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Jacopo Carucci, dit Le Pontormo (1494–1557), est un peintre maniériste toscan. Formé par Andrea del Sarto, il se distingue par son style tout à fait personnel. Pontormo travaille autant pour les églises de Florence que pour l’illustre famille des Médicis qui le soutient. Admiré par Michel-Ange, passé par l’atelier de Léonard de Vinci et de Piero di Cosimo, Pontormo veut innover. Il refuse la perspective classique et se détourne du réalisme. Son objectif : produire une émotion forte, en accentuant les mouvements des corps et les expressions des personnages. Il s’impose comme l’un des grands maniéristes du XVIe siècle.
Jacopo Pontormo, Autoportrait de l’artiste
Craie rouge sur papier • © Raffaello Bencini / Bridgeman Images
« Il avait de très beaux traits, et si peur de la mort qu’il ne voulait pas même en entendre parler, et évitait d’avoir à rencontrer des morts. » Michel-Ange
Fils d’un peintre, Jacopo Carucci dit Le Pontormo (du nom de son village) a laissé peu de traces de son enfance. Nous savons qu’il est orphelin très jeune et envoyé à Florence. Vasari le présente comme un enfant solitaire et mélancolique, deux traits de son caractère qui devaient perdurer. Les historiens de l’art connaissent peu de détails sur sa vie intime, bien qu’il ait écrit un journal détaillé. Il donne l’image d’un homme courtois, entouré de lettrés mais aimant l’isolement et de nature très anxieuse.
À douze ans, la légende veut que Pontormo peigne une Annonciation qu’admire Michel-Ange. Le jeune apprenti passe successivement dans l’atelier de Piero di Cosimo, de Léonard de Vinci puis d’Andrea del Sarto, où il acquiert le complet métier de peintre et apprend aussi le pouvoir de la narration par l’image. L’histoire rapporte que del Sarto, voyant le génie de son élève, en fût jaloux et le chassât de son atelier.
À peine sorti de l’atelier de del Sarto, Pontormo est invité à mettre son talent au service du pape Léon X. Ce dernier organise de grandes festivités à Florence : Pontormo peint des trophées, des chars, et rend honneur à la famille de Médicis, si puissante dans cette cité. Ceux-ci confient au peintre la réalisation de portraits, ainsi qu’une décoration dans leur villa à Poggio a Caiano. Pontormo y travaillera aux côtés de Del Sarto. Par ailleurs, il peint également pour l’Église, réalisant notamment les fresques du cloître de l’Annunziata.
Qu’il travaille à fresque ou sur bois, Pontormo s’implique dans sa peinture mais reste comme indifférent au sujet qu’il traite. Tout est intense dans son œuvre. Admirateur de Raphaël et de Michel-Ange, il joue sur l’accentuation des mouvements et des expressions. Sa palette est vive, et l’artiste explore les contrastes forts entre les couleurs.
Pontormo a lui-même un atelier. Il forme notamment le jeune Bronzino, et lui ouvre les portes de la grande famille des Médicis. Le peintre devient le fidèle collaborateur de Pontormo. Si sa date de mort est incertaine, il est enterré le 2 janvier 1557 en l’église Santissima Annunziata de Florence.
Pontormo, Portrait d’un bijoutier (graveur sur bijoux ou ciseleur), 1517
Huile sur bois • 70 × 53 cm • Paris, musée du Louvre • © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Adrien Didierjean
Portrait d’un graveur de pierres fines, vers 1517–1518
Ce portrait a parfois été identifié comme étant celui de Giovanni Delle Corniole, mais cette information est sujette à crédit. Il traduit une certaine inquiétude du modèle, une forme d’agitation. Mais peut-être le peintre projette-t-il dans ce portrait ses propres angoisses ? Les œuvres de l’artiste ont souvent été commentées dans ce sens. L’artiste fait en tout cas preuve de sa manière enlevée.
Pontormo, La visitation de Carmignano, 1528
Huile sur toile • 202 × 156 cm • Eglise de Saint Michel et Saint Francois, Carmignano, Italie • © Akorey
La Visitation de Carmignano, 1528
Ce tableau de retable représente une scène du Nouveau Testament. Il s’agit de la visitation de la Vierge à sa cousine Elisabeth. Le style maniériste de Pontormo éclate dans cette œuvre au travers des couleurs extrêmement intenses. Les corps sont étirés et semblent ne faire qu’un avec leurs vêtements. Pontormo exclut toute anecdote et se concentre sur le moment de la rencontre et sur l’intensité de l’échange entre les deux femmes.
Pontormo, La déposition, 1526–28
Huile sur toile • 313 × 192 cm • Eglise Sainte Felicità • © Mattes
Déposition, vers 1528
Le corps du Christ est descendu de la croix pour être remis à sa mère, Marie. Œuvre pleinement maniériste, elle se caractérise par l’accentuation intense des mouvements et des expressions. Le rose, le bleu et le jaune forment la gamme prédominante de la palette de Pontormo. Complexe et idéaliste, cette œuvre traduit la préoccupation première de l’artiste : susciter chez le spectateur une émotion forte.
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