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Cinéma

Andy Goldsworthy, Père Nature

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Publié le , mis à jour le
Le chaman britannique du land art tisse des liens profonds avec les éléments. De ces échanges naissent des œuvres sublimes. Penché dans le vent le suit dans ses pérégrinations.

Un serpent de pierre, une pluie de pétales rouges, un lit de roche, un bornage jaune de feuilles d’orme… Andy Goldsworthy sait détourner le moindre élément naturel pour en faire une œuvre de suspension poétique, éphémère ou durable. Ce représentant aujourd’hui fameux du land art avait déjà eu les honneurs d’un documentaire passionnant, Rivers and Tide, en 2005. Penché dans le vent est sa suite. Il est réalisé par le même Thomas Riedelsheimer et c’est encore Fred Frith, musicien expérimental, qui a été mis à contribution pour enluminer discrètement les images. Du Brésil au Gabon, des États-Unis à l’Espagne, du bord de mer à la jungle, de vallons verts en terres arides, on chemine en compagnie de l’artiste britannique, mi-horticulteur, mi-druide. On le voit coller délicatement avec de l’eau des feuilles d’orme, se coucher sur le bitume, se relever, laisser son empreinte fugace, sculpter le bois ou la roche. Des gestes simples, parfois très physiques, réclamant effort et patience comme chez les agriculteurs que ce travailleur au grand air estime beaucoup. On constate aussi comment ont évolué ses créations, qui nécessitent dorénavant parfois une équipe autour de lui, une machinerie conséquente.

L’homme qui murmurait à l’oreille des arbres

Andy Goldsworthy explique vouloir « donner un sens au monde ». Il évoque aussi cette sensation forte de « clarté » l’envahissant dès qu’il touche au but. Une clarté paradoxalement mystérieuse, cabalistique, engendrant hiéroglyphes et rébus. Il y a une séquence fascinante, proche de la performance, où l’artiste est perché dans une haie serrée d’arbres courts, sans feuilles. Il crapahute dedans, plutôt il marche à quatre pattes, comme sur un filet. On entend le bois craquer, résister. C’est étrange. La silhouette noire semble alors faite de branches et se fondre avec celles-ci jusqu’à devenir elle-même un arbre.

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Penché dans le vent

Un film de Thomas Riedelsheimer en salles le 18 juillet 2018

Retrouvez dans l’Encyclo : Land art

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