Versailles

Grâce à l’intelligence artificielle d’OpenAI, le château de Versailles invite à discuter avec ses statues

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Le Bassin de Latone dans les jardins du Château de Versailles
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Le Bassin de Latone dans les jardins du Château de Versailles

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© Thomas Garnier

Si elles pouvaient parler, quels secrets pourraient bien nous confier les centaines et les centaines de sculptures qui peuplent le domaine de Versailles depuis des siècles ? Pour le savoir, il suffit de sortir désormais son smartphone dans le jardin du domaine et là, magie : en scannant le QR code des cartels disséminés dans le parc, chacun peut engager la conversation avec une vingtaine de statues. C’est le nouveau dispositif imaginé par Versailles avec la start-up spécialisée dans la médiation culturelle innovante Ask Mona et le géant de l’intelligence artificielle générative OpenAI.

La technologie est en effet la même que celle de ChatGPT, développé par l’entreprise américaine, qui permet grâce à ses récentes évolutions (Realtime API) d’échanger à l’oral de manière fluide et naturelle avec l’IA. Ainsi, si vous demandez à Latone, marbre sculpté de 1670 qui trône dans la perspective du château au sein de son majestueux bassin : « Je n’y connais rien en art, explique-moi pourquoi tu es entourée d’hommes-grenouilles recouverts d’or » ou « Je suis spécialiste du XVIIe siècle, qui sont les frères Marsy qui t’ont sculptée ? », ou même toute question que vous n’oseriez poser à un guide-conférencier, Latone elle-même vous répondra dans l’instant ; et ce, de manière totalement personnalisée, en français, en anglais ou en espagnol.

Bassin d’Apollon dans les jardins du château de Versailles
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Bassin d’Apollon dans les jardins du château de Versailles

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© Château de Versailles / T. Garnier

Pas de risque ici d’obtenir des informations erronées, comme c’est parfois le cas avec les modèles de langages génératifs (les fameuses « hallucinations ») : la base de données qui a permis d’entraîner l’IA a été constituée et validée par Pierre-Hippolyte Pénet, conservateur en chef du patrimoine chargé de l’architecture, des sculptures et des décors au château de Versailles. Aussi, inutile d’interroger l’œuvre sur un autre sujet ; elle vous enverra gentiment promener.

Quand l’IA se met au service de la médiation autour du patrimoine

Ask Mona x Open AI x Château de Versailles
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Ask Mona x Open AI x Château de Versailles

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© Château de Versailles

« Donner vie aux statues : c’est une véritable utopie. Mais attention, ce n’est pas non plus un gadget ! », s’enthousiasme Pierre-Emmanuel Lecerf, administrateur général du château, pour qui « cette approche hyper interactive, fouillée et individualisée, allie le meilleur des technologies à la meilleure des médiations. » Pour l’institution – comme pour OpenAI et Ask Mona –, l’intérêt réside également dans ce que les visiteurs (8,5 millions par an) pourront révéler ainsi de leurs préoccupations, de leur parcours de visite et de leur profil. « Cela permettra un bond en matière de recherche », se réjouit l’institution.

Expérimental, le dispositif ne sera accessible que jusqu’à l’hiver 2025. Mais pour Julie Lavet, responsable des partenariats Europe chez OpenAI – dont le bureau parisien a été inauguré en novembre 2024 –, la France est le lieu idéal pour développer des partenariats culturels de ce genre. « ChatGPT est largement utilisé dans le monde à des fins éducatives, cela nous semble donc essentiel d’être présent en France où il y a un tel patrimoine, un tel réservoir de savoirs. Pour nous, l’IA n’est pas une fin en soi mais un levier de démocratisation culturelle », a-t-elle précisé lors de la présentation du dispositif à la presse le 23 juin.

VR, réalité augmentée… Le château de Versailles à la pointe de la technologie

« Depuis sa construction jusqu’aux premiers vols en montgolfières, Versailles a toujours été le cadre de grandes avancées dans tous les domaines. »

Christophe Leribault

Si les IA génératives, dont les milliers d’images et de textes déferlent sur Internet, posent encore de nombreuses questions en matière de droit d’auteur ou d’exploitation des données, et suscite la défiance d’une grande partie du monde de la culture, le château de Versailles affirme, quant à lui, n’être « réfractaire à aucune innovation technologique, tant qu’elle est au service de l’authenticité du patrimoine ». Son président Christophe Leribault rappelle même que « depuis sa construction jusqu’aux premiers vols en montgolfières, Versailles a toujours été le cadre de grandes avancées dans tous les domaines. »

De fait, le château a récemment ressuscité les jardins disparus d’André Le Nôtre dans une expérience – plutôt réussie – de réalité virtuelle (disponible jusqu’en janvier 2026) avec HTC Vive, après aussi avoir été l’une des premières institutions muséales françaises présentes sur TikTok, et même avoir noué un partenariat avec Ubisoft pour apparaître dans le jeu vidéo Just Dance 2024. Au château de Versailles, pas de doute, les vieilles pierres vivent avec leur temps.

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Dialoguez avec les sculptures des jardins du château de Versailles

Par Ask Mona et OpenAI

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