvertes nous ont permis de mieux comprendre la vocation originelle de Stonehenge », s’est réjoui Mike Parker Pearson sur CNN. Le spécialiste rappelle qu’on retrouve justement dans le nord-est de l’Écosse (lieu d’origine du mégalithe central) des cercles du même type que celui de Stonehenge, ce qui pourrait indiquer un lien étroit entre les deux régions. « Nous savons depuis un certain temps que des gens venaient de différentes régions de Grande-Bretagne avec leurs cochons et leur bétail pour festoyer à Durrington Walls », précise-t-il également auprès de la BBC. De quoi rendre encore plus intéressant ce site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, où près d’un million de visiteurs du monde entier se rendent chaque année en pèlerinage !
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