Paris regorge de lieux insolites dont les Parisiens eux-mêmes ignorent souvent l’existence… C’est pourquoi après avoir arpenté la capitale à la découverte de ses musées cachés ou de ses plus beaux lieux méconnus, Beaux Arts vous propose un itinéraire de balade 100 % insolite.
Une pagode chinoise plantée au milieu d’immeubles haussmanniens, un fabuleux vestige du Moyen Âge, un extraordinaire cabinet de curiosités, un hôtel particulier digne des châteaux de la Loire, une église Art déco couverte de mosaïques colorées ou encore un immeuble cathédrale : Paris n’a pas fini de vous surprendre !
Maison de Loo, Pagoda Paris
Sa haute silhouette rouge d’inspiration asiatique détonne au milieu des immeubles haussmanniens de la Plaine-Monceau ! On doit cette fantaisie architecturale à Ching Tsai Loo, un marchand d’art chinois qui, dans les années 1920, a fait l’acquisition d’un hôtel particulier bâti sur deux étages, tout ce qu’il y a de plus classique dans ce quartier chic de la capitale. Avec le concours de l’architecte Fernand Bloch, il décide de transformer la bâtisse en pagode – un véritable petit bout de Chine en plein Paris ! Si l’intérieur au décor somptueux reste inaccessible au public, on se console en admirant depuis la rue de Courcelles la superbe façade rouge ocre de l’édifice, surmontée d’un monumental toit en épis, et son fastueux portail en bois précieux. Dépaysement garanti !
Maison de Loo – Pagoda Paris
48 Rue de Courcelles, 75008 Paris
Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site de la maison de Loo.
Immeuble de l’architecte Frédéric Borel, rue Pelleport
© Frédéric Borel Architecte
Tous ses habitants vous le diront : c’est son architecture hétéroclite qui fait le charme du 20e arrondissement ! Parmi ses nombreux immeubles contemporains, bâtis sur les vestiges des anciens faubourgs de la capitale, figure, au 131 rue Pelleport, une construction tout à fait insolite, que l’on doit à l’architecte Frédéric Borel (auréolé du Grand Prix national d’architecture en 2010). Sorti de terre en 1999, cet édifice de béton et de verre aux volumes éclatés a des allures de sculpture cubiste monumentale ! Il abrite aujourd’hui dix logements sociaux.
Immeuble Frédéric Borel
131 rue Pelleport, 75020 Paris
Façade et voûte de la tour Jean-Sans-Peur
© Bertand Gardel / Bertrand Rieger / hémis
De l’ancien palais des ducs de Bourgogne érigé au XIIIe siècle, il ne reste que cette tour Jean-Sans-Peur, qui se dressait autrefois sur des remparts du Paris moyenâgeux. Tombé en désuétude après le XVIe siècle, l’édifice s’est transformé au fil des siècles en lieu de théâtre, en repaire de brigands et en appartements, avant d’être racheté par la Ville de Paris en 1874 puis, une décennie plus tard, classé aux monuments historiques. Du haut de ses 27 mètres, elle domine aujourd’hui la rue Étienne-Marcel et abrite un musée dédié à la vie au Moyen Âge. Comble du luxe pour l’époque, l’endroit était doté de latrines avec un conduit d’évacuation inséré dans les murs, et même d’un système de chauffage dont subsistent encore les vestiges. Le lieu se fait aussi l’écrin d’un chef-d’œuvre du XVe siècle : un escalier d’apparat surmonté d’une superbe voute sculptée de motifs végétaux d’une admirable finesse, qui vaut à elle seule la visite !
Tour Jean-sans-Peur
20 rue Étienne-Marcel, 75002 Paris
Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site de la tour Jean-sans-Peur.
Nef de l’église Saint-Jean-Bosco
© Bertrand Gardel / hémis
Impossible de la rater avec son haut clocher blanc, culminant, tel un phare, à 53 mètres ! Pourtant, l’église Saint-Jean-Bosco, construite en 1933 dans le quartier de Charonne (20e arrondissement), demeure méconnue des Parisiens… Elle vaut néanmoins le détour, tant son architecture fait figure d’exception dans le paysage alentour : cet édifice en béton armé couvert d’un enduis blanc immaculé est un véritable trésor Art déco. Inspiré de la fameuse église Notre-Dame du Raincy des frères Perret, il renferme un prodigieux décor mêlant peintures, statuaires, vitraux et surtout d’extraordinaires mosaïques dorées et colorées. Un tour de force artistique que l’on doit à l’architecte Démétrius Rotter.
Église Saint-Jean-Bosco
79 rue Alexandre-Dumas, 75020 Paris
Intérieur de la boutique Deyrolle
© Deyrolle
Grande référence dans le domaine de la taxidermie, Deyrolle a vu le jour il y a deux siècles. Bien plus qu’une boutique, l’enseigne abrite entre ses murs de la rue du Bac, où elle est installée depuis 1888, un merveilleux cabinet de curiosités peuplé d’une improbable faune naturalisée, d’insectes en tout genre, de crustacés ou encore de minéraux parfois très spectaculaires, comme des éclats de la planète Mars ! D’André Breton à Sophie Calle, plusieurs générations d’artistes se sont passionnés pour cette institution scientifique qui, depuis 2019, a aussi donné son nom à un prix décerné chaque année à un artiste de la Section naturaliste au Salon des Beaux-Arts.
Deyrolle
46 rue du Bac, 75007 Paris
Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site de Deyrolle.
L’Horloge du Palais de la Cité, sur la tour nord-est de la Conciergerie
© Hervé Hughes / hémis
De passage sur l’île de la Cité, un conseil : levez la tête. Car, sur la tour nord-est de la Conciergerie, se trouve la plus ancienne horloge de Paris ! Commandée par le roi Charles V à Henri de Vic en 1371, elle fonctionne depuis près de 650 ans. Maintes fois modifiée, sauvée de la destruction à la Révolution et restaurée, son aspect a depuis bien changé. Son cadran, en particulier, a été reconstruit en 1849, d’après des plans datant de 1686. Ce dernier est entouré de deux allégories figurant la Loi et la Justice et est surmonté d’un petit toit sur lequel figurent les initiales de Henri II et Catherine de Médicis, ainsi que celles de Henri IV et Marguerite de Valois – la reine Margot. Prêts pour un voyage dans le temps ?
Tour de l’Horloge du Palais de la Cité
2 boulevard du Palais, 75001 Paris
Façade de l’Institut d’art et d’archéologie
© Centre Michelet / Sorbonne Université et de Panthéon Sorbonne
Les étudiants en histoire de l’art connaissent bien cet édifice singulier, qui borde l’avenue de l’Observatoire (6e arrondissement) et abrite l’Institut d’art et d’archéologie de l’Université Panthéon-Sorbonne. Conçu par l’architecte normand Paul Bigot et achevé en 1927, l’édifice s’inscrit à contre-courant des tendances architecturales de son époque. Son étonnante façade en briques rouges surmontée de petits édicules évoque autant les architectures siennoise et vénitienne que mauresque ou subsaharienne. On peut y admirer une frise archéologique en bas-relief réalisée par la manufacture de Sèvres, constituée de moulages en terre cuite de sculptures grecques, romaines, médiévales et Renaissance. Un savoureux mélange des genres !
Institut d'art et d'archéologie – Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
3 rue Michelet, 75006 Paris
Pour en savoir plus sur cet institut, rendez-vous sur le site de l’institut d’art et d’archéologie.
Nef de l’église Notre-Dame-du-Travail
© Bertrand Gardel / hémis
Depuis la rue Vercingétorix (14e arrondissement), son austère façade en pierre de style roman ne laisse en rien présager de la surprise qui vous saisit une fois à l’intérieur de l’église Notre-Dame-du-Travail. Dotée d’une grande armature métallique surmontée d’une charpente en poutrelles apparentes, elle témoigne des grands progrès architecturaux de la fin du XIXe siècle. Bâtie entre 1897 et 1902, cette église remarquable loue le travail des ouvriers, nombreux dans ce quartier autrefois populaire. Ces derniers pouvaient alors se recueillir dans un lieu à l’apparence familière, dont les décors, notamment dans les chapelles latérales, célèbrent les métiers ouvriers.
Église Notre-Dame-du-Travail
59 rue Vercingétorix, 75014 Paris
Le Regard de la Lanterne
© Gilles Targat / Photo12 / Afp
Sans doute êtes-vous déjà passé à côté de ces architectures aux allures de maisonnettes pittoresques sans y prêter attention… Ce sont des regards : un petit édifice en pierre permettant d’accéder au réseau de canalisation de la capitale ! Autrefois nombreux le long du réseau des eaux de Belleville, il n’en subsiste aujourd’hui que quelques exemples à l’image du regard de la Lanterne, particulièrement original par sa forme ronde surmontée d’un lanternon. À l’intérieur, un escalier permet d’accéder au bassin. Classé aux monuments historiques, il ouvre parfois ses portes lors des Journées du patrimoine.
Parc du Regard de la Lanterne
5 rue Augustin-Thierry, 75019 Paris
Immeuble cathédrale de la rue Réaumur
Si la rue Réaumur ne manque pas d’immeubles remarquables, un en particulier attire l’œil. À l’angle de la rue Saint-Denis se dresse une imposante bâtisse néo-gothique aux accents historicistes, sur la façade de laquelle figure un étonnant pastiche… de portail d’église médiévale ! On doit cet étonnant édifice aux architectes Édouard Singery et Philippe Jouannin et au sculpteur F.-A. Jacquier qui, profitant d’un concours architectural organisé au moment du percement de la rue, ont donné libre cours à leur imagination et leur fantaisie. Le décor somptueux comprend plusieurs éléments qui évoquent le thème du temps : une horloge monumentale, des allégories des quatre saisons ainsi que des représentations des signes du zodiaque. Grâce à une récente campagne de restauration menée en 2023, l’immeuble cathédrale de la rue Réaumur a retrouvé sa splendeur d’antan.
Immeuble-cathédrale de la rue Réaumur
61-63 rue Réaumur, 72002 Paris
La maison de Nicolas Flamel
© Auberge Nicolas Flamel / Thetravelbuds
C’est la plus vieille maison de Paris ! Située au 51 rue de Montmorency, dans le 3e arrondissement, elle aurait été édifiée en 1407, comme le précise l’inscription qui court le long d’une frise au rez-de-chaussée. La maison Nicolas Flamel porte le nom de son propriétaire, écrivain-juré de l’Université de Paris, qui selon la légende aurait percé les secrets de la pierre philosophale. Ses initiales sont gravées sur la façade médiévale, qui est également ornée de figures de saints et d’anges. Si Nicolas Flamel fit bâtir cette maison à la mort de son épouse pour y accueillir les pauvres, le lieu abrite aujourd’hui un restaurant gastronomique, l’Auberge Nicolas Flamel.
Maison Nicolas Flamel
51 rue de Montmorency, 75003 Paris
L’Hôtel Gaillard
© Cyril Marcilhacy
Situé au cœur du 17e arrondissement, l’hôtel Gaillard fait figure d’ovni architectural parmi les immeubles haussmanniens de la Plaine-Monceau. On doit cet édifice à un certain Émile Gaillard, un banquier qui eut, à la Belle Époque, la folle idée de faire bâtir en plein Paris un hôtel particulier inspiré des châteaux de la Loire, et plus particulièrement du château de Blois. En témoigne son improbable façade en briques et en pierres décorée de motifs en forme de losanges, flanquée de tourelles et de gouttières dorées. Avec son majestueux escalier à double révolution et son immense salle de bal, l’endroit semble en effet avoir été bâti pour un monarque ! Racheté à la mort de son propriétaire par la Banque de France, cet hôtel particulier hors norme abrite aujourd’hui Citéco, un musée dédié à l’économie.
Hôtel Gaillard
1 place du Général Catroux, 75017 Paris
Jardin et Hôtel d’Heidelbach
© MNAAG Paris / Photo Vincent Leroux
À la recherche d’un havre de paix en plein cœur de la capitale ? Direction l’hôtel d’Heidelbach, situé à quelques pas du musée Guimet. Si cet hôtel particulier vaut le détour, c’est non seulement pour sa somptueuse architecture néoclassique, mais aussi pour son jardin japonais où vous attend une véritable surprise : un authentique pavillon de thé ! Conçu pour y accueillir des cérémonies du thé par l’architecte Nakamura Masao et construit par des artisans japonais sous la houlette du maître-charpentier Yamamoto Takaaki, l’édifice offre une véritable parenthèse dépaysante au beau milieu du tumulte parisien.
Hôtel d'Heidelbach
19 avenue d’Iéna, 75116 Paris
Vous aimerez aussi
Carnets d’exposition, hors-série, catalogues, albums, encyclopédies, anthologies, monographies d’artistes, beaux livres...
Visiter la boutiqueÀ lire aussi
Sorties
Paris : La Nuit Blanche 2024 dévoile un excitant programme dédié aux Outre-mers
Actu
La foire Paris+ change de nom pour fêter son entrée au Grand Palais et annonce de nouveaux secteurs
Actu
Le projet de « place-jardin » de Philippe Prost et Bruel-Delmar choisi pour le réaménagement de la place de la Concorde