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À Saint-Étienne, le MAMC+ rouvre avec quatre expositions après 19 mois de travaux

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Publié le , mis à jour le
Si ses changements sont discrets, le musée d’Art moderne et contemporain de Saint-Étienne vient bel et bien de faire peau neuve. Après un grand week-end d’ouverture festif et gratuit, ses quatre expositions dévoilent un peu de l’ampleur de ses collections et de ses ambitions. Visite.
Vue extérieure du MAMC+ Saint-Etienne
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Vue extérieure du MAMC+ Saint-Etienne

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Photo Charlotte Piérot / MAMC+ Saint-Etienne Métropole

Elle avait disparu. Dissimulée derrière une cimaise depuis le début des années 2000, la sculpture monumentale Espace zéro de Jean-Pierre Raynaud (né en 1939) a été commandée en 1987 pour l’inauguration du musée, déployant ses impeccables carreaux blancs face à son entrée. Puis elle a été recouverte, sans que l’on sache aujourd’hui pourquoi. Les travaux menés par le MAMC+ ont permis sa réapparition et sa renaissance, comme un clin d’œil à l’histoire du musée…

Désormais riche de 23 000 œuvres, celui-ci a hérité à ses débuts des collections beaux-arts du musée d’Art et d’Industrie (resté dans le centre-ville, où il expose toujours ses armes, rubans et bicyclettes), et couvre une vaste période allant du XVe siècle à nos jours. Avec 60 000 visiteurs par an et 3 000 m2 de parcours, il est l’un des musées les plus importants de la région Auvergne-Rhône-Alpes – l’un des plus dynamiques, aussi, programmant cinq à six expositions par an (sans parcours dédié à une collection permanente).

De nouveaux aménagements, quatre expos, un restaurant « pop-up »…

Depuis le 9 novembre, le MAMC+ se redécouvre donc, avec un nouveau sol, des installations climatiques adaptées, une isolation repensée… Des changements discrets mais essentiels au bon fonctionnement de l’institution, dont le plus visible est probablement au plafond, où les ouvertures sur le ciel ont été dégagées. Une autre évolution est à noter du côté du restaurant, désormais confié à des restaurateurs du coin pour de courtes durées façon « pop-up » (la carte changera donc souvent, et est entre les mains du Stéphanois Grabuge pour trois mois).

Exposition « Hors Format » au MAMC+  de Saint-Étienne en 2024. À gauche, « Assomption » (1844) de Louis Janmot
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Exposition « Hors Format » au MAMC+ de Saint-Étienne en 2024. À gauche, « Assomption » (1844) de Louis Janmot

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Photo Hubert Genouilhac Saint Etienne Métropole / © ADAGP, Paris, 2024

Pour ouvrir le bal de ce musée repensé, quatre expositions, dont deux se concentrent sur ses collections. La première s’est construite autour d’une contrainte : le difficile déménagement de 140 œuvres « hors format » de l’une des réserves du musée, vouée à être elle aussi rénovée. Qu’en faire ? Multiplier les coûts de transports et de stockage sur mesure ou en profiter pour les présenter au public, et montrer la variété des pièces du musée ?

Un spectaculaire Frank Stella

Celles-ci vont d’une imposante Assomption (1844) de Louis Janmot (1814–1892), venue de l’église de la Mulatière à Lyon, à un spectaculaire Frank Stella (1936–2024), Fladrine (1994), dont l’accrochage a nécessité « huit personnes et une matinée entière de travail », en passant par des œuvres de Julian Schnabel, Lee Bae, Hervé Télémaque… Une majorité d’hommes, concède la commissaire Zoé Marty : « Le prisme du format est extrêmement genré. » Mais il a inspiré quelques bonnes idées au passage à l’institution, comme celle de consacrer une salle du parcours à un laboratoire de restauration visible du public, et une autre à un espace de stockage, pour ouvrir une fenêtre sur le décor habituellement caché des réserves du musée.

Le chantier des collections du MAMC+ de Saint-Étienne
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Le chantier des collections du MAMC+ de Saint-Étienne, 2024

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Photo V. Equy / MAMC+

Cette première exposition a de nombreux desseins : aborder la longue histoire des collections, en explorer la variété, les acquisitions marquantes, et raconter aussi le fonctionnement d’un musée, le travail quotidien de ses acteurs. La suivante poursuit l’exploration avec un focus sur les dons récents. Le commissaire Alexandre Quoi rappelle ainsi que « 50 % des œuvres du musées viennent de libéralités ». Le parcours est ponctué de focus, dont une très belle salle consacrée à Lena Vandrey (1941–2018) – dont les ayants droit ont récemment ouvert les portes de sa maison-atelier à différents musées comme le MAMC+ et le Centre Pompidou –, et une autre au génial Bernard Joubert (né en 1946), auteur d’installations minimalistes à base de rubans peints apposés sur les murs et au sol.

Les photographies d’athlètes quasi abstraites de David Meskhi

Deux expositions monographiques illustrant des formes d’art contemporain opposées complètent le programme, « à l’image, explique la directrice du musée Aurélie Voltz, de l’offre diversifiée du musée ». Les nostalgiques de l’ambiance sportive des Jeux olympiques auront ainsi plaisir à découvrir les superbes et quasi abstraites photographies d’athlètes en mouvement par David Meskhi (né en 1979). Un travail élégant, lisible, qui contraste avec celui d’Anne Bourse (née en 1982), plus radical. Cette dernière compose ici différentes installations-environnements, réalisées à partir de textiles sur lesquels elle dessine. Un travail évanescent et intime qui révèle une séduction plus discrète, plus exigeante aussi.

À gauche, « New light 02 » de David Meskhi de 2023, pour l’exposition « Our Son, My Moon ». À droite, « Nuit » d’Anne Bourse, 2024
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À gauche, « New light 02 » de David Meskhi de 2023, pour l’exposition « Our Son, My Moon ». À droite, « Nuit » d’Anne Bourse, 2024

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© Adagp, Paris / Photo Aurélien Mole – MAMC+

Ce panorama inaugural s’avère donc vaste et divers, truffé de belles idées. Parmi celles-ci, la toute nouvelle revue gratuite Plus, éditée pour les enfants de 7 à 12 ans, raconte en images les mois de chantiers, analyse à hauteur de bambin une sélection d’œuvres, fait le portrait d’une encadreuse d’art… Voilà qui dit beaucoup des volontés du musée, entre générosité, ouverture au grand public, et réflexion pointue sur l’art d’hier et d’aujourd’hui.

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MAMC - Musée d'art moderne et contemporain de Saint-Étienne

Ouvert tous les jours de 10h à 18h, fermé les mardis.

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Hors Format. Collections en chantier

Du 9 novembre 2024 au 11 août 2025

mamc.saint-etienne.fr

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Brand new !

Du 9 novembre 2024 au 9 mars 2025

mamc.saint-etienne.fr

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David Meskhi. Our Son, My Moon

Du 9 novembre 2024 au 16 mars 2025

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Anne Bourse. Nuits

Du 9 novembre 2024 au 16 mars 2025

mamc.saint-etienne.fr

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