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7 folles expos gratuites pour fêter les 100 ans du surréalisme en 2024

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On le croyait mort et enterré depuis la dissolution du groupe à la fin des années 1960… Le cadavre, si exquis, du surréalisme bouge encore ! Plus vivant que jamais, au moment de fêter son centième anniversaire, le mouvement surréaliste est au centre de multiples expositions dans les galeries parisiennes. C’est gratuit, c’est fou !

C’est l’événement de cette rentrée 2024. Né sous la plume manifeste d’André Breton en 1924, le surréalisme est actuellement à l’honneur d’une grande exposition au Centre Pompidou. Avec quelque 500 peintures, sculptures, dessins, films, photos et documents littéraires, cet hommage labyrinthique imaginé par les commissaires Marie Sarrée et Didier Ottinger est l’un des plus riches et des plus complets jamais montré en France.

Pour prolonger cette célébration du centenaire, explorez « Le Paris surréaliste », itinéraire qui associe 38 galeries et une dizaine de librairies dans la capitale, avec 50 expositions au programme, placé sous la houlette du Comité professionnel des galeries d’art. Ces lieux braquent les projecteurs sur les artistes historiques du mouvement, tels que Hans Bellmer, Man Ray, Salvador Dalí et bien d’autres, ainsi que sur leurs dignes héritiers.

1. Leonor Fini au firmament à la galerie Minsky

Leonor Fini, Autoportrait avec Stanislao Lepri
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Leonor Fini, Autoportrait avec Stanislao Lepri, 1943

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Huile sur toile • 46 × 38 cm • Coll. particulière • © ADAGP, Paris 2024

C’est l’un des plus beaux accrochages de cet hommage parisien au surréalisme. Aux murs de la galerie Minsky, une vingtaine de tableaux, produits entre 1920 et 1990, révèle l’extraordinaire palette, entre symbolisme et surréalisme, entre rêve et lucidité, de Leonor Fini (1907–1996). Actuellement très en vogue, l’artiste née en Argentine et qui a grandi à Trieste, en Italie, reçoit aussi les honneurs des cimaises de la grande exposition du Centre Pompidou sur le surréalisme. Pourtant, cette « scandaleuse », dixit André Breton, qui adorait la compagnie des chats (par dizaine), détestait qu’on lui colle des étiquettes ! En trois expositions successives, jusqu’au 15 janvier 2025, la galerie Minsky, qui la représente depuis 1978, offre une belle exploration de ses extravagances, que l’on aime (re)découvrir. Arrêtez-vous devant Nebbia (1982), énigmatique toile qui rappelle une scène embrumée de théâtre (pour lequel Leonor Fini œuvra en costumes, décors, affiches…). Deux masques perlés et en tulle ouvrent aussi une porte sur son grand bal intime, où l’aristocrate et peintre italien Stanislao Lepri, partenaire du trouple formé avec le lettré Constantin Jelenski, tient un premier rôle. Dès le 7 novembre, la galerie Minsky les présentera ensemble dans une deuxième expo, avant de montrer leurs œuvres sur papier dans un ultime accrochage.

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Leonor Fini

Du 5 septembre 2024 au 2 novembre 2024

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Deux autres expositions à venir :

Leonor Fini et Stanislao Lepri : du 8 novembre au 7 décembre
Leonor Fini et Stanislao Lepri, œuvres sur papier : du 13 décembre au 15 janvier

2. Les « frottages » de Max Ernst chez Jeanne Bucher Jaeger

Max Ernst, Histoire Naturelle – La roue de la lumière
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Max Ernst, Histoire Naturelle – La roue de la lumière, 1926

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Planche XXIX, frottage reproduit en collotype • 33 × 55 cm • Coll. particulière • Courtesy Jeanne Bucher Jaeger, Paris-Lisbonne / © ADAGP, Paris, 2024 / Photo Jean-Louis Losi

En 1925, lorsque Jeanne Bucher ouvre sa galerie, le surréalisme n’a qu’un an. La marchande d’art, visionnaire, accorde sa confiance à Max Ernst (1891–1976), lequel lui livre son Histoire naturelle. L’ouvrage édité en 1926 – le premier d’une longue série avec les artistes pour Jeanne Bucher – ne ressemble à rien de ce que l’on connaît : Max Ernst laisse parler son imaginaire au travers de « frottages », qu’il manie en appliquant, sur différentes surfaces, une feuille de papier ensuite passée à la mine de plomb. Pour la magie de l’impression, il s’en remet à la phototypie (ou collotypie). Équivalent graphique de l’écriture automatique, le « frottage » est l’une des contributions les plus originales de l’artiste surréaliste à son mouvement. Aux mêmes dates que cette présentation d’Histoire naturelle, ne manquez pas d’admirer les œuvres sensibles, irradiantes d’une matière lumineuse, de la plasticienne allemande Evi Keller (née en 1968).

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Max Ernst - Histoire Naturelle

Du 21 septembre 2024 au 18 janvier 2025

3. L’écriture automatique selon Obvious chez Magda Danysz

Obvious, The Anger Falls Silent
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Obvious, The Anger Falls Silent, 2024

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Imagerie par résonance magnétique fonctionnelle et Intelligence artificielle • Coll. particulière • Courtesy Danysz Gallery

Les surréalistes rêvaient de faire parler l’inconscient : Obvious l’a fait ! Ce trio d’artistes et chercheurs français, qui s’est fait connaître pour son travail novateur utilisant les outils de l’intelligence artificielle, présente dans cette expo intitulée « Imagine » des œuvres créées grâce à Mind-to-Image. Poussant à son paroxysme le principe de l’écriture automatique, ce procédé mis au point avec des scientifiques permet de générer des images directement à partir de nos représentations mentales : une sorte de neuro-surréalisme !

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IMAGINE by Obvious - Intelligence artificielle et neurosciences, aux portes d'un nouveau surréalisme

Du 5 octobre 2024 au 9 novembre 2024

4. Tout André Masson chez Jean-François Cazeau

André Masson, Métamorphoses
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André Masson, Métamorphoses, 1928

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Huile sur toile • 59.5 × 73 cm • Coll. particulière • Courtesy Galerie Jean-François Cazeau, Paris / © ADAGP, Paris 2024

Balayer l’œuvre d’André Masson (1896–1987) et son apport à la révolution surréaliste : tel est l’esprit de cet accrochage d’une trentaine d’œuvres qui révèle toutes les palettes du membre fondateur du mouvement avec André Breton. Après des débuts cubistes, André Masson invente le dessin automatique, qu’il va ensuite transcrire en peinture et même en sculpture. En 1927, il est le premier à oser le dripping, geste qui influencera les débuts de l’expressionnisme abstrait américain. De sa série de dessins « Massacres » (1932–1934), qui résume la violence d’un siècle, aux explorations des pictogrammes chinois dans les années 1950, on est ébloui par un tel éclectisme : « rien de plus beau », commentait André Breton.

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André Masson : Le Surréalisme révolutionnaire

Du 27 septembre 2024 au 21 décembre 2024

5. Les femmes du surréalisme à la galerie Durazzo

Dorothea Tanning, Chiens Ombragés (Dogs in The Shade)
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Dorothea Tanning, Chiens Ombragés (Dogs in The Shade), 1959

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Huile sur toile • 130 × 195 cm • Coll. particulière • © ADAGP, Paris 2024

Ça commence à se savoir : dans l’art, les femmes n’ont pas fait tapisserie ! C’est encore plus vrai avec le mouvement surréaliste, dans lequel le « sexe faible » s’est engouffré très vite, très fort. Ce qu’illustre l’exposition pensée par la commissaire et spécialiste du surréalisme Alyce Mahon en s’appuyant sur les dessins érotiques de Leonor Fini, les paysages kaléidoscopiques de Dorothea Tanning (1910–2012) et en dévoilant, pour la première fois en France, les subversives sculptures de Leonora Carrington (1917–2011). Dès les années 1930, les femmes participent aux expositions internationales des surréalistes. Se libérant du carcan de la simple « muse », elles osent même (s’)exposer individuellement. Aux femmes des générations suivantes, la voie est ouverte !

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Le Surréalisme au service de la distraction

Du 26 septembre 2024 au 23 novembre 2024

6. Le cabinet surréaliste d’Alan Glass à la galerie Claude Bernard

Alan Glass, The Rural New Yorker
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Alan Glass, The Rural New Yorker, vers 1970

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Assemblage construction • 30 × 40 × 7 cm • Coll. particulière • Courtesy Alan Glass et Galerie Claude Bernard, Paris

Né en 1932 et disparu en 2023, Alan Glass était l’un des derniers artistes surréalistes vivants. Arrivé à Paris en 1952, ce Canadien d’origine poursuit ses études en étant portier dans un célèbre club de jazz de Saint-Germain-des-Prés. Vite, il rencontre Breton qui lui présente les surréalistes avec lesquels il gardera des liens d’amitié et artistiques profonds. Au début des années 1960, ayant eu le coup de foudre pour le Mexique, il s’y installe et se fait naturaliser. Du dessin à la composition en trois dimensions, le travail de ce glaneur chevronné évolue vers le cabinet de curiosité surréaliste. Une quinzaine de ses « boîtes-objets » sont exposées, pour la première fois en France depuis 2001.

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Cabinet surréaliste - Alan Glass

Du 5 septembre 2024 au 12 octobre 2024

7. Présence Panchounette chez Semiose : esprit es-tu las ?

Les œuvres de l’exposition « Présence Panchounette : Surréaliste ? Mon œil ! » à la galerie Semiose à Paris
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Les œuvres de l’exposition « Présence Panchounette : Surréaliste ? Mon œil ! » à la galerie Semiose à Paris

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Courtesy Semiose, Paris / Photo Aurélien Mole

Que reste-il du surréalisme ? Et du situationnisme ? La révolution a-t-elle eu lieu ou alors pas encore ? L’imagination a-t-elle vraiment pris le pouvoir ? Comme le firent les étudiants et les ouvriers de Mai 1968 et des années 1970, Présence Panchounette reformule les messages des avant-gardes, lesquelles ont depuis été dissoutes, en renouvelant leurs vœux. Entre insolence et mauvais goût, comment a évolué notre regard en 50 ans face à l’art : le collectif Présence Panchounette, en digne héritier des dadaïstes, délivre sa vision… « Surréaliste ? Mon œil ! »

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Présence Panchounette : surréaliste ? Mon œil !

Du 31 août 2024 au 5 octobre 2024

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Retrouvez la programmation des 38 galeries parisiennes et les 50 expositions du Paris Surréaliste

Plus d’informations sur le site du CPGA.

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