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Thomas Gainsborough en 2 minutes

En bref

Peintre phare de l’école anglaise du XVIIIe siècle, Thomas Gainsborough (1727 – 1788) est le portraitiste de la gentry, et plus encore de la famille royale. Pourtant, le paysage est sa véritable passion. Aîné de William Turner et de John Constable, admirateur et rival de Joshua Reynolds, il a été l’un des premiers peintres britanniques à représenter la nature avec un accent de vérité, au point que cette expression forme un tropisme, une singularité par rapport aux écoles françaises et italiennes, plus idéalistes.

Thomas Gainsborough, Autoportrait
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Thomas Gainsborough, Autoportrait, vers 1758–1759

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Huile sur toile • 76,2 × 63,5 cm • Coll. National Gallery, Londres

Il a dit

« C’est le Suffolk qui a fait de moi un artiste. »

Sa vie

Né dans le paisible comté de Suffolk, au sein d’une famille nombreuse, le jeune Thomas Gainsborough montre des talents précoces pour le dessin. Son père, drapier, l’encourage, même si les finances familiales ne sont pas florissantes. C’est la nature qui lui offre ses premiers sujets, et le peintre se montrera toujours sensible à l’art du paysage.

En 1740, à l’âge de 13 ans, Gainsborough arrive à Londres et loge chez un orfèvre. Il entre rapidement comme apprenti dans l’atelier d’un peintre graveur français, Hubert Gravelot. Il se rapproche ensuite de William Hogarth, connu pour ses scènes de genre dans le style d’Antoine Watteau.

Bien marié et père de famille, l’artiste peint des paysages. Sensible et sincère, il cherche à rendre la nature avec réalisme. Mais le paysage n’est pas un genre suffisamment lucratif pour faire de lui un homme riche et reconnu. Pour cela, il doit se tourner vers l’art du portrait, apprécié des bourgeois et de l’aristocratie anglaise.

Gainsborough a cherché à allier le genre du portrait avec celui du paysage. Portant attention à retranscrire la physionomie et le tempérament de ses modèles, l’artiste rejette l’idéalisation excessive, les effets de flatterie, mais atténue le réalisme par la douceur de sa touche et des jeux de lumière. Il aime notamment peindre à la lueur d’une chandelle.

Pour trouver une clientèle d’aristocrates, Gainsborough se rend à Bath, capitale du Somerset et ville balnéaire de premier ordre. Parti pour un simple séjour, il y demeure finalement quatorze ans. Chez ses collectionneurs, il étudie des œuvres de maîtres flamands, en particulier Antoine Van Dyck. Comme lui, il recherche dans ses portraits une réserve romantique, le coloris subtil et la préciosité dans le rendu des étoffes. Bon vivant, impulsif, Gainsborough est décrit comme un homme à la fois grand buveur et appréciant les femmes.

Dans les années 1760, l’artiste participe à la fondation de la Royal Academy, tout comme le peintre Joshua Reynolds qui devient son grand rival. Après avoir vécu un temps en province, Gainsborough revient habiter à Londres en 1774. Sa vie est prospère, d’autant plus qu’il devient l’un des peintres favoris de la cour. Dans les années 1780, Gainsborough ressent les premiers signes de la maladie, un cancer, qui aura raison de lui en 1788.

Ses œuvres clés

Thomas Gainsborough, M. et Mme Robert Andrews
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Thomas Gainsborough, M. et Mme Robert Andrews, 1748–1750

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Huile sur toile • 70 × 119 cm • Coll. National Gallery, Londres • © akg-images

M. et Mme Robert Andrews, 1748–1750

Représenté dans le jardin de leur propriété, ce couple de jeunes mariés est originaire du Suffolk, comme Gainsborough. La composition présente un format assez inhabituel, allongé, ce qui permet au peintre de donner une grande place à l’expression de la nature. Du reste, il semble traiter les personnages comme des éléments du paysage (la couleur bleu ciel de la robe, notamment, le montre). Andrews est un propriétaire terrien. Sa pose nonchalante, son équipement de chasse : tout signale en lui l’aisance. Gainsborough a peint ce double portrait à l’âge de 21 ans, alors qu’il était encore inconnu.

Thomas Gainsborough, Portrait de Madame Mary Graham
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Thomas Gainsborough, Portrait de Madame Mary Graham, vers 1775

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Huile sur toile • 237 × 154 cm • Coll. National Galleries Scotland, Edinburgh • © The Print Collector/Heritage Images/ Coll. Christophel

Portrait de Madame Mary Graham, vers 1775

Auteur de près de 800 portraits de l’aristocratie anglaise, Gainsborough représente ici une jeune lady, la future épouse de Lord Lynedoch. Tout à fait dans la tradition de Van Dyck, cette œuvre est considérée comme l’un de ses chefs-d’œuvre. Le modèle est saisi avec naturel et élégance, et les accessoires témoignent de la mode du XVIIIe siècle. À la mort prématurée de la jeune femme, le tableau est donné à la sœur de la défunte puis offert à la National Gallery d’Edimbourg, avec la réserve de ne jamais sortir d’Écosse.

Thomas Gainsborough, L’Enfant bleu
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Thomas Gainsborough, L’Enfant bleu, 1779

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Huile sur toile • 177,8 × 112,1 cm • Coll. Bibliothèque Huntington, San Marino

L’Enfant bleu, 1779

Cet élégant portrait en pied de jeune homme traduit l’influence de Van Dyck sur le peintre anglais, en particulier celle du Portrait du duc de Buckingham et de son frère Francis (vers 1635). Il s’agit peut-être du fils d’un riche marchand d’étoffes, posant avec une assurance qui traduit son statut social. Le costume est traité avec une attention particulière. Cette œuvre, qui a connu un réel succès, a été reproduite et diffusée par l’estampe. Elle a permis à Gainsborough de se démarquer de son rival Joshua Reynolds.

Par • le 17 février 2020
Retrouvez dans l’Encyclo : Rococo Thomas Gainsborough

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