D’une demeure néogothique à de mystérieux châteaux médiévaux, en passant par les ruines d’une abbaye embrumée, et même le Petit Trianon, la France regorge de lieux habités par des « dames blanches », spectres vengeurs et autres esprits frappeurs à faire dresser les cheveux sur la tête.
Pour Halloween, Beaux Arts vous invite à visiter huit lieux chargés d’histoires étranges et fascinantes, de la Dordogne à la Bretagne. Dans certains d’entre eux, vous pourrez même, si vous l’osez, passer la nuit !
Construite autour de 1839 dans une très chic impasse du quartier de Pigalle à Paris, cette mystérieuse demeure néogothique cachée derrière une grille en fer forgé se dote d’un fabuleux mais inquiétant décor fait de boiseries sombres, de ferronneries acérées, de gargouilles et de vitraux peuplés de personnages médiévaux. Des morts mystérieuses et tragiques y seraient survenues, dont celle d’une femme de chambre, assassinée dans l’escalier à coups de tisonnier au début du XXe siècle. Acquéreuse de la demeure, la chanteuse Sylvie Vartan n’y a finalement jamais emménagé, et deux propriétaires y sont morts paralysés dans leur lit. Si bien que la villa a fini par être exorcisée, mettant fin aux bruits étranges…
Château De Puymartin, en Dordogne
@ Déclic & Décolle
Avec ses créneaux, ses hautes tours pointues et son ambiance austère, le château de Puymartin semble fait pour attiser de sombres légendes. On raconte que cette demeure périgourdine érigée à partir du XVe siècle, réputée pour son superbe studiolo (un cabinet secret classé monument historique pour ses murs lambrissés de chêne ornés de scènes mythologiques peintes en grisaille datant du XVIIe siècle), serait hantée par une « dame blanche ». Cette silhouette translucide, qui glisserait parfois la nuit dans un escalier et sur le chemin de ronde, serait le fantôme d’une ancienne habitante : la châtelaine Thérèse de Saint-Clar. Au XVIe siècle, cette dernière aurait trompé son époux qui, pour la punir, l’aurait enfermée dans une petite pièce glacée de la tour nord, où elle aurait vécu les seize dernières années de sa vie, nourrie par une trappe, avant que son corps n’y soit emmuré…
Façade et intérieur du château de Fougeret
© Adeline Quinzel
Construit entre les XIVe et XVIe siècles, ce château féodal de 1 500 m², ancien bastion de défense de la guerre de Cent Ans, domine la vallée de la Vienne depuis le sommet d’une falaise de trente-huit mètres. Inscrit monument historique pour ses peintures murales, ses plafonds décorés, ses boiseries, son escalier et sa cheminée gothique monumentale en pierre sculptée, l’édifice, peuplé de tableaux, poupées et bibelots inquiétants, est connu pour être « le plus hanté de France ». Déplacements d’objets, bruits, voix, apparitions… : les phénomènes paranormaux y seraient légion, au point que ses propriétaires effrayés ont fini, après avoir échoué à le vendre, par lancer en 2010 des soirées médiumniques et des nuitées spirites. Avis aux amateurs !
Le petit Trianon et ses jardins en automne
© Château de Versailles / T. Garnier
Construit par Louis XV pour sa favorite la marquise de Pompadour, le Petit Trianon, lieu mythique de Versailles constitué d’un petit château néoclassique (chef-d’œuvre de l’architecte Ange-Jacques Gabriel) entouré de jardins, est davantage connu pour son décor idyllique que pour des histoires de revenants. Pourtant, par une chaude journée d’août 1901, deux Anglaises y rencontrent des hommes et une femme étranges aux vêtements démodés, ainsi qu’un kiosque chinois, et y ressentent un sentiment de détresse inexpliqué. Persuadées que les lieux sont hantés, elles publient le récit de leur aventure en 1911. Et si les personnages aperçus étaient des fantômes de Madame du Barry et des jardiniers de Louis XV ? Des décennies plus tard, la découverte d’un plan du Trianon (dont les Anglaises n’auraient pu avoir connaissance) révèle que la construction d’un pavillon chinois y avait bien été prévue en 1774…
Niché dans un écrin de verdure, le manoir des Brumes est à première vue un superbe logis du XIIe siècle, idéal pour un week-end bucolique – d’autant plus depuis qu’il a été converti en un charmant hôtel spa. Sauf que cette ancienne commanderie de l’ordre des Templiers, ex-demeure de moines-soldats, a la réputation d’être un lieu maudit où fut longtemps pratiquée la magie noire. Coups et claquements, tintements de cloches entendus dans les greniers, objets déplacés, souffle glacial émanant de certains murs, spectres de Templiers aperçus de nuit dans le parc embrumé, visage de femme décharné glissant à travers les portes des chambres, cercueil fantomatique apparaissant subitement dans le jardin, les couloirs ou le moulin : de nombreux phénomènes y ont été signalés au fil des siècles. Comme si les âmes de tous les Templiers suppliciés y avaient élu domicile…
Le Manoir de Sainte Geneviève des Brumes
2 Route de la Mer • 27150 Bouchevilliers
www.moulindelaforge.com
Ruines de l’abbaye de Mortemer, dans l’Eure
© RIEGER Bertrand / Hemis
Ses ruines envahies par la végétation semblent sortir d’un livre de contes. Nichée au cœur de l’immense forêt domaniale de Lyons, cette abbaye normande serait la plus hantée de France, au point qu’un musée y recense ses légendes. Entouré de brumes et de marécages, cet ancien refuge cistercien fondé en 1134 a périclité durant la guerre de Cent Ans, pour ne plus abriter, à la Révolution française, que quatre vieux ermites à moitié fous. On raconte que ces moines assassinés à la Révolution se promèneraient encore dans ses caves pour y boire un vin au goût de sang, qu’une « dame blanche » y errerait, et qu’une femme loup-garou, tuée au XIXe siècle, aurait habité les lieux. Pour couronner le tout, un ruisseau (né, selon la légende, des larmes de sainte Catherine) y émet des sanglots…
Salle à manger, ancienne salle des gardes du Château de Combourg, en Bretagne
© Château de Combourg / libre de droit
Construit entre le XIIe et le XVe siècle au bord d’un lac breton, ce majestueux château classé au titre des monuments historiques est célèbre pour avoir été la demeure d’enfance de l’écrivain François-René de Chateaubriand. Dans ses Mémoires d’outre-tombe, l’auteur décrit les nuits de terreur passées à y entendre les miaulements d’un chat fantôme et la martèlement d’une jambe de bois. Un chat noir aurait été enterré vivant dans l’une des pièces du château pour conjurer le mauvais sort. Or, après la mort de Chateaubriand, une momie de chat emmurée au XIVe siècle y a effectivement été découverte par des ouvriers. Quant à la jambe de bois, il s’agirait de celle du comte de Combourg, Malo-Auguste de Coëtquen, qui avait perdu une jambe lors d’une bataille en 1709. Des légendes qui ont inspiré l’écrivaine Fred Vargas pour son dernier roman policier, Sur la dalle (2023).
Château de Veauce, situé dans l’Allier
© Jeremy Mincer
Cette forteresse médiévale à trois tours et 108 pièces, dont la construction a été lancée par Charlemagne en l’an 808, a, elle aussi, sa « dame blanche » : le fantôme de Lucie, une jeune fille de 18 ans qui serait arrivée sur les lieux vers 1565 à la recherche d’un travail et aurait été courtisée par le baron résident. Jalouse, l’épouse de ce dernier aurait, lors d’un voyage de son mari, enfermé la belle dans le donjon de la tour de l’horloge, où elle serait morte de froid et de faim. Au fil des siècles, de nombreux témoins racontent avoir vu sa silhouette fantomatique déambuler le long du rempart. En 1984, une équipe de radio et des enquêteurs du paranormal y auraient assisté à d’étranges phénomènes sonores et lumineux. Le fils de l’ancienne ballerine anglaise Elisabeth Mincer, installée en 2002, dit y avoir vu des spectres. Mais la tour du fantôme menaçant de s’écrouler, elle est désormais interdite d’accès, et le château à vendre.
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