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Jacques Monory, Ciel no 16. Le centre de notre galaxie, 1979
Coll. MAC VAL – Musée d’art contemporain du Val-de- Marne, Ivry-sur-Seine • © Photo Jacques Faujou
Il y a vingt ans, c’était une petite révolution dans le paysage muséal de l’Île-de-France : le département du Val-de-Marne inaugurait le premier musée d’art contemporain en banlieue parisienne, le MAC VAL. Au tout début, peu y croyaient, peu s’y rendaient, Vitry-sur-Seine restait bien loin des parcours habituels des amateurs d’art.
Mais Alexia Fabre, qui l’aida à naître et le dirigea jusqu’en 2022, mena avec son équipe un travail si fin de défrichage de la scène française, faisant preuve d’un acharnement si délicat à diversifier les programmes et les publics, que l’institution s’est vite imposée dans l’écosystème artistique du Grand Paris en genèse.
Voilà condensé l’ADN du MAC VAL : un solide ancrage dans l’ère moderne et une curiosité défricheuse pour les jeunes générations.
Le musée célèbre aujourd’hui son entrée dans une troisième décennie sous la houlette de Nicolas Surlapierre, arrivé à sa tête en 2022. Conscient de la profonde singularité de la collection dont il hérite, il s’est attaché avec son équipe de conservation à l’embrasser de son regard d’historien. Intitulé « Le genre idéal », ce riche parcours anniversaire est donc structuré en catégories héritées de l’ère classique : paysage, nature morte, scène de genre, portrait…
Soupir d’ennui à l’énoncé de ce sage chapitrage ? Eh bien non, tant cette grille de lecture est détournée avec espièglerie, dans ce que Nicolas Surlapierre qualifie de « parodie patrimoniale ». Les repères sont posés, la malice fait le reste, avec l’intelligence de l’accrochage. Une stupéfiante aurore boréale cueille le visiteur, faisant baigner dans ses roses orangés la section « Les horizons » dévolue au paysage. Surprise, elle est signée Jacques Monory, qui échappe ici à son bleu signature. À ses pieds pousse un philodendron de métal élevé par Laurent Pernot, à ses côtés des fougères numériques peintes par Amélie Bertrand.
Ces coups de tonnerre que vous entendez au loin ? Ange Leccia les a saisis et enfermés dans une boîte noire qui plonge le visiteur dans un orage perpétuel. Dauphin peluche, porte-plante et masque de Blanche-Neige au sol, l’installation de Pierre Ardouvin ouvre la section « Les biens » consacrée au genre de la nature morte tel que le réinventent les artistes. Autre preuve, ce frigo sur des skis, prêt à glisser, posé en pente par Présence Panchounette, les trublions bordelais. Dès les premiers pas, voilà condensé l’ADN du MAC VAL : un solide ancrage dans l’ère moderne et une curiosité défricheuse pour les jeunes générations. Ce mur où dialoguent l’Aigle de Germaine Richier et une fantasmagorie de la toute jeune Neïla Czermak Ichti le résume à merveille.
Une certaine nostalgie ne manque pas d’envahir tous ceux qui ont traversé l’art ces deux décennies, tant le parcours réveille de souvenirs signés Alain Bublex, Malachi Farrell ou Kader Attia. Autant d’artistes que le MAC VAL a su soutenir dès leurs premiers affleurements, comme Laure Prouvost ou Thu-Van Tran, Julien Berthier ou Boris Achour, qui tous répondent ici présents. Mais qu’on se rassure, il continuera de tenir son rôle de visionnaire : à la mi-juin, il accueillera 20 artistes exposant pour la première fois.
Le genre idéal
Du 21 mars 2025 au 21 septembre 2025
MAC VAL • Place de la Libération • 94400 Vitry-sur-Seine
www.macval.fr
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