Installation de la statue de Saint-Thomas au sommet de la flèche de la cathédrale Notre-Dame de Paris, jeudi 24 juillet 2025
© Geoffroy Van Der Hasselt / AFP
C’est en quelque sorte la cerise sur le gâteau ! Ce jeudi 24 juillet, six ans après l’incendie du 15 avril 2019 qui a ravagé Notre-Dame de Paris, la toute dernière des seize grandes sculptures monumentales en cuivre ornant la base de sa flèche, la statue de l’apôtre saint Thomas, a retrouvé sa place initiale grâce à une grue de 80 mètres de haut qui l’a précautionneusement redéposée sur le monument. Un moment symbolique fort dans la reconstruction de la cathédrale, auquel a assisté de près Philippe Jost, qui a présidé la fin du chantier en tant que successeur du général Jean-Louis Georgelin, décédé en août 2023.
Par un heureux concours de circonstances, les seize statues en question avaient été déposées pour restauration le 11 avril 2019, quatre jours seulement avant l’incendie. Lors de leur remise en beauté, menée d’avril 2019 à juin 2021 en Dordogne sous la maîtrise d’ouvrage de la Drac Île-de-France, ces sculptures en cuivre, qui avaient viré au vert-de-gris sous l’effet de l’oxydation au cours du XXe siècle, ont retrouvé leur couleur brune d’origine grâce à un micro-gommage. Les déformations ont également été redressées au marteau, et les parties trop dégradées, remplacées, puis le tout traité avec une peinture anticorrosion.
Dessinées en 1857 par l’architecte Eugène Viollet-le-Duc et sculptées par Adolphe-Victor Geoffroy-Dechaume, ces statues représentent les douze apôtres et les symboles des quatre évangélistes (le lion, le taureau, l’ange et l’aigle). Haute de trois mètres et pesant plus de 100 kilos, celle de saint Thomas (saint patron des architectes) possède une caractéristique unique : son visage est celui de Viollet-le-Duc, qui a dirigé au XIXe siècle la grande restauration de la cathédrale.
Installation de la statue de Saint-Thomas au sommet de la flèche de la cathédrale Notre-Dame de Paris, jeudi 24 juillet 2025
© Geoffroy Van Der Hasselt / AFP
Menée essentiellement de 1844 à 1864, cette dernière s’était accompagnée de modifications importantes, dont la création (en remplacement de celle qui avait été détruite durant la Révolution française) de la fameuse flèche néogothique, s’élevant jusqu’à 96 mètres de haut, qui s’est effondrée dans les flammes il y a six ans, et dont la reconstruction à l’identique s’est achevée en 2024, juste à temps pour que le sommet de l’aiguille soit visible pendant les Jeux olympiques de Paris.
Suite à l’incendie, les statues restaurées avaient été exposées de février 2023 à avril 2024 à la Cité de l’architecture et du patrimoine, pendant que se poursuivait la reconstruction de la flèche. Si la couverture de la partie supérieure de cette dernière avait été achevée début 2024, celle des parties médiane et inférieure a été terminée début 2025, permettant de commencer, le 23 juin dernier, la remise en place des sculptures. Bénies par Mgr Laurent Ulrich, archevêque de Paris, ces dernières ont été posées l’une après l’autre sur les gradins, « conformément au calendrier », précise un communiqué. Elles seront pleinement visibles à la fin du mois d’août grâce à la progression de la dépose de l’échafaudage de la flèche, qui commencera la semaine prochaine, marquant ainsi la fin d’un chantier titanesque.
Cathédrale Notre-Dame de Paris
6 Parvis Notre Dame - Place Jean-Paul II • 75004 Paris
www.notredamedeparis.fr
Vous aimerez aussi
Carnets d’exposition, hors-série, catalogues, albums, encyclopédies, anthologies, monographies d’artistes, beaux livres...
Visiter la boutiqueÀ lire aussi
Événement
À Toulouse, Henri-Georges Adam remis en lumière à travers quatre expositions
Abonnés
Auvergne-Rhône-Alpes
Alina Szapocznikow, sculptrice des corps disloqués au musée de Grenoble
ACTU
Trump et Epstein main dans la main : la mystérieuse statue installée devant le Capitole, déjà retirée et partiellement détruite