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En vidéo : Comment Jackson Pollock est-il arrivé à l’action painting ?

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Cela faisait plus de 15 ans que la France n’avait pas accueilli d’exposition consacrée à l’artiste américain Jackson Pollock (1912–1956)… Un manque réparé par le musée national Picasso-Paris, qui dédie, jusqu’au 19 janvier 2025, un accrochage à ses premières œuvres. Celles-ci ont été signées de 1934 à 1947, soit jusqu’au début de ses explorations célèbres de la technique du dripping.

Une période « extrêmement méconnue » de son travail, appuie Joanne Snrech, commissaire de l’exposition. « Une grande partie des œuvres que l’on présente sont complètement inédites pour le public français », et ce malgré leur importance dans le « cheminement » de l’artiste vers l’action painting – emblématique dans l’histoire de l’art américain du XXe siècle.

Des débuts marqués par différentes influences

« Quand je peins, disait-il, je n’ai pas vraiment conscience de ce qui se passe, ce n’est qu’ensuite que je vois ce que j’ai fait. » Né dans une famille d’agriculteurs du Wyoming, Jackson Pollock est le benjamin de cinq frères. C’est son aîné Charles qui l’introduit à l’art, nous explique Joanne Snrech : « il le conseille sur quoi lire, quoi regarder, c’est une figure de passeur fondamentale. » C’est lui qui le fait venir à New York, où Jackson s’inscrit dans la même école que lui, l’Art Students League.

Il y suit les cours de Thomas Hart Benton, qui incite ses étudiants « à prendre comme sujet le territoire américain ». À cette première période régionaliste succède celle du muralisme mexicain, qui marque profondément le jeune homme ; séduit, il assiste à la réalisation de grandes fresques, et travaille auprès de David Alfaro Siqueiros.

Cette « expérimentation radicale de la peinture » se retrouvera « des années plus tard dans son travail », souligne la commissaire. Au MoMA, deux expositions le marquent et l’influencent durablement : en 1939, la grande rétrospective de Pablo Picasso, puis, en 1941, une vaste exploration de l’art natif américain. Dans les mêmes années, il rencontre l’avant-garde européenne, réfugiée à New York, et se nourrit de ses expérimentations.

« Je me sens plus proche du tableau, j’en fais davantage partie »

Jackson Pollock s’intéresse aussi beaucoup à la psychanalyse, lui qui a « toute sa vie souffert de dépression et d’alcoolisme ». Lors d’une exposition, il rencontre et tombe amoureux de la peintre Lee Krasner (1908–1984) ; « mieux introduite que lui sur la scène new-yorkaise », poursuit la commissaire, elle l’aide à se faire connaître. Mais l’incite aussi à quitter la ville, pour tâcher de s’éloigner de ses démons. Ils s’installent tous deux dans une ferme et gagnent en espace, ce qui permet à Pollock de travailler de plus grands formats, au sol notamment.

Il s’enthousiasme alors : « Je me sens plus proche du tableau, j’en fais davantage partie, car je peux marcher tout autour et être littéralement dans le tableau. » En 1947, son destin bascule avec les débuts de l’action painting – « une peinture pleine d’énergie », précise la commissaire, qui sollicite totalement le corps du peintre. Le succès est rapide, mais l’artiste se tue au volant de sa voiture en 1956, « fauché en pleine ascension artistique ». Jackson Pollock entre dans la légende… Il reste aujourd’hui encore une figure iconique, dont les toiles atteignent des records de vente.

Texte : Maïlys Celeux-Lanval

Jackson Pollock – Premières années

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