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Merveille du cinéma expérimental et œuvre pionnière des avant-gardes, Ballet mécanique, réalisé en 1924, est un chef-d’œuvre d’abstraction formelle. Son histoire est d’abord celle d’une rencontre entre diverses personnalités : deux Français – le peintre Fernand Léger et le producteur André Charlot –, et quatre Américains – le jeune réalisateur de cinéma Dudley Murphy, le photographe Man Ray (qui quittera le projet après avoir tourné quelques images), le compositeur George Antheil (qui écrivit sa partition sans voir le film) et le poète Ezra Pound (qui mit tout ce beau monde en relation et trouva des financements).
Formellement, Ballet mécanique révèle la fascination de l’époque pour l’esthétique machinique, telle que l’ont illustrée en peinture Picabia ou Léger lui-même, stupéfié dès 1916 par les possibilités plastiques offertes par le cinéma, art suprême de la modernité. Au moyen notamment de prismes kaléidoscopiques, qui rappellent le futurisme d’un Boccioni, des images filmées ou peintes de figures, d’objets usuels et de machines se chevauchent dans une course haletante. Alors que le film a été présenté pendant des décennies sans bande-son, ce n’est qu’en 2000 qu’on a pu le visionner avec la musique au piano staccato de George Antheil. Ponctuée de sons de sirènes, de cloches et d’hélice d’avion, elle donne tout son caractère vibrionnant à l’ensemble.
Le Paris de la modernité (1905-1925)
Du 14 novembre 2023 au 14 avril 2024
Petit Palais • Avenue Winston Churchill • 75008 Paris
www.petitpalais.paris.fr
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