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Matisse, Bonnard, Whistler, James Cameron… Que valent les grandes expos du moment ?

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Partout en France, de grandes expositions viennent d’ouvrir leurs portes. Et vous, qu’irez-vous voir ? Pour vous aider à vous décider, voici notre avis !  

Un chef-d’œuvre de Matisse à la fondation Louis Vuitton, une rétrospective pour découvrir Jean Hélion au musée d’Art moderne de Paris, l’histoire de la bande dessinée au XXe siècle racontée à Beaubourg : l’été est bien rempli à Paris… Ailleurs en France, de Rouen à Metz en passant par Aix-en-Provence, de grands noms de l’art sont aussi à l’affiche.

Mais, qu’est-ce que ça vaut exactement ? Nous avons promené notre œil parmi les grands temps forts de cet été 2024. Les amateurs d’art prolongeront le plaisir avec les multiples manifestations prévues dans le cadre des Jeux olympiques et paralympiques.

« Matisse, l’Atelier rouge » à la fondation Louis Vuitton

Vue d’installation de l’exposition « Matisse, L’Atelier rouge »
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Vue d’installation de l’exposition « Matisse, L’Atelier rouge »

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© Succession H. Matisse 2024 / Photo Fondation Louis Vuitton / Louis Bourjac

Le pitch :
La fondation Vuitton réunit pour la première fois L’Atelier rouge d’Henri Matisse aux côtés des œuvres représentées dans le célèbre tableau daté de 1911, soit une quinzaine de toiles et de sculptures qui se trouvaient dans son atelier à Issy-les-Moulineaux. Une enquête sur une œuvre fondamentale, longtemps incomprise avant d’entrer au MoMA, un chef-d’œuvre radical qui a fasciné toute une génération de peintres abstraits, tel Mark Rothko.

Ce qu’on a aimé :
Une simple toile peut-elle suffire à tenir en haleine ? L’Atelier rouge, qui n’était pas revenu en France depuis 1993, offre une immersion dans l’histoire de l’art moderne. Très pédagogique, le parcours commence par nous dépeindre, à l’aide de photos, de plans et archives, l’atmosphère de cet atelier d’Issy-les-Moulineaux dont les murs étaient en réalité de couleur claire. Sur la palette du peintre, après le bleu et le rose, c’est finalement le rouge qui va s’imposer et emplir tout l’espace. Puis vient la découverte du chef-d’œuvre et la mise en abyme miraculeuse des œuvres qui figurent sur le tableau, dont le résultat est saisissant : on admire en particulier les petites sculptures placées au premier plan et le Jeune Marin II (1906), autre chef-d’œuvre de Matisse prêté par le Metropolitan de New York. Seul le Grand nu de 1911 manque à l’appel, matérialisé par une photo de 1916.

Dommage :
La fondation Vuitton, habituée à nous ravir avec ses expositions, ne déroge pas à la règle. Matisse offre une belle amorce dans l’abstraction, un plaisir à prolonger en allant voir l’exposition consacrée en parallèle à Ellsworth Kelly (1923–2015) toujours chez Vuitton. M.B.

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Matisse, l'atelier rouge

Du 4 mai 2024 au 9 septembre 2024

« Bande dessinée, 1964–2024 » au Centre Pompidou

« La bande dessinée 1964-2024 » dans la Galerie 2 du Centre Pompidou
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« La bande dessinée 1964–2024 » dans la Galerie 2 du Centre Pompidou

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© Centre Pompidou, MNAM / Photo Audrey Laurans

Le pitch :
Cet été, le Centre Pompidou célèbre la bande dessinée avec plusieurs expositions : le héros Corto Maltese mis en lumière à la Bibliothèque publique d’information, Marion Fayolle qui s’empare de la Galerie des enfants… La plus importante est à visiter au 6e étage et consacrée aux 60 dernières années de BD en Europe, en Asie et aux États-Unis. Divisé en douze chapitres, le parcours va des revues satiriques (le journal Hara-Kiri) aux univers géométriques (avec un projet inédit de Chris Ware) en passant par la bande dessinée horrifique (Shigeru Mizuki), les albums comiques (Zep), les récits intimes (Alison Bechdel) ou encore les imaginaires d’anticipation (Mœbius).

Ce qu’on a aimé :
Pas facile de cerner un sujet aussi vaste, aux auteurs aussi divers ! Le Centre Pompidou s’en sort plutôt bien, les différents thèmes étudiés permettant de brasser large, tout en donnant un aperçu par petites touches d’univers radicalement différents. Surtout, alors qu’on aurait pu craindre le pire concernant la fluidité de la visite (chaque page méritant d’être lue, les files d’attente auraient pu se multiplier), la scénographie est pensée de façon astucieuse, offrant à chacun de rire de l’irrévérence de Claire Brétecher, de se replonger avec émotion dans les pages de Marjane Satrapi ou d’étudier de près le traitement des couleurs chez Lorenzo Mattotti, sans se sentir bousculé. Planches, couvertures, carnets, projets plastiques… La variété est également au rendez-vous du côté des types d’œuvres présentées (on s’amusera d’ailleurs à noter les artistes qui soignent leurs feuilles et laissent leurs marges immaculées, et ceux qui les couvrent d’annotations). On peut par ailleurs s’arrêter pour écouter d’intéressantes interviews filmées d’auteurs.

Dommage :
Chaque chapitre est séparé par de grands pans blancs qui font écran, et accueillent des projections de créations numériques, par exemple de Pénélope Bagieu. Si l’idée n’est pas mauvaise, elle n’est pas forcément réalisée de manière très élégante, et apparaît un petit peu en trop dans un panorama déjà foisonnant. M.C.-L.

Bande dessinée (1964-2024)

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Billetterie Beaux Arts présentée par Come to Paris.

« Le Monde comme il va » à la Bourse de Commerce – Pinault Collection

Kimsooja, Respirer – Constellation (To Breathe — Constellation)
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Kimsooja, Respirer – Constellation (To Breathe — Constellation), 2024

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Miroirs • Coll. Pinault, Bourse de commerce, Paris • © Pinault Collection / © Kimsooja / Photo Agence 11h45 – Florent Michel / ADAGP, Paris, 2024

Le pitch :
Une installation « renversante » ainsi qu’un ensemble d’œuvres des années 1970 à aujourd’hui, toutes issues de la riche collection de François Pinault, ont investi les différents espaces de la Bourse de Commerce. Dans cette exposition-fleuve, les artistes contemporains s’intéressent aux (nombreux) dérèglements du monde, qui décidément ne tourne pas rond…

Ce qu’on a aimé :
Jusqu’au vertige, le parcours fait dialoguer de façon intéressante de nombreuses œuvres iconiques, comme un Balloon Dog de Jeff Koons, symbole trompeur d’une Amérique rutilante, confronté à des gélules médicamenteuses aux faux airs de bonbons, révélatrices de maux cachés. Une Ferrari rouge crashée (Bertrand Lavier) et des Concorde en chute libre (Wolfgang Tillmans) incarnent la démesure autodestructrice de l’humanité. L’absurdité de la guerre y est également exprimée par des œuvres marquantes comme le très perturbant Adolf Hitler en prière de Maurizio Cattelan, et un superbe tableau du peintre irakien Mohammed Sami, qui transforme une pluie de bombes en un étrange ciel étoilé. Le clou de la visite restant les vieillards hyperréalistes du duo d’artistes chinois Sun Yuan et Peng Yu : treize chefs d’État et chefs religieux affalés ou endormis dans des fauteuils roulants, qui se déplacent dans une grande salle de manière erratique. Une critique grinçante d’un pouvoir enlisé et sénile !

Dommage : Ce « monde à l’envers » est symbolisé, sous la rotonde située au cœur du bâtiment, par l’installation de l’artiste coréenne Kimsooja, qui a tapissé le sol de miroirs pour renverser le ciel sous nos pieds et provoquer une perte de repères : une œuvre très instagrammable grâce à l’architecture du lieu, mais aussi un peu facile. On regrette également que certains sujets importants soient à peine évoqués dans le parcours, comme le racisme (à travers seulement quelques petits tableaux du peintre métisse Frank Walter) et les femmes, tandis que la pollution et le réchauffement climatique en sont étrangement absents. Peut-être pour éviter une redite de l’exposition « Avant l’orage », présentée à la Bourse de Commerce en 2023…  J.B.

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Le monde comme il va

Du 20 mars 2024 au 2 septembre 2024

www.pinaultcollection.com

« Jean Hélion. La prose du monde » au musée d’Art moderne de Paris

Vue de l’exposition « Jean Hélion, La prose du monde » au Musée d’Art Moderne de Paris
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Vue de l’exposition « Jean Hélion, La prose du monde » au Musée d’Art Moderne de Paris

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© MAMVP Paris Musées – ADAGP, Paris, 2024 / Photo Pierre Antoine

Le pitch :
Le musée d’Art moderne de Paris remet en lumière ce grand incompris des avant-gardes qu’est Jean Hélion (1904–1987) dans une copieuse rétrospective de 150 œuvres qui déroule l’ensemble de sa carrière, de sa découverte de l’abstraction avec le néoplasticisme jusqu’à ses surprenantes natures mortes peuplées de citrouilles aux accents surréalistes. Entre ces deux pôles, Hélion n’a cessé de faire évoluer son langage formel, en alternant abstraction et figuration, et en naviguant entre Paris et New York : tantôt ses toiles sont habitées de volumes tubulaires ou coniques aux teintes pastel, tantôt ce sont d’immenses polyptyques aux scènes banales (mais énigmatiques) traversées d’hommes chapeautés, de nus, d’aveugles… C’est donc un peintre singulier, au cœur des nombreuses batailles esthétiques du XXe siècle, que l’exposition tente ici de réhabiliter.

Ce qu’on a aimé :
Jean Hélion se révèle être au fil de ce parcours tortueux un personnage attachant, autodidacte poursuivant sa voie en toute indépendance et réinterrogeant sans cesse ses ambitions artistiques au prisme de l’Histoire. Peut-on continuer à peindre des toiles abstraites après avoir été témoin (en tant que prisonnier) des horreurs de la guerre ? Influent chef de file, l’artiste remet pourtant perpétuellement son art en jeu, bravant sans hésiter les critiques et les modes pour n’être fidèle qu’à ses idées.

Dommage :
Bien que varié, le défilé de toiles finit par lasser. En cause, une trop grande profusion au milieu d’une scénographie plate et impersonnelle, calquée sur les expositions précédentes du musée d’Art moderne de Paris (cimaises blanches et vitrines chargées de documents qui viennent combler les vides). Les ruptures, les coups d’éclats et le climat orageux dans lequel s’inscrit l’artiste ne se lisent qu’au travers des cartels. F.G.

Jean Hélion – La prose du monde

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Billetterie Beaux Arts présentée par Come to Paris.

« We Are Here » au Petit Palais

Vue de l’exposition « We Are Here » au Petit Palais à Paris
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Vue de l’exposition « We Are Here » au Petit Palais à Paris

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© Musée du Petit Palais – Dist. Paris Musées / Photo Gautier Deblonde

Le pitch :
Pour la première fois, le Petit Palais ouvre ses portes au street art et convie quelque 60 pointures de l’art urbain à installer leurs œuvres au sein des salles de sa collection permanente.

Ce qu’on a aimé :
Signées d’artistes qu’on a peu l’occasion de voir exposés dans nos musées, à l’instar de Shepard Fairey, alias Obey, ou de Banksy, cette réunion d’œuvres est époustouflante de variété – tant dans l’expression que dans les médiums, peinture, sculpture, installations comprises. L’accrochage réussit avec brio le pari de dialoguer avec les lieux et les collections classiques du Petit Palais. Le soleil rouge de Djerba d’Invader réveille l’astre couchant peint par Claude Monet, les papillons de D*Face se posent avec délicatesse dans le décor… Parmi les sculptures, celle de Cleon Peterson apparaît comme une suite logique. Seth et son installation de livres, où l’enfance culmine, crève littéralement le plafond. On est bluffé par la fin du parcours où une grande salle accroche à touche-touche 161 œuvres façon Salon de peinture du XIXe siècle. Comme les artistes « refusés » en leur temps, ces signatures de l’art urbain cassent la baraque !

Dommage :
Les grincheux ronchonneront de toute manière. Les autres se laisseront transporter par le plaisir de (re)découvrir les collections du Petit Palais au gré de cette exposition d’art urbain. En plus, l’entrée est gratuite ! M.B.

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We Are Here. Une expostion d'art urbain au Petit Palais

Du 12 juin 2024 au 19 janvier 2025

www.petitpalais.paris.fr

« Matthew Barney. Secondary » à la fondation Cartier

Vue de l’exposition « Matthew Barney – Secondary » à la Fondation Cartier
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Vue de l’exposition « Matthew Barney – Secondary » à la Fondation Cartier

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© Eva Herzog

Le pitch :
L’Américain Matthew Barney (né en 1967) revient à Paris, dix ans après sa dernière expo dans la capitale. Son installation vidéo « Secondary » renvoie à un accident sportif survenu en 1978 aux États-Unis : lors d’un match de football, le choc entre le joueur Jack Tatum et le receveur de l’équipe adverse, Darryl Stingley provoque la paralysie de ce dernier. D’autres œuvres créées spécialement pour cette expo se joignent à ce récit physique qui mêle football américain, danse et sculpture.

Ce qu’on a aimé :
L’installation consistant en cinq écrans suspendus en hauteur au-dessus d’un tapis aux motifs géométriques capte évidemment l’attention. On y scrute les corps malmenés par l’exploit et vieillissant de danseurs (dont l’artiste) interprétant le rôle, sur le terrain, de footballeurs américains. Tournée dans le studio de sculpture de Matthew Barney à Long Island City (New York), la séquence joue de ralentis spectaculaires et d’une respiration haletante. Cet élan physique  a quelque chose du film immersif de Douglas Gordon et Philippe Parreno cadré sur le footballeur Zidane, œuvre présentée à l’automne dernier à la Philharmonie de Paris. À l’étage inférieur, parmi les « Drawing Restraint », série de vidéos commencée dans les années 1980, ne manquez pas le film performé sur place par le danseur Raphael Xavier et dont les murs de la fondation Cartier conservent la trace.

Dommage : Qu’on ne s’y trompe pas, malgré son titre, « Secondary » n’a rien d’une proposition secondaire : Barney marque durablement les esprits par sa façon de scruter les corps. Mais ceux qui pensent revivre le choc du « Cremaster Cycle », œuvre des plus fameuses de Matthew Barney qui fit sensation en 2002 au musée d’Art moderne de Paris, resteront un peu sur leur faim : exit la fantasmagorie et l’étrange. Seule une sculpture à admirer in situ – un banc de musculation –, c’est peu… On aimerait tellement en voir davantage ! M.B.

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Matthew Barney - Secondary

Du 8 juin 2024 au 8 septembre 2024

www.fondationcartier.com

« Bonnard et le Japon » à l’hôtel de Caumont

« Bonnard et le Japon » à l’hôtel de Caumont
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« Bonnard et le Japon » à l’hôtel de Caumont

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© Culturespaces / Thomas Garnier

Le pitch :
Toute sa vie, Pierre Bonnard (1867–1947) a collectionné les estampes japonaises et a nourri son œuvre des grands principes esthétiques des maîtres de l’ukiyo-e. Au point d’être surnommé le « nabi très japonard  », fameux surnom que lui dégotte le critique d’art Félix Fénéon. À l’hôtel de Caumont d’Aix-en-Provence, l’exposition « Bonnard et le Japon » met en lumière l’influence de ces « images du monde flottant » dans l’œuvre du peintre.

Ce qu’on a aimé :
On aurait pu craindre un accrochage binaire « un Bonnard, une estampe » et une démonstration s’appuyant seulement sur la forme. Ouf, il n’en est rien ! Au contraire, l’exposition explore l’influence nipponne dans l’œuvre du peintre tant d’un point de vue esthétique que philosophique, décelant notamment dans la peinture de Bonnard des références au wabi-sabi, grand principe japonais célébrant l’impermanence des choses. Elle offre aussi aux visiteurs l’occasion d’admirer une merveilleuse sélection d’estampes – de fragiles trésors provenant de la collection Leskowicz, qui dialoguent admirablement avec les œuvres de Bonnard (dont le sublime paravent Femmes au jardin).

Dommage :
R.A.S. Propos passionnant, démonstration solide et chefs-d’œuvre par dizaines : cette relecture de l’œuvre de Bonnard nous a franchement passionnés (et dépaysés) ! I.B.

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Bonnard et le Japon

Du 3 mai 2024 au 6 octobre 2024

www.caumont-centredart.com

« Whistler, l’effet papillon » au musée des Beaux-Arts de Rouen

L’exposition « Whistler, l’effet papillon » présentée au Musée des Beaux-Arts de Rouen
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L’exposition « Whistler, l’effet papillon » présentée au Musée des Beaux-Arts de Rouen

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© Réunion des Musées Métropolitains Rouen Normandie / Photo Yohann Deslandes

Le pitch :
À Rouen, dans le cadre du festival Normandie Impressionniste, une grande exposition rend hommage au peintre américain James Abbott McNeill Whistler (1834–1903), en soulignant à la fois les influences qui ont nourri son œuvre, et la façon dont il a, à son tour, inspiré de nombreux artistes.

Ce qu’on a aimé :
Fort de prestigieux prêts, ce parcours dense et feutré offre de très beaux moments, comme une première grande salle mettant en relation l’évanescente Harmonie en blanc et bleu de Whistler (1860) avec d’autres figures immaculées, signées de peintres et de photographes pictorialistes inspirés (ou proches) du style whistlerien. On aime aussi la présentation détaillée du personnage de Whistler, un étrange dandy qui inspira les écrivains, ainsi que la salle raffinée qui présente les inspirations japonaises du peintre, en mêlant estampes, éventails, céramiques, tableaux et autres objets, autour d’un chef-d’œuvre prêté par la Tate Britain : Symphonie en blanc ou la Petite Fille blanche (1864). On salue enfin l’audace finale du parcours : aux côtés de paysages brumeux de Whistler et de ses émules qui tendent vers l’abstraction par une dissolution visionnaire des formes, celui-ci s’achève par une toile de Mark Rothko !

Dommage :
Si le dialogue avec d’autres artistes est intéressant, on aurait aimé voir davantage d’œuvres de Whistler. On déplore également la qualité des éclairages, qui rendent souvent difficile l’appréciation des œuvres. Enfin, la salle consacrée à la mère de Whistler (Arrangement en gris et noir n°1), chef-d’œuvre prêté par le musée d’Orsay, déçoit un peu en ne faisant que la juxtaposer avec d’autres tableaux présentant des femmes assises de profil. Un parallèle avec des œuvres modernes (dans la veine du Rothko final) et une analyse plus précise des particularités de ce tableau, très différent du reste du corpus de Whistler, auraient été bien plus pertinents ! J.B.

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James Abbott McNeill Whistler – L’effet papillon

Du 24 mai 2024 au 22 septembre 2024

mbarouen.fr

« Andres Serrano. Portraits de l’Amérique » au musée Maillol

L’exposition « Andres Serrano. Portraits de l’Amérique » au Musée Maillol à Paris
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L’exposition « Andres Serrano. Portraits de l’Amérique » au Musée Maillol à Paris

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© Tempora – dbcreation

Le pitch :
Après Steve McCurry en 2021, Elliott Erwitt en 2023, le musée Maillol célèbre jusqu’au 20 octobre un autre monument de la photographie : Andres Serrano. L’Américain de 73 ans, qui se considère moins comme photographe que comme artiste conceptuel, est ici honoré d’une vaste rétrospective rassemblant près de 90 clichés – l’une des plus importantes jamais présentées en France. Depuis plus de 30 ans, l’artiste porte un regard sans concession sur son pays, révélant ses failles et ses fractures les plus profondes : violence, racisme, pauvreté, puritanisme… Sa démarche, proche de celle d’un anthropologue, met en lumière l’envers du décor du rêve américain. L’œuvre sulfureuse du photographe, aux dimensions kitsch et trash assumées, a pu choquer au point de devenir une cible de choix des conservateurs aux États-Unis comme en France, où son célèbre Piss Christ (1987) avait été attaqué en 2011. Pas de quoi intimider l’artiste qui, à quelques mois de l’élection présidentielle américaine, nous invite plus que jamais à nous interroger sur les États-Unis.

Ce qu’on a aimé :
Mi-chronologique, mi-thématique, le parcours de l’exposition rassemble les séries les plus célèbres du photographe, telles que « Nomads », qui redonne leur dignité aux sans-abri croisés dans le métro new-yorkais, ou « The Klan », glaçants portraits (masqués) de suprémacistes du Ku Klux Klan, comme d’autres moins connues, à l’image d’ « Objects of Desire » qui met en scène la fascination des Américains pour les armes à feu. Entre ombre et lumière, la scénographie intensifie la puissance des œuvres de Serrano, dont la monumentalité et les couleurs se trouvent ici sublimées.

Dommage :
Il s’agit d’un sans-faute, si l’on omet notre légère déception face à la reconstitution de l’exposition « The Game: All Things Trump » proposée à la fin de la visite. Présentée pour la première fois à New York en 2019, celle-ci rassemblait quelque 500 artefacts à l’effigie de Donald Trump parmi le millier collectionné par Serrano au fil des années. Une expérience vertigineuse qui, au musée Maillol se limite à quelques dizaines d’objets seulement. I.B.

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Andres Serrano. Portraits de l'Amérique

Du 27 avril 2024 au 20 octobre 2024

museemaillol.com

« Katharina Grosse. Déplacer les étoiles » au Centre Pompidou-Metz

Katharina Grosse, Vue de l’exposition « Katharina Grosse: Déplacer les étoiles », Centre Pompidou-Metz
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Katharina Grosse, Vue de l’exposition « Katharina Grosse: Déplacer les étoiles », Centre Pompidou-Metz, 2024

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acrylique sur tissu sur le sol • 1 400 × 4 250 × 3 250 cm • Photo Jens Ziehe / Courtesy Centre Pompidou – Metz; Gagosian; Galerie Max Hetzler; Galerie nächst St. Stephan Rosemarie Schwarzwälder / Adagp, Paris 2024

Le pitch :
Le Centre Pompidou-Metz offre trois de ses espaces à l’artiste allemande Katharina Grosse (née en 1961) : son parvis, son entrée et sa grande nef. Le premier accueille un sol peint de couleurs éclatantes, la deuxième une œuvre historique reconstituée pour l’occasion (sa chambre couverte de peinture au pistolet au début des années 2000) et la dernière une installation de 8 250 m2 de tissu

Ce qu’on a aimé :
Après avoir collaboré avec Elmgreen & Dragset, Thomas Houseago ou Refik Anadol, le Centre Pompidou-Metz confirme sa volonté d’offrir aux artistes contemporains la possibilité de projets mémorables, à grande échelle. Impossible de ne pas être impressionné par l’ampleur des installations de Katharina Grosse, par la force de cette peinture qui se fait environnement, et par la séduction entêtante de sa palette de couleurs industrielles, qu’elle applique d’ailleurs toujours seule, aidée de son pistolet. Le sol extérieur peint amène (ou pas) le public vers l’intérieur du musée, interroge la frontière entre l’extérieur et l’intérieur de l’institution ; laquelle manifeste ici encore, comme avec les artistes précédemment cités, la volonté de mettre en avant des œuvres immersives, photogéniques, pour mieux mener le public à l’art contemporain. Et ce, sans céder un pouce à l’exigence artistique.

Dommage :
La chambre peinte perd un peu de sa force dans l’immensité de l’entrée du musée. On a du mal à ressentir l’irrévérence et la folie du geste de l’artiste, qui avait dû se racheter un lit pour pouvoir dormir après avoir couvert ses propres meubles de peinture… Une photographie assortie d’un cartel aurait peut-être fait l’affaire, tout simplement. M.C.-L.

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Katharina Grosse. Déplacer les étoiles

Du 1 juin 2024 au 24 février 2025

www.centrepompidou-metz.fr

« L’Art de James Cameron » à la Cinémathèque française

La scénographie de l’exposition « L’Art de James Cameron » à la Cinémathèque à Bercy
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La scénographie de l’exposition « L’Art de James Cameron » à la Cinémathèque à Bercy

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© La Cinémathèque française / Photo Stéphane Dabrowski

Le pitch :
De Terminator à Avatar en passant par Titanic, la Cinémathèque nous embarque au cœur du processus artistique du réalisateur canadien James Cameron (né en 1954). Dessins, pastels, peintures, accessoires, costumes… : 300 œuvres ont été rassemblées pour cette exposition qui balaie toute une vie de création, de ses premiers croquis à ses plus récentes productions. Une manière d’explorer aussi, à travers ces films culte, les grands thèmes qui imprègnent son œuvre : menace nucléaire, intelligence artificielle ou encore destruction de l’environnement.

Ce qu’on a aimé :
C’est un bonheur de découvrir les premières illustrations du jeune James Cameron, tout droit sorties de ses archives personnelles, comme si l’on avait fouillé dans son grenier ! On aperçoit alors les monstres, machines et paysages extraterrestres qui peupleront plus tard ses films, mais aussi ses influences, de la BD Conan le Barbare aux films d’horreur de série B des années 1950–1960. On s’engouffre ensuite dans l’univers de ses œuvres cinématographiques, qui, en interrogeant les limites de l’humanité et son futur sur Terre, ont permis au cinéaste visionnaire de redoubler d’inventivité et d’utiliser des technologies de pointe.

Dommage :
Une exposition bien faite pour les fans du réalisateur et adeptes de science-fiction, mais plus difficile à appréhender pour les autres. On regrette aussi l’emphase un peu pesante des textes du parcours, qui énumère les mille et une vertus de James Cameron. J.C.

L'art de James Cameron

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Billetterie Beaux Arts présentée par Come to Paris.

« Présences arabes – Art moderne et décolonisation, Paris 1908 – 1988 » au musée d’Art moderne de Paris

Vue de l’exposition « Présences arabes » au musée d’Art Moderne de Paris. À gauche, l’œuvre « Aïchoura » de Chaïbia Tallal (1981). À droite, « Tête » de Jaber (s.d)
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Vue de l’exposition « Présences arabes » au musée d’Art Moderne de Paris. À gauche, l’œuvre « Aïchoura » de Chaïbia Tallal (1981). À droite, « Tête » de Jaber (s.d)

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© MAM Paris Musées / Photo Nicolas Borel

Le pitch :
Le musée d’Art moderne de Paris (MAM) rend hommage aux modernités arabes du XXe siècle en dévoilant 200 œuvres de plus de 130 artistes. En quatre chapitres, le parcours chronologique, clair et riche, passe de la renaissance culturelle arabe, dite Nahda, aux indépendances du Liban, de la Syrie, de l’Égypte et de l’Irak, suivies de celles de la Tunisie, du Maroc et de l’Algérie, pour finir avec les luttes anti-impérialistes internationales.

Ce qu’on a aimé :
Relier l’art arabe moderne à son histoire politique : un pari réussi pour les trois commissaires Odile Burluraux, Madeleine de Colnet et Morad Montazami qui ont élaboré cette riche exposition après plus de quatre années de recherches. En présentant des œuvres rarement montrées en France, le parcours souligne les conflits internes de ces artistes formés dans des écoles d’art à Paris, où le colonialisme règne. Peintures, sculptures, photographie et documents d’archives… : la scénographie rend un hommage nécessaire qui rappelle l’invisibilisation de cette avant-garde arabe dont on a plaisir de (re)découvrir des noms comme Baya, Mohamed Ataallah, ou Huguette Caland. Il ne s’agit pas seulement d’histoire de l’art, mais de mémoire.

Dommage :
Rien à redire sur cette exposition généreuse, qui réveille les réseaux artistiques arabes ainsi que ceux de Paris, ville symbole de l’accès à la modernité et de l’anticolonialisme. On repart grandi avec en tête un passé trop longtemps masqué de la scène artistique internationale et de l’histoire de l’art. M.M.D

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Présences arabes. Art moderne et décolonisation. Paris 1908-1988

Du 5 avril 2024 au 25 août 2024

www.mam.paris.fr

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