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PHOTOGRAPHIE

Les mille et un talents de Man Ray irradient au Palais Lumière d’Évian

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Publié le , mis à jour le
Photographe mythique, acteur incontournable de l’aventure dada et surréaliste, Man Ray n’a pourtant eu de cesse d’explorer tous les champs de la création, du dessin à l’assemblage en passant par la poésie. Le Palais Lumière d’Évian revient sur la trajectoire de cet artiste total, à travers une ambitieuse exposition qui rassemble plus de 450 œuvres. Un hommage XXL réussi.
Man Ray, Kiki de Montparnasse (détail)
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Man Ray, Kiki de Montparnasse (détail), 1926

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Photographie (variante de Noire et Blanche) • Coll. privée • © Man Ray 2015 Trust / Adagp, Paris [2023] / Telimage, Paris.

Paris, 1938 : à la galerie des Beaux-Arts de la rue du Faubourg-Saint-Honoré, le groupe des surréalistes orchestre sa première exposition internationale. Chaque participant se voit alors attribuer une fonction : Marcel Duchamp est nommé « générateur-arbitre » ; Salvador Dalí, « conseiller spécial » ; Man Ray, « maître des lumières ».

C’est ce surnom que le Palais des Lumière d’Évian a retenu pour le titre de sa grande exposition qu’elle consacre cet été au photographe d’origine américaine. Très dense, le parcours réunit quelque 450 objets parmi lesquels des photographies bien sûr, mais aussi des assemblages, des dessins, des poèmes… qui brossent le portrait d’un artiste insaisissable – et qui fut sans nul doute l’un des plus prolifiques du XXe siècle.

Man Ray, Autoportrait (demi-rasé)
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Man Ray, Autoportrait (demi-rasé), 1943

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Photographie en noir et blanc • Coll. privée • © Man Ray 2015 Trust / Adagp, Paris [2023] / Telimage, Paris.

Né à Philadelphie en 1890, de parents juifs originaires de Russie, Emmanuel Radnitsky a très tôt opté pour le diminutif « Man », son surnom d’enfance, auquel il accole « Ray », en référence au rayon de lumière. Après avoir fréquenté un temps les milieux intellectuels et artistiques new-yorkais par l’entremise de sa première épouse d’origine belge, il rejoint Marcel Duchamp à Paris, bien déterminé à embrasser les aventures dada et surréaliste. Très vite, il trouve sa place aux côtés de Picabia, Breton, Éluard… Lui qui se destinait à la peinture s’impose finalement comme le photographe de la bande. Le Tout-Paris des avant-gardes défile face à son objectif, que Man Ray met aussi au service de la mode et de la publicité.

Une époustouflante réunion de chefs-d’œuvre

Au cœur du parcours de l’exposition émerge la figure d’un artiste insaisissable, qui toute sa vie a nourri un goût autant pour le jeu (en témoignent ses innombrables autoportraits où il apparaît grimé en curé, en joueur d’échec ou en élégante) que pour l’expérimentation. Son nom est désormais indissociable de deux procédés qu’il (re)découvre par accident, la rayographie et la solarisation, et qu’il a largement exploités tout au long de sa carrière, dans son œuvre personnelle comme dans son travail de commande, pour la mode notamment.

Man Ray n’a eu de cesse d’explorer tous les champs de création, délaissant volontiers l’image fixe pour l’image animée.

Dans cette époustouflante réunion de chefs-d’œuvre, le « maître des lumières » apparaît bien sûr comme un éternel amoureux des femmes – ou du moins du corps féminin, central dans son travail. Celles qui l’ont inspiré trônent en majesté au début de l’exposition : Kiki de Montparnasse, inoubliable femme-musique dans le Violon d’Ingres ; Lee Miller, archétype de beauté au regard magnétique, elle-même photographe de talent ; Meret Oppenheim, autre esprit ô combien fertile du surréalisme ; Adrienne Fidelin, dite Ady, jeune Guadeloupéenne à la joie solaire et communicative ; Nusch, amour absolu de l’ami Éluard à la beauté diaphane ; et enfin Juliet Browner sa dernière compagne, qui posera pour plus de 500 clichés de l’artiste.

Vue de l’exposition “Man Ray. Maître des lumières” au Palais Lumière d’Évian-les-Bains
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Vue de l’exposition “Man Ray. Maître des lumières” au Palais Lumière d’Évian-les-Bains

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© Man Ray 2015 Trust / Adagp, Paris [2023] / La Nouvelle Image

Surtout, l’exposition montre combien, tout au long de sa carrière, Man Ray n’a eu de cesse d’explorer tous les champs de création, délaissant volontiers l’image fixe pour l’image animée (on revoit ainsi avec délice Mystères du château de dé, filmé en grande partie à la villa Noailles à Hyères), réalisant toutes sortes d’assemblages. Objets surréalistes, poèmes, collages, dessins… Le Palais Lumière rend hommage à un artiste total, au plus près de la définition de Duchamp : « Man Ray, n.m. syn. de Joie, Jouer, Jouir. »

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Man Ray. Maître des lumières

Du 10 juillet 2023 au 5 novembre 2023

www.evian-tourisme.com

Retrouvez dans l’Encyclo : Surréalisme Man Ray Dada

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