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Paul Signac en 2 minutes

En bref

Disciple de Georges Seurat marqué par l’impressionnisme de Claude Monet, Paul Signac (1863–1935) s’est imposé comme un passeur de modernité à la fin du XIXe siècle. Après la mort de Seurat, c’est lui qui prend les rênes du néo-impressionnisme. Son ascendance s’exprime au sein du Salon des Indépendants, dont il est le président historique jusqu’à sa mort en 1935. L’œuvre de Signac est abondante, marquée par sa découverte de la lumière du Sud et son installation à Saint-Tropez.

Paul Signac dans son atelier
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Paul Signac dans son atelier, sans date

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© Granger / Bridgeman Images

Il a dit

« La division est davantage une philosophie qu’un système. »

Sa vie

Il aurait dû être architecte, il est devenu peintre. Paul Signac, issu d’une famille aisée, est subjugué à l’âge de 16 ans par l’exposition impressionniste de 1879. Il décide de devenir… impressionniste. Monet, plus qu’un autre, a sa préférence.

Installé à Montmartre, dans le quartier de la bohème artistique, Signac participe au premier Salon des Indépendants de 1884 où il fait la rencontre de Georges Seurat, jeune artiste audacieux, de formation classique. Ensemble, ils élaborent le divisionnisme, qui entend dépasser l’impressionnisme traditionnel en lui apportant un supplément de théories scientifiques.

En 1886, Signac devient un fervent divisionniste. Il adopte totalement la technique pointilliste qui consiste à déposer sur la toile de petites touches de couleurs pures afin de créer une harmonie chromatique plus intense que dans l’impressionnisme naturaliste. Après la mort de Seurat, en 1891, Signac devient le chef de file du mouvement. Sa touche évolue et se libère progressivement de la doctrine mise au point par Seurat. Au fil du temps, sa palette deviendra de plus en plus lyrique.

En 1892, sur le conseil de son ami Henri-Edmond Cross, divisionniste comme lui, Signac s’installe à Saint-Tropez. Marin dans l’âme, vivre dans un port méditerranéen convient bien à son tempérament. Signac remonte fréquemment sur Paris, notamment à l’occasion du Salon des Indépendants dont il prend la présidence en 1908. Entre temps, Signac écrit un ouvrage manifeste, D’Eugène Delacroix au néo-impressionnisme (1899), qui devient le livre de chevet de toute une nouvelle génération d’artistes. Signac tente d’y historiciser le néo-impressionnisme, plaçant Delacroix comme le précurseur de la science des couleurs.

La fin de la vie de Signac est marquée par un grand projet : peindre les principaux ports français. L’idée émane de la commande que lui passe un collectionneur. En naît une importante série d’aquarelles, qui renouvelle un style paysager à la mode au XVIIIe siècle. 

Ses œuvres clés

Paul Signac, Opus 217. Sur l’émail d’un fond rythmique de mesures et d’angles, de tons et de teintes, Portrait de M. Félix Fénéon en 1890
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Paul Signac, Opus 217. Sur l’émail d’un fond rythmique de mesures et d’angles, de tons et de teintes, Portrait de M. Félix Fénéon en 1890, 1890

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Huile sur toile • 73,5 × 92,5 cm • Museum of Modern Art, New York • © Digital image, The Museum of Modern Art, New York / Scala, Florence

Opus 217. Sur l’émail d’un fond rythmique de mesures et d’angles, de tons et de teintes, Portrait de M. Félix Fénéon en 1890, 1890

Théoricien du néo-impressionnisme, Félix Fénéon est représenté par Signac comme une forme de dandy magicien. Tenant canne et chapeau haut-de-forme, il tend une fleur de lys épanouie à un interlocuteur invisible, comme s’il venait de la faire apparaître. Son profil de « yankee » (surnom que lui donnait ses amis) se détache sur un fond qui simule, de manière fantastique, les nouvelles théories sur les lois des couleurs et de l’optique sur lesquelles s’appuie ce groupe de peintres emmené par Seurat et Signac.

Paul Signac, Femmes au puits, Opus 238
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Paul Signac, Femmes au puits, Opus 238, 1892

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Huile sur toile • 195 × 131 cm • Musée d’Orsay, Paris • © Peter Willi / Bridgeman Images

Femmes au puits, 1892

Il s’agit de l’une des premières œuvres de Signac après son installation à Saint-Tropez, en 1892. L’artiste est encore très marqué par le style de Seurat et son divisionnisme rigoureux. Le peintre appose les couleurs par minuscules touches, en les décomposant et en usant de la complémentarité des teintes. Le propos est d’obédience symboliste : les femmes sont occupées à une activité séculaire qui les rattachent à une époque idéale, dans un paysage qui paraît idyllique.

Paul Signac, La Bouée rouge
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Paul Signac, La Bouée rouge, 1895

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Huile sur toile • 81 × 65 cm • Musée d’Orsay, Paris • © Bridgeman Images

La Bouée rouge, 1895

Signac était un marin dans l’âme, et appréciait en particulier peindre les ports. Nous sommes ici dans celui de Saint-Tropez, qui n’était pas encore le haut lieu de la jet set. Le travail de Signac se focalise sur la complémentarité des teintes, entre le bleu de l’eau et le rouge de la bouée. Par ailleurs, il se concentre sur la représentation des reflets, la technique pointilliste étant ici particulièrement bien mise en valeur.

Par • le 13 mars 2020
Retrouvez dans l’Encyclo : Paul Signac Pointillisme

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