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Philippe de Champaigne en 2 minutes

Philippe de Champaigne en bref

Philippe de Champaigne (1602–1674) incarne le génie de l’École française au XVIIe siècle, au sein de la cour de Marie de Médicis et de Louis XIII. Membre fondateur de l’Académie royale de peinture et de sculpture, il est à la fois peintre d’histoire, spécialisé dans les sujets religieux, et portraitiste réputé d’une grande finesse psychologique. Philippe de Champaigne est un adepte de la mesure, de la clarté, de la ligne et du coloris riche et maîtrisé, dans la lignée de Nicolas Poussin et de Simon Vouet, ses contemporains.

Philippe de Champaigne, Autoportrait
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Philippe de Champaigne, Autoportrait, 1640

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Huile sur toile • 62 × 50,8 cm • Coll. The Schorr Collection • © Bridgeman Images

La vie de Philippe de Champaigne en quelques dates

Une formation chez les maîtres flamands puis à Paris

Né à Bruxelles, dans une famille de tailleurs d’origine française, Philippe de Champaigne manifeste très jeune un goût exclusif pour la peinture. Il étudie chez différents maîtres flamands avant d’arriver à Paris et d’y faire la connaissance de Nicolas Poussin. Ce dernier introduit le jeune peintre à la cour de Marie de Médicis, au palais du Luxembourg. Renonçant à tout voyage en Italie, Philippe de Champaigne ne subit pas l’influence des maîtres de la Renaissance. Travailleur, il étudie la nature, les lois de la perspective, l’anatomie et bien sûr l’histoire sainte et mythologique qui devait nourrir ses sujets.

Peintre de Louis XIII, Marie de Médicis et Richelieu

Installé à Paris à la cour de Marie de Médicis, Philippe de Champaigne a une belle place. Naturalisé français en 1629, il travaille pour la reine au sein du couvent des Carmélites de la rue Saint-Jacques et de l’église des Filles-du-Calvaire. Il reçoit plusieurs commandes du roi Louis XIII (dont celle de peindre les villes de France). Peintre du roi et de la reine mère, Philippe de Champaigne devient aussi celui du cardinal de Richelieu qui le met en concurrence avec Simon Vouet. Champaigne œuvre pour le tombeau de Richelieu à la Sorbonne, le cardinal lui ayant confié le décor de la coupole.

Un peintre janséniste

Marié à la fille de l’un de ses premiers protecteurs, le peintre Nicolas Duchesne, l’artiste a trois enfants nés de cette union. Philippe de Champaigne est très marqué par le décès de son épouse, en 1638, et de deux de ses enfants. Ces deuils l’orientent vers la foi, et le peintre fréquente les milieux jansénistes parisiens.

Des portraits à la finesse psychologique

Champaigne travaille aussi pour les nobles de la cour, les membres de la haute société. Il est renommé pour la qualité de ses portraits, intimes comme d’apparat. Le peintre représente aussi de nombreuses religieuses, montrant sa maîtrise de la psychologie du modèle, qui rend les personnages monumentaux.

Professeur à l’Académie royale de peinture et de sculpture

Après la mort de Marie de Médicis en 1642, Philippe de Champaigne quitte le palais du Luxembourg pour habiter l’île de la Cité. Il travaille pour Jacques Tubeuf, président de la chambre des comptes, ou encore Anne d’Autriche. Il s’établit ensuite sur la montagne Sainte-Geneviève. Philippe de Champaigne mène une activité professorale au sein de l’Académie royale de peinture et de sculpture. L’artiste décède en 1674 à Paris, auréolé de gloire.

Ses œuvres clés

La Présentation au temple, 1628–1630

Philippe de Champaigne, La Présentation au temple
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Philippe de Champaigne, La Présentation au temple, 1628

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392 × 325 cm • Coll. musée des beaux-arts, Dijon

La scène rapporte la présentation de Jésus au temple de Jérusalem. Ce sujet est très présent chez les peintres du XVIIe siècle. La composition pensée par Philippe de Champaigne est ambitieuse et les coloris riches. Dans ce cadre monumental, souligné par l’architecture, les personnages sont criants de vérité. Cette œuvre qui a assuré à Philippe de Champaigne sa première notoriété appartient à un cycle composé pour le couvent des Carmélites du faubourg Saint-Jacques à Paris.

Portrait du cardinal de Richelieu, 1635–1640

Philippe de Champaigne, Portrait du cardinal de Richelieu
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Philippe de Champaigne, Portrait du cardinal de Richelieu, 1635–1640

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Huile sur toile • 222 × 155 cm • Coll. musée du Louvre, Paris

Prince de l’Église, le cardinal de Richelieu est le principal ministre de Louis XIII. Philippe de Champaigne réalise ce grand portrait qui le représente, dans son immense manteau rouge franc. Le front large, dans un visage mince, montre l’esprit du modèle. Le cardinal confie plusieurs commandes importantes au peintre : des décors mais également des portraits.

Le Christ mort dans son linceul, 1654

Philippe de Champaigne, Le Christ mort dans son linceul
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Philippe de Champaigne, Le Christ mort dans son linceul, 1654

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Huile sur panneau • 68 × 197 cm • Coll. musée Louvre, Paris • © Photo Josse / Bridgeman Images

Ce tableau très célèbre marqué d’un profond réalisme propose une méditation sur la mort et, plus encore, sur l’au-delà. Le mystère semble prêt à s’ouvrir, comme les plaies qui abîment le corps du Christ mort. Philippe de Champaigne se conforme à une certaine iconographie de son temps. La plaie sur le côté, en forme de bouche, rappelle le baiser du dévot. L’artiste nous fait entrer, visuellement, à l’intérieur du corps du Christ, proposant une mise en abyme de la révélation. Il innove littéralement en positionnant le corps du Christ à l’horizontal, à la différence des pietà italiennes.

La mère Catherine-Agnès Arnauld et la sœur Catherine de Sainte Suzanne Champaigne, fille de l’artiste, 1662

Philippe de Champaigne, La mère Catherine-Agnès Arnauld et la sœur Catherine de Sainte Suzanne Champaigne, fille de l’artiste
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Philippe de Champaigne, La mère Catherine-Agnès Arnauld et la sœur Catherine de Sainte Suzanne Champaigne, fille de l’artiste, 1662

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Huile sur toile • 165 × 203,5 cm • Coll. musée du Louvre, Paris

Cette toile, belle et austère, fut peinte par Philippe de Champaigne en remerciement pour la guérison dite miraculeuse de sa fille aînée, religieuse au couvent de Port-Royal et paralysée. Catherine de Sainte-Suzanne Champaigne est accompagnée par une seconde religieuse, plus âgée qu’elle, assise en prière. Sœur Catherine tient sur ses genoux le reliquaire de la sainte épine, qui serait à l’origine du miracle, dont l’avènement est suggéré par une discrète lumière tombant sur les deux protagonistes. De cette sobre et inhabituelle composition se dégage une impression de profonde spiritualité, de recueillement et d’espoir.

Par • le 7 octobre 2024
Retrouvez dans l’Encyclo : Classicisme Philippe de Champaigne

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