Sonia Delaunay, Rythme, décoration pour le Salon des Tuileries (Disques) (détail), 1938
Huile sur toile • 536 x 595 cm • Coll. musée d'art moderne de Paris • Photo Pierre Antoine
Voilà une occasion rare d’observer les coulisses des soins apportés par les musées à nos précieuses œuvres d’art ! Depuis le 15 avril et jusqu’au 30 juin, le musée d’Art moderne de Paris restaure en direct, in situ et en public, l’une de ses pièces maîtresses : Rythme, décoration pour le Salon des Tuileries (Disques) (1938) de Sonia Delaunay (1885–1979) – une toile monumentale aux couleurs joyeuses, mesurant environ six mètres sur cinq.
Durant encore deux mois, les visiteurs pourront suivre tout le processus de consolidation du châssis et de restauration de la couche picturale de ce tableau offert à la ville de Paris en 1939 et qui fait partie d’un ensemble de sept grandes toiles réalisées pour le Salon des Tuileries en 1938 par différents artistes : Sonia Delaunay, Robert Delaunay, Albert Gleizes, André Lhote et Jacques Villon.
Jaune, bleu, rouge… Composée de cercles, disques et demi-disques aux couleurs vives, imbriqués les uns dans les autres comme les rouages tournants du film Les Temps modernes de Charlie Chaplin (1936), cette œuvre dynamique est caractéristique de l’orphisme. Fondé par Sonia Delaunay et son mari Robert, ce mouvement dérivé du fauvisme et du cubisme est célèbre pour ses assemblages de formes colorées aux lignes circulaires et aux contrastes vitaminés.
Sonia Delaunay, Rythme, décoration pour le Salon des Tuileries (Disques), 1938
Huile sur toile • 536 × 595 cm • Coll. musée d’art moderne de Paris
En juin 2021, une équipe de conservation avait découvert sur la toile des zones fragiles, proches de la rupture – un état qu’elle avait jugé « inquiétant ». Sa restauration, nécessaire, a donc été organisée grâce au soutien du programme « Art Conservation Project » de la banque américaine Bank of America.
Rien qu’en 2024, ce dernier finance 24 remises en état d’œuvres d’art à travers le globe, dont celle d’une autre peinture encore plus monumentale : Un enterrement à Ornans de Gustave Courbet, qui débutera fin 2024 au musée d’Orsay. Depuis 2010, pas moins de 260 œuvres ont été restaurées grâce à ce programme aux quatre coins du monde.
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