Alice Bailly, Les Rythmiciennes, 1918-1919
Laine, soie, papiers collés et encre sur toile • 82 x 66,5 cm • © Musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne
Alice Bailly, Autoportrait, 1927
Huile sur toile • 32 × 23 cm • Musée national des femmes dans les arts, Washington • © Wikimedia Commons
Jamais oubliée par les Genevois et les Valaisans, Alice Bailly (1872–1938) n’est pourtant pas reconnue à sa juste valeur à l’échelle internationale alors qu’elle a tissé un destin d’artiste ambitieuse entre la Suisse, l’Allemagne et la France.
Née à Genève en 1872, elle se forme à l’École des demoiselles avant de voyager à Naples et Munich au début du XXe siècle puis à Paris, où elle se fixe en 1904. Elle y côtoie Fernand Léger comme Marie Laurencin, s’imprègne du bouillonnement artistique, des fauves au cubisme. Sa peinture rythmique, également influencée par le futurisme est remarquée par Apollinaire qui la range parmi les orphistes. Elle expose au Salon des indépendants et au Salon d’Automne à Paris, mais aussi au Kunsthaus de Zurich et au musée Rath de Genève. En 1914, elle rentre en Suisse où elle assiste à la fondation de Dada en 1916. Après-guerre, son destin oscille entre Lausanne et Paris, et, malgré quelques expositions marquantes, ne connaît plus de véritable succès. Elle meurt dans son atelier le 1er janvier 1938, et outre deux rétrospectives organisées en Suisse cette même année, et une autre à Genève en 1957, elle tombe dans les oubliettes…
Résolument figuratif, l’art de Bailly reprend fréquemment les motifs de la danse et de la musique. Dans des œuvres des années 1910 telles que Bacchanale dans les rochers (1912, Genève), le corps féminin est traité en arabesques dans un traitement rappelant celui de Matisse. L’artiste dénonce par la suite la guerre dans des compositions futuristes (La Bataille de Tolochenaz, 1916, collection Pictet). L’originalité du style de l’artiste se révèle après la Première Guerre mondiale. Dans une démarche dada, Alice Bailly remplace la peinture par des fils de laine colorés jetés autour des canevas (Les Rythmiciennes, 1918–1919, Lausanne, ill. en Une), inventant les « tableaux-laine ». Ce concept permet de les distinguer de broderies pour rejeter toute hiérarchie entre beaux-arts et arts appliqués, entre masculin et féminin.
Alice Bailly, Le Caprice des Belles, 1918
Huile sur toile • 65 × 81 cm • Vente de Sotheby’s, 2010 © Wikimedia Commons
Alice Bailly est très bien représentée dans les collections publiques de la Suisse romande, où son statut d’actrice importante de l’avant-garde est tout de même reconnu. C’est au musée d’Art et d’Histoire de Genève et au musée cantonal des Beaux-arts de Lausanne que ses œuvres les plus marquantes sont conservées.
Musée d'Art et d'Histoire de Genève
Ouvert tous les jours de 11 h à 18 h
Fermé le lundi
2, rue Charles-Galland • 1206 Genève
institutions.ville-geneve.ch
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