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Membre du fauvisme, Maurice de Vlaminck (1876–1958) est principalement un peintre de paysage. Ami d’André Derain, admirateur de Vincent Van Gogh, collectionneur d’art africain, Vlaminck est l’auteur d’une œuvre expressionniste et sauvage. Sa réputation est passablement entachée par sa participation au voyage organisé par les nazis à Berlin en 1941.
Maurice de Vlaminck dans son atelier, 1949
© Photo Gjon Mili / The LIFE Picture Collection via Getty Images
« La bonne peinture est comme la bonne cuisine ; elle peut être dégustée mais pas expliquée. »
Le robuste Vlaminck, d’origine flamande, est né dans une famille de musiciens. Enfant de Chatou, il débute sa carrière d’artiste en autodidacte sous les auspices de l’impressionnisme, de Claude Monet en particulier.
Sa rencontre avec André Derain en 1900 est décisive. Les deux hommes se lient d’amitié pour la vie. Ils partagent un atelier et collectionnent des objets d’art africain. Ils se séparent en 1905, Derain rejoignant le Sud avec Henri Matisse. Les tableaux de Vlaminck portent à cette époque la marque de son admiration pour Van Gogh. Comme lui, il peint de manière brutale des paysages éclatants de couleurs pures. Le peintre expose au Salon des Indépendants de 1905 dans la célèbre « cage aux fauves » réunissant les partisans de Matisse. Il produit également des céramiques.
Découvrant Paul Cézanne, Vlaminck s’écarte du fauvisme pour travailler davantage la géométrisation des formes. Mais son œuvre demeure profondément figurative. L’artiste est aussi un théoricien, et travaille régulièrement dans le domaine de l’illustration, soutenu par le marchand allemand Daniel-Henry Kahnweiler.
Vlaminck est un amoureux de la campagne d’Île de France, de la Seine, qu’il peint sans relâche. Rueil-Malmaison est son fief (il y a vécu 12 ans avec sa femme et leurs deux filles). Il reprend des motifs impressionnistes mais les traitent avec sa rudesse habituelle. Sa peinture est généreuse, empâtée, et se distingue de toute épure moderniste. Les années passant, son œuvre devient plus sombre.
En 1941, il participe au voyage organisé par les nazis à Berlin, au même titre que son ami Derain. Au cours de ces années, le peintre se montre très provocateur et aigri, publiant des attaques contre certains peintres tel que Picasso. Vlaminck sera condamné par les comités d’épuration et interdit de publication. Il meurt en 1958.
Maurice de Vlaminck, Sur le zinc, 1900
Huile sur toile • 40 X 32 cm • Musée Calvet, Avignon • © Bridgeman Images
Sur le zinc, 1900
Peint dans l’esprit d’Henri de Toulouse-Lautrec, ce portrait presque caricatural témoigne des débuts de Vlaminck en peinture. À cette époque, il vient de lier amitié avec André Derain. Le style de Vlaminck s’impose d’emblée : une peinture robuste, brossée franchement à l’aide de couleurs vives, voire violentes. Elle anticipe les œuvres fauves.
Maurice de Vlaminck, Remorqueur sur la Seine, Chatou, 1906
Huile sur toile • National Gallery of art, Washington • © National Gallery of art, Washington
Remorqueur sur la Seine, Chatou, 1906
Cette toile illustre sa plus belle période, typiquement fauve. S’il reste dans le ton local, Vlaminck traite le paysage avec un expressionnisme digne de Van Gogh. L’artiste avait aussi été durablement marqué par la découverte des peintures de Matisse et de Derain à Collioure en 1905. L’œuvre témoigne du dépassement de l’impressionnisme par le peintre, tout en conservant les thèmes auxquels il est attaché.
Maurice de Vlaminck, Autoportrait (l’artiste à la pipe), 1911
Huile sur toile • 72 × 60 cm • Coll. particulière • © Bridgeman Images
Autoportrait (l’artiste à la pipe), 1911
Vlaminck n’a pas livré beaucoup d’autoportrait. Ici, il se représente avec un violon, son instrument de prédilection. Né dans une famille de musiciens, Vlaminck est excellent violoniste. S’écartant du fauvisme de ses débuts, le peintre se montre ici intéressé par l’esthétique cubiste et cézanienne, sans pour autant y adhérer franchement.
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